Hausse du budget des armées : un rapport sénatorial très anxiogène
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LTD/MIGUEL MEDINA / AFP
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Dans son rapport sur l'exécution de la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 publié ce mercredi, le constat du sénateur d'Ille-et-Vilaine Dominique de Legge est terriblement anxiogène concernant les faibles marges de manoeuvre dont disposerait le ministère des Armées pour augmenter son budget, et au-delà relever les défis du monde actuel à feu à et sang. En cause, le « terrain miné des déficits publics », explique-t-il. Ce qui se traduit actuellement par une humeur de chien des industriels et des armées. Ce constat n'est pas non plus nouveau mais il est étayé par des chiffres qui peuvent glacer les industriels et les militaires les plus endurcis.
Aujourd'hui, clairement, le ministère des Armées vit en partie à crédit pour accompagner la hausse de ses moyens. « Alors que le ministère des Armées manifeste une volonté forte de sanctuariser autant que possible l'intégralité des acquisitions capacitaires prévues en LPM, le besoin de financement subsistant s'est traduit essentiellement par une hausse du report de charges », précise Dominique de Legge. En clair, le ministère achète davantage qu'il ne peut aujourd'hui payer, note-t-il. Ces dépenses auraient dû être réglées en 2024 mais les paiements en souffrance ont semble-t-il été reportés en 2025. Il constate d'ailleurs une hausse du report de charges « anormale ». Alors que le stock de report de charges de 2022 vers 2023 s'est établi à 3,88 milliards d'euros, il pourrait s'élever à environ 8,02 milliards d'euros de 2024 vers 2025. Résultat, le stock a plus que doublé en deux ans.
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En outre, le reliquat du besoin de financement à l'échelle de la mission Défense s'est élevé à plus de 1,1 milliard d'euros à fin 2024. Il a été essentiellement supporté par le programme 146 (Équipement des forces) en contradiction sur la volonté de sanctuariser les crédits capacitaires. Si la loi de finances initiale de 2024 avait prévu 56,8 milliards de crédits, les besoins du ministère, dont les surcoûts des opérations extérieures, se sont finalement élevés à 59,6 milliards. Soit un différentiel de 2,8 milliards, comblé en partie par l'ouverture de crédits supplémentaires et... de reports : soit 1,67 milliard d'euros.