A moins de deux mois de la fin de l'année, ATR est loin, très loin d'atteindre son objectif de prises de commandes en 2016. Entre un dollar fort et un prix du carburant trop faible, le constructeur de turbopropulseurs franco-italien, qui a un nouveau PDG (Christian Scherer), tire la langue pour engranger plus de 90 commandes en 2016, comme l'avait annoncé en juillet l'ancien PDG d'ATR, Patrick de Castelbajac, à La Tribune. En attendant la signature du contrat de 20 ATR 72-600 avec Iran Air, qui serait imminente, le leader mondial de l'aviation régionale n'affiche à ce jour qu'un total très modeste de 16 commandes fermes.
La compagnie aérienne de Papouasie-Nouvelle-Guinée, PNG Air, a acheté cinq ATR 72-600 pour un montant de 134 millions de dollars, a annoncé lundi ATR dans un communiqué. Il s'agit de la conversion en commandes fermes de cinq options prévues dans un contrat signé en 2014 (six ATR 72-600 ferme et 14 en option). Pour autant, ce contrat était déjà signé en début d'année, ATR a simplement annoncé lundi le nom du client. Enfin, la compagnie aérienne espagnole Binter, a commandé en octobre six appareils ATR 72-600 supplémentaires. Ce qui porte à 18 le nombre d'ATR 72-600 commandés par Binter.
Pas de panique pour autant chez ATR, qui prévoit la finalisation de plusieurs contrats en fin d'année, dont celui d'Iran Air. "La deuxième partie de l'année s'annonce bien meilleure : ATR a dans les tuyaux une bonne douzaine de campagnes commerciales actives qui vont nous permettre d'atteindre nos objectifs 2016", avait d'ailleurs expliqué juillet dernier Patrick de Castelbajac. Bref, rien ne semble perdu même si l'objectif apparaît de plus en plus ambitieux dans un environnement économique compliqué pour ATR avec un dollar fort, qui pénalise les clients du constructeur, et un prix du baril faible, qui réduit la compétitivité des turbopropulseurs face aux jets. Ainsi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier valait 45,65 dollars lundi soir.
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Pour autant, depuis six ans, avec 80 % des ventes de turbopropulseurs, les appareils d'ATR restent les avions régionaux les plus vendus dans le monde. Les ATR, et plus particulièrement le modèle ATR 72-600, se sont imposés dans la région Asie-Pacifique comme la référence en matière d'exploitation régionale. Depuis 2014, cette région possède la plus grande flotte au monde d'ATR en service, avec plus de 370 appareils (trois fois plus qu'il y a dix ans) exploités par plus de 60 compagnies.
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