Course contre la montre pour boucler l'opération Nexter/Krauss-Maffei

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Le successeur du Leopard de krauss-Maffei Wegmann sera vraisemblablement un char de combat franco-allemand
Le successeur du Leopard de krauss-Maffei Wegmann sera vraisemblablement un char de combat franco-allemand (Crédits : Krauss-Maffei Wegmann)
Prévu pour être bouclé initialement le 13 juillet, le rapprochement entre les deux entreprises d'armements terrestres, Nexter et Krauss-Maffei Wegmann, pourrait être légèrement décalé. Une fenêtre entre le 13 et le 20 juillet est évoquée.

C'est une véritable course contre la montre pour boucler l'opération de rapprochement entre Nexter et Krauss-Maffei Wegmann (KMW) le 13 juillet comme prévu initialement. Mais compte tenu de la masse de travail qui reste encore à effectuer, l'annonce de l'opération pourrait être très légèrement différée au-delà du 13, voire du 14 juillet. A Paris, on évoque maintenant prudemment une fenêtre entre le 13 et le 20 juillet, selon plusieurs sources concordantes. Ce weekend sera donc très, très studieux chez tous les négociateurs en vue de tenir l'objectif du 13 juillet. Mais sans aucune garantie.

Rien de grave pour autant. Tous les principes de l'opération ont été actés depuis plusieurs semaines par les actionnaires français (Etat) et familiaux allemands et le restent encore à ce jour, selon des sources concordantes. Mais beaucoup de détails restent encore à finaliser. Car la masse de documents à vérifier avec les avocats en français, en allemand et en néerlandais - la future société sera de droit néerlandais -, y compris les annexes, est telle que personne ne peut s'engager encore sur une date définitive.

Pas de soulte

L'opération de rapprochement -  baptisée Kant pour "Krauss-Maffei Wegmann And Nexter Together", est très proche de son épilogue... Les négociations se sont accélérés fin avril, début mai durant lesquelles le dossier a bien avancé. Notamment l'équilibre exigé entre Paris et les actionnaires familiaux de KMW  - le 50-50, qui est une condition suspensive à l'accord - est respecté grâce l'ingéniosité des banquiers d'affaires. Ainsi, ni KMW, ni Nexter ne verseront de soulte.

L'État français avait été tenté en début d'année de demander aux 27 actionnaires familiaux de KMW (100%) de verser une soulte de 500 millions afin de respecter le principe intangible de co-contrôle entre l'Etat français et de la famille Bode de la future holding, qui chapeautera Nexter Systems et KMW. Mais ce n'est plus cas, a-t-on confirmé une nouvelle fois à La Tribune.

La CGT opposée à l'opération

Les élus CGT au Comité Central d'Entreprise ont voté contre le projet KANT, a annoncé le syndicat CGT de Nexter. Ce rapprochement entre Nexter et KMW est "un pas de plus vers l'inconnu, après le changement de statut de 1989" et "poursuit le désengagement de l'Etat français dans son outil de défense", a-t-il estimé. En outre, il considère que "les gammes de produits ont déjà été maintes fois comparées et même si la direction s'en défend, il n'en reste pas moins vrai qu'il y a plus de concurrence que de complémentarité dans les gammes présentées au sein de chaque entité".

Pour sa part, la CFDT s'est abstenue. Pourquoi? "Si la CFDT ne conteste pas le fondement d'un rapprochement entre industriels du secteur terrestre et qu'il puisse présenter une base de construction d'un socle européen bénéfique à ceux qui le constitueront, les élus CFDT mesurent mal, avec les informations dont ils disposent, de par la nature de confidentialité exigée par l'opération, les conséquences en termes de pérennité des sites et des emplois de Nexter".

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Commentaires
a écrit le 16/07/2015 à 15:39 :
cela me rappelle l'électrification de la ligne Maginot, partiellement confiée à Siemens...
a écrit le 12/07/2015 à 10:38 :
On comprend mal le rapprochement , si on considère les politiques très divergentes en matière d'exportation d'armes des 2 pays.
Cela ne peut générer des problèmes insurmontables pour la nouvelle entreprise qui sera même sans ce problème sous la pression financière de résultats.
a écrit le 10/07/2015 à 8:34 :
Et comment ça se passera le jour où la France voudra vendre des blindés à l'extérieur, comme pour les véhicules récents qui ont été bloqués par les allemands parce qu'il y avait des pièces fabriquées chez eux (châssis), ou seront-ils plus "pragmatiques". Pour une fois, je suis assez d'accord avec les CGT sur ce sujet, ce qui est rare.

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