Comme annoncé vendredi matin par La Tribune, le directeur de l'Agence de l'innovation défense (AID) Emmanuel Chiva va remplacer Joël Barre à la tête de la Direction générale de l'armement (DGA), qui va faire valoir ses droits à la retraite à partir du 31 juillet. Une nomination qui va provoquer un séisme au sein du corps très puissant des ingénieurs de l'armement, Emmanuel Chiva "n'étant que" normalien et docteur en biomathématiques. Cette nomination surprise est en même temps dans la droite ligne des choix d'Emmanuel Macron, qui aime tant prendre à rebrousse-poil les grands corps de l'État français.
La trajectoire de ce capitaine de vaisseau de réserve est incroyable : il y a encore quatre ans, Emmanuel Chiva n'était que le PDG d'Agueris, une PME française filiale du groupe belge John Cockerill. Depuis quatre ans, il était le premier patron de l'AID, créée par Florence Parly il y a près de quatre ans. Il est membre du comité exécutif de la direction générale de l'armement du ministère des Armées. Entrepreneur, il a fondé et dirigé treize PME dans le domaine de l'intelligence artificielle et de la simulation militaire.
L'actuel directeur de l'AID va former un tandem avec Thierry Carlier, directeur du développement international (DDI) de la DGA. Emmanuel Chiva sera donc secondé dans cette mission par l'ingénieur général de l'armement Thierry Carlier, nommé directeur général adjoint de la DGA. Candidat à la succession de Joël Barre, le patron de la DDI, qui a dirigé plusieurs programmes d'armement dans le domaine des missiles et de la dissuasion, est crédité de nombreux succès à l'export ces cinq dernières années. A commencer par le Rafale aux Émirats Arabes Unis, en Indonésie, en Grèce et en Croatie. Thierry Carlier a également exercé les fonctions de directeur adjoint des affaires internationales, stratégiques et technologiques au sein du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).