Les générateurs d'oxygène de plus de 2.600 avions de la famille des 737 de Boeing opérant aux Etats-Unis doivent être « immédiatement » inspectés pour assurer qu'ils soient en bonne position, a indiqué, lundi, le régulateur américain de l'aviation (FAA), dans une directive de navigabilité.
Boeing est décidément dans l'œil du cyclone. Dans une directive de navigabilité (AD), le régulateur américain de l'aviation (FAA) a indiqué, lundi, que les générateurs d'oxygène de plus de 2.600 avions de la famille des 737 de Boeing opérant aux Etats-Unis doivent être « immédiatement » inspectés, sans pour autant être cloués au sol, afin d'assurer qu'ils soient en bonne position.
Selon la FAA, cette inspection doit être réalisée « d'ici 120 à 150 jours » sur « certains Boeing 737-8, 9, -8200, -700, -800, et -900ER » c'est-à-dire d'anciennes et de nouvelles générations. La directive concerne le dispositif de masques à oxygène mis à disposition des passagers en cas de dépressurisation de la cabine pendant le vol. Un 737 dispose en moyenne de 61 générateurs d'oxygène, chacun étant équipé de deux sangles. Elle découle, selon le régulateur, de plusieurs signalements selon lesquels des blocs de services aux passagers (PSU) - équipements situés au-dessus des sièges avec éclairages, ventilation, et d'où tombent les masques à oxygène en cas d'urgence -, se sont déplacés à cause d'une « défaillance de l'accroche ».
Boeing a fourni dès juin des instructions aux compagnies aériennes
D'après le document diffusé par la FAA, Boeing a examiné cet équipement et identifié que le problème venait d'un point d'attache des sangles des générateurs. Tous les avions de la famille des 737 n'ont pas été équipés de cette façon mais, par précaution, ils doivent tous être inspectés.
L'avionneur a expliqué, de son côté, avoir fourni en juin aux compagnies aériennes des instructions pour vérifier ces sangles. « Un nouvel adhésif utilisé sur les sangles en août 2019 s'est révélé, dans certaines circonstances, avoir permis aux blocs de bouger jusqu'à 1,90 cm » a précisé Boeing. « Nous avons repris l'adhésif d'origine pour toutes les nouvelles livraisons pour assurer que les générateurs restent fermement en place, comme prévu. »
Si ce problème n'est pas résolu, a relevé la FAA, les générateurs d'oxygène des PSU peuvent se « déplacer et devenir non fonctionnels, ce qui les rendrait dans l'incapacité de fournir de l'oxygène supplémentaire aux passagers pendant un épisode de dépressurisation ». Les inspections menées à ce stade sur les avions en attente de livraison et sur la flotte en service n'ont pas identifié de dysfonctionnement de blocs. Et, lorsque des masques à oxygène ont été déployés en vol, les générateurs ont fonctionné correctement.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Un accord trouvé par Boeing pour éviter un procès embarrassant
Par ailleurs, hasard du calendrier, le constructeur a trouvé, dimanche, un accord de plaider-coupable avec le gouvernement américain pour éviter un procès embarrassant, à l'issue incertaine, dans le dossier pénal lié au crash de deux 737 MAX 8 en 2018 et 2019 opérés par la compagnie indonésienne Lion Air et par Ethiopian Airlines, qui ont fait 346 morts.
Cet accord dit de poursuite différée (DPA) du 7 janvier 2021 lui imposait notamment d'améliorer son programme de conformité et d'éthique, avec une mise à l'épreuve de trois ans. Les familles des victimes se disant dans un communiqué « très déçues » ont déposé, dans la foulée, une motion de contestation et réclamé une audience auprès du juge. « La justice américaine, qui devrait être un exemple pour le monde entier, montre en réalité une complaisance honteuse face à ceux qui privilégient la rentabilité et l'image à court terme sur la sécurité de (leurs) passagers », a déploré, lundi, Catherine Berthet, qui a perdu sa fille Camille dans l'accident d'Ethiopian Airlines.
Un Boeing d'United Airlines perd un pneu à Los Angeles
Boeing avait déjà signé un accord de plaider-coupable en 2021, en payant 2,5 milliards de dollars pour éviter des poursuites pénales à ses dirigeants. Mais le ministère de la Justice a considéré qu'il avait bafoué les engagements contenus dans cet accord, qui lui imposait notamment d'améliorer son programme de conformité et d'éthique. L'accord de principe conclu, dimanche, prévoit une amende supplémentaire de 243,6 millions de dollars et un investissement minimum de 455 millions dans des « programmes de conformité et de sécurité ».
Nouvel épisode embarrassant pour le constructeur : un avion Boeing a perdu un pneu, lundi, lors de son décollage à l'aéroport de Los Angeles, la compagnie américaine United Airlines, qui opérait l'appareil, a confirmé cet incident dans un communiqué. L'avion, un Boeing 757-200, avait à son bord 174 passagers et sept membres d'équipage à destination de Denver (Colorado). Il a réussi à atterrir sans dommages malgré la roue manquante, avec 25 minutes de retard.