Boeing « continue de décevoir » : le patron de Ryanair cible la nouvelle direction du constructeur
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Le directeur général de Ryanair, Michael O'Leary.
GUGLIELMO MANGIAPANE
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Le directeur général de Ryanair, Michael O'Leary.
GUGLIELMO MANGIAPANE
Les visages changent, mais les difficultés persistent chez Boeing. C'est en substance ce qu'a regretté Michael O'Leary, ce mardi. Connu pour son franc-parler, le directeur général de Ryanair a déclaré que la nouvelle direction du constructeur américain « continue de décevoir » et que les livraisons d'avions du groupe américain, en difficulté, subissent encore des retards.
« Nous travaillons en étroite collaboration avec Stephanie Pope et la nouvelle équipe de Boeing, mais ils continuent à nous décevoir », a-t-il ajouté, ciblant la directrice de la division Boeing Commercial Aircraft (BCA). Celle-ci a été nommée en mars, à la place du vétéran Stan Deal. Travaillant chez Boeing depuis près de trente ans, Stephanie Pope a dirigé la division Boeing Global Services, avant de prendre brièvement la direction des opérations du groupe en décembre dernier.
Selon Ryanair, l'un des plus gros clients de Boeing, il y a un risque que la compagnie irlandaise ne reçoive que 20 à 25 avions 737 MAX d'ici l'été prochain, au lieu des 29 prévus. Ryanair a pour l'instant reçu cinq avions en juillet, au lieu des sept prévus, a précisé le directeur général du groupe, ajoutant qu'en août il ne prendrait probablement livraison que de cinq des dix avions prévus.
En juillet, Ryanair a indiqué que Boeing l'avait prévenu que certaines livraisons de 737 MAX attendues pour le printemps prochain seraient repoussées jusqu'à l'été 2025, un nouveau retard après celui de cette année qui l'a contraint à réduire ses volumes de trafic estival. Ce qu'elle avait déjà dû faire en 2023.
Ryanair, la première compagnie aérienne d'Europe en termes de nombre de passagers, a déjà passé 150 commandes fermes pour le MAX 10, le plus grand avion de la famille 737, et dispose d'options pour 150 autres appareils, dont les premières livraisons sont prévues pour 2027.
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En février déjà, Michael O'Leary, avait déjà fustigé la « débâcle » de Boeing. Le patron de Ryanair avait expliqué que l'incident du 5 janvier avait entraîné des retards de production qui se répercutent sur les livraisons aux compagnies, dont Ryanair.
Il avait alors indiqué qu'il allait demander des compensations financières : « Les contrats de Boeing et Airbus prennent en compte des retards excusables, mais si on perce des trous au mauvais endroit et que ça entraîne des retards, est-ce excusable ou pas ? Nous pensons très fermement que c'est inexcusable » et « je pense que nous obtiendrons une compensation modeste de Boeing ». « Il n'y a rien de fondamentalement problématique avec l'appareil (...) mais une approche médiocre des contrôles de qualité », avait-il insisté.
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Pour rappel, Boeing est embourbé dans une crise de réputation et de sécurité, notamment après l'arrachage en plein vol d'une porte-bouchon sur un avion MAX 9 exploité par Alaska Airlines le 5 janvier dernier. L'incident a conduit à la démission du directeur général Dave Calhoun et au départ du précédent président du conseil d'administration, alors que les régulateurs s'attaquaient à la culture de la sécurité du groupe, déjà ébranlée par de précédents crashs en 2018 et 2019. Le mois dernier, le constructeur aéronautique a nommé Kelly Ortberg, vétéran de l'industrie aérospatiale, au poste de directrice générale en remplacement de Dave Calhoun.
(Avec agences)
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