Le constat sur les capacités de la Marine nationale est accablant : pas assez de frégates de premier rang, pas assez de sous-marins nucléaires d'attaque, pas assez de patrouilleurs, un seul porte-avions... La liste est loin d'être exhaustive. Dans un monde qui se durcit de plus en plus, notamment sur toutes les mers du globe, la Marine n'a aujourd'hui plus les moyens de faire face à tous ces nouveaux enjeux. Et à terme elle ne pourra plus remplir ses contrats opérationnels qui lui seront demandée, avec le format actuel. Comment la Marine nationale, en dépit de son savoir-faire et de ses équipements de haut niveau mais trop échantillonnaires à l'image des deux autres armées (Air et Terre), peut-elle rester dans le cercle des marines qui comptent ?
L'une des solutions pour compenser le manque de plateformes habitées est de lancer une stratégie de dronisation de la Marine nationale pour créer de nouvelles capacités et offrir de nouvelles marges de manoeuvre, comme le préconise une étude très récente de l'Institut français des relations internationales (IFRI). Ainsi, la surveillance des immenses espaces maritimes français relève aujourd'hui de plusieurs outils possibles : les satellites, les drones, les moyens aériens et maritimes. « Les contraintes pesant sur la Marine nationale font du drone une solution pertinente », estime d'ailleurs l'auteur de l'étude de l'IFRI, Léo Péria-Peigné. Contraintes essentiellement budgétaires même si le budget des armées a augmenté depuis 2018. Mais les trois armées sont parties de loin, de très loin pour se remettre à niveau. Et la loi de programmation militaire de réparation n'a pas encore gommé toutes les lacunes capacitaires. C'est le cas pour la Marine nationale :
« On constate de très fortes réductions temporaires de capacités ; tous les segments de la marine sont concernés, a expliqué fin juillet le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Pierre Vandier, à l'Assemblée nationale. On va descendre à quatre SNA pour les deux prochaines années, compte tenu du rythme de réparation des cinq sous-marins que nous détenons et des livraisons des suivants. S'agissant des patrouilleurs, la cible va descendre à 50 % de ce qui est prévu pour 2030. Pour les patrouilleurs outre-mer, on remontera à 100 % en 2025. Par ailleurs, nous n'aurons que deux bâtiments ravitailleurs de force (BRF) d'ici à 2029, au lieu de quatre ».