Boeing : suspectés d'être dangereux, les sièges de pilotes des 787 passés en revue
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La panne matérielle est privilégiée pour cet incident, qui n'est pas le premier pour l'avionneur.
Peter Cziborra
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La panne matérielle est privilégiée pour cet incident, qui n'est pas le premier pour l'avionneur.
Peter Cziborra
Nouvelle inspection pour le premier avionneur américain. Les sièges des pilotes de centaines de ses Boeing 787 vont devoir être inspectés, après un incident en mars sur un vol de la compagnie chilienne Latam au cours duquel l'avion avait soudainement perdu de l'altitude, blessant une cinquantaine de passagers, a annoncé lundi le régulateur américain de l'aviation civile (FAA).
Les passagers dont la ceinture de sécurité n'était pas bouclée avaient été propulsés au plafond après une soudaine perte d'altitude de l'avion. Le Boeing 787 Dreamliner, opéré par la compagnie chilienne Latam, reliait Sydney, en Australie, à Auckland, en Nouvelle-Zélande.
La FAA a donc demandé ces inspections après un rapport ayant fait état d'un « mouvement vers l'avant non maîtrisé du siège du capitaine qui a entraîné une descente rapide », selon un communiqué. Quelque 158 appareils enregistrés aux Etats-Unis sont concernés par cette directive de navigabilité, et 737 à travers le monde, indique la FAA. Sollicité, Boeing n'a pas réagi dans l'immédiat.
A noter : depuis l'incident, quatre autres occurrences de « mouvements horizontaux non maîtrisés » des sièges de pilotes ou copilotes ont été rapportées par Boeing à la FAA, précise cette dernière. Pour trois de ces cas, les leviers d'ajustement sur le siège étaient trop « lâches ». Un mouvement « non intentionnel et prolongé du siège » peut entraîner une manipulation « non intentionnelle et abrupte des commandes de vol, qui pourrait entraîner une descente rapide de l'avion et blesser gravement les passagers et le personnel de bord », explique la FAA pour justifier sa directive.
De son côté, en mars, juste après l'accident, Boeing avait rappelé par « précaution » aux compagnies aériennes exploitant des 787 Dreamliners d'inspecter certains boutons dans les cockpits, après un incident en vol survenu en Nouvelle-Zélande ayant fait de nombreux blessés.
« Nous avons pris une mesure de précaution en rappelant aux opérateurs de 787 un bulletin de service de 2017 qui incluait des instructions concernant l'inspection et l'entretien des boutons sur les sièges des cabines de pilotage », avait expliqué l'avionneur américain, recommandant aux opérateurs « de mener une inspection à la prochaine opportunité de maintenance ».
Et pour cause, quelques jours avant, le Wall Street Journal, se référant à des sources américaines du secteur aérien, avait écrit que l'incident a été provoqué par une maladresse du personnel de bord. « Un membre d'équipage de cabine a touché un bouton sur le siège du pilote en servant un repas, activant un dispositif motorisé qui a projeté le pilote contre les commandes et fait piquer le nez de l'avion », expliquait le WSJ. Le bouton en question, ajoute le quotidien, « est normalement recouvert (d'une protection) et n'est pas censé être utilisé lorsque le pilote se trouve sur le siège ».
Problème de siège ou de bouton, toujours est-il que la panne matérielle est privilégiée pour cet incident qui n'est pas le premier pour l'avionneur. Depuis le 6 août, l'Agence nationale de sécurité des transports (NTSB) américaine procède à des auditions dans l'enquête sur l'incident en vol d'un 737 MAX 9 de la compagnie Alaska Airlines.
Objectif affiché, « obtenir les informations (...) afin de déterminer les faits, les circonstances et la cause probable », puis « faire des recommandations pour améliorer la sécurité des transports ».
Pour rappel, le 5 janvier 2024, pendant la phase d'ascension d'un Boeing 737 MAX 9, opérant le vol 1282 d'Alaska Airlines entre Portland (Oregon) et Ontario (Californie), une porte-bouchon - opercule condamnant une issue de secours redondante - s'était détachée, laissant un trou béant dans le fuselage et faisant quelques blessés légers.
Un mois plus tard, la NTSB avait alors publié un rapport préliminaire accablant pour le géant aéronautique. L'absence d'usure ou de déformation à certains emplacements indiquait que « quatre boulons prévus pour empêcher que la porte-bouchon ne se déplace vers le haut étaient manquants avant qu'elle ne bouge », avait-elle pointé.
Les faits étaient accablants : l'agence avait en effet recueilli des écrits et des photos montrant que des employés de Boeing avaient retiré ces boulons lors d'une inspection à son usine d'assemblage de Renton (nord-ouest).
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L'incident du vol 1282 a fait loupe sur les failles de qualité chez Boeing, affectant trois de ses quatre familles d'avions commerciaux (737, 787 Dreamliner, 777). Il a entraîné une cascade d'audits et d'enquêtes (police, justice, Congrès américain), ainsi que la mise sous surveillance accrue par les régulateurs, le renouvellement de l'équipe dirigeante et la réouverture du dossier pénal lié aux crashes de 2018 et 2019 (346 morts).
L'avionneur a aussi publié début août des résultats pour le deuxième trimestre bien inférieurs aux prévisions des analystes, avec une perte nette de 1,44 milliard de dollars. Le chiffre d'affaires a atteint 16,86 milliards entre avril et juin, soit 15% de moins qu'un an plus tôt. Sa branche aviation commerciale (BCA) n'a livré que 92 appareils sur le trimestre, du fait du ralentissement de la production pour instaurer les mesures d'amélioration de la qualité et de la conformité.
Pour redresser la barre, l'avionneur américain a désigné un nouveau patron. Kelly Ortberg a ainsi pris les commandes de Boeing le 8 août, au lendemain des audiences de l'Agence américaine de sécurité des transports. Il va devoir jouer les équilibristes pour rétablir la qualité de la production de l'avionneur tout en redressant ses finances, avec en toile de fond des négociations salariales risquées.
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Après avoir débuté sa carrière en 1983 comme ingénieur chez Texas Instruments, il a rejoint Rockwell Collins, devenu Collins Aerospace et désormais filiale du groupe aéronautique RTX (ex-Raytheon). Il avait pris sa retraite en 2021 mais était resté administrateur de RTX jusqu'à sa démission fin juillet. Autre dossier à gérer : l'accord de plaider-coupable conclu le 24 juillet entre Boeing et le ministère de la Justice au sujet des crashes. Il attend la validation - ou non - du juge.
(Avec AFP)
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