Ni soutien financier, ni commandes immédiates pour l'industrie civile qui souhaiterait s'engager dès maintenant auprès de l'industrie de défense en cas de conflit de haute intensité, selon une note envoyée par le ministère de l’Économie aux préfets.L'économie de guerre a donc fait long feu aussi dans l'industrie civile... La note envoyée par Bercy en début de semaine aux préfets lassés de ne pas savoir quoi répondre aux industriels prêts à s'engager auprès de l'industrie de l'armement pour subvenir à une guerre à haute intensité, va très certainement doucher l'enthousiasme patriotique des patrons dans le civil. Le ministère de l'Économie et la Direction générale des entreprises ont été très clairs : « il est important de préciser aux entreprises que cette préparation (à la guerre à haute intensité, ndlr) n'implique aucune garantie de commandes immédiates ou à venir », ont-ils écrit dans cette note que La Tribune s'est procurée. Ces éléments de langage couchés dans cette note de deux pages intitulée « Mobilisation de l'industrie civile pour l'industrie de défense », ont semble-t-il fait l'objet d'un calage entre la DGE et la Direction générale de l'armement (DGA).
Bercy et la DGE ont été également très clairs pour les industriels civils qui frappent à la porte des maitres d'œuvres de la base industrielle et technologique de défense (BITD) pour leur proposer des solutions en vue de massifier leur production. Là aussi, il n'y pas d'argent, pourtant le nerf de la guerre, « Il n'y a pas à date de soutien financier à cette démarche. Il s'agira à ce stade de discussions bilatérales » avec les grands donneurs d'ordres de la défense, expliquent-ils. A leurs frais, les industriels pourront engager des études d'ingénierie sur la capacité à produire les composants ou les matériels souhaités. Ils pourront ainsi « définir la reconfiguration de la chaine de production pour être mesure de l'opérer rapidement en cas de conflit ». Quand l'État revient benoitement aux fondamentaux de l'économie de défense.
Un réarmement maîtrisé !
La note identifie deux enjeux distincts pour la mobilisation de l'industrie civile : le réarmement, c'est-à-dire « la montée en cadence maîtrisée de la production d'armement » et la guerre à haute intensité, « la préparation des industries civiles à l'éventualité d'une mobilisation ponctuelle mais intense en cas de conflit ». Pour le réarmement maîtrisé, les industriels de la défense sont capables de faire face à ce besoin. Pour autant, des opportunités ponctuelles peuvent se révéler pour les entreprises civiles. Si elles sont jugées suffisamment solides, l'État pourra appuyer « l'intérêt de travailler avec certaines entreprises uniquement pour un nombre limité de cas prioritaires ».