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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Boeing : des familles de victimes de crash réclament près de 25 milliards de dollars

latribune.fr

Publié le 20 juin 2024 à 07:53 - Mis à jour le 20 juin 2024 à 07:54

Les deux crash ont concerné des Boeing 737 MAX 8, et ont fait 346 victimes.

Les deux crash ont concerné des Boeing 737 MAX 8, et ont fait 346 victimes.

Peter Cziborra

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Des familles de victimes de deux crash d'avion Boeing de modèle 737 MAX, survenus en 2018 et 2019, veulent que le constructeur soit sanctionné d'une amende de quelque 24,8 milliards de dollars et que ses responsables soient traduits en justice. Ils ont adressé cette demande ce mercredi au ministère de la Justice américain.

24,8 milliards de dollars : c'est le montant de l'amende que des familles de victimes de crash d'avions Boeing demandent à la justice américaine. Pour rappel, ces accidents ont fait 346 victimes. Ils sont survenus sur des modèles 737 MAX 8, l'un de la compagnie indonésienne Lion Air en 2018, et l'autre d'Ethiopian Airlines en 2019, en raison de problèmes de conception.

« Puisque le crime de Boeing est le crime le plus mortel d'une entreprise dans l'histoire des États-Unis, une amende maximale de plus de 24 milliards de dollars est légalement justifiée et clairement adéquate »,a écrit le représentant de ces familles, Paul Cassell, dans une lettre adressée au ministère américain de la Justice et consultée par l'AFP.

Longue de 32 pages, la lettre détaille les calculs effectués pour arriver à cette somme, précisant que « 14 à 22 milliards de dollars de l'amende pourraient être mises en sursis à la condition que Boeing dédie ces fonds à un contrôleur indépendant et à des améliorations liées aux programmes de conformité et de sécurité ».

Boeing défend ses« progrès »

La publication de cette lettre intervient alors que le patron de Boeing, Dave Calhoun, vient de passer devant une commission d'enquête du Sénat américain consacrée à la qualité de la production de son groupe. Au début de son témoignage ce mardi, il a présenté des excuses aux familles présentes dans la salle, « au nom de tous les employés de Boeing à travers le monde, passés et présents, pour leurs pertes ».

« Je m'excuse pour le chagrin que nous avons causé, et je veux que vous sachiez que nous sommes totalement mobilisés, en leur mémoire, à travailler et à nous concentrer sur la sécurité aussi longtemps »que nécessaire, a-t-il assuré.

Le dirigeant a par ailleurs reconnu la « gravité » de la situation concernant la qualité de la production. « Notre culture est loin d'être parfaite, mais nous prenons des mesures et nous progressons », a-t-il affirmé. « Nous comprenons la gravité, et nous nous engageons à aller de l'avant en toute transparence et prise de responsabilité, tout en augmentant l'investissement des employés », a-t-il ajouté.

Des promesses à vérifier

Un mea culpa qui n'a pas empêché le président de la commission d'enquête, le sénateur démocrate Richard Blumenthal, de fustiger le groupe. « C'est une culture qui continue de donner la priorité aux bénéfices, de pousser les limites et d'ignorer ses employés », a-t-il taclé. Selon lui, les promesses faites par Boeing après les deux crash n'ont été que des « coquilles vides ».

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Et depuis, le constructeur cumule des problèmes de production et de qualité sur ses avions commerciaux (737 MAX, 787 Dreamliner et 777). Plusieurs audits et enquêtes menées par la suite ont identifié de nombreux problèmes de « non-conformité » et des lacunes, en particulier dans le contrôle qualité. Si bien que, comme exigé par le régulateur américain de l'aviation (FAA), le constructeur a remis fin mai un « plan d'action complet » pour remédier à ces problèmes.

La menace de poursuites pénales

L'enjeu est important pour Boeing : le groupe est en effet menacé de poursuites pénales devant un tribunal fédéral du Texas. Car, selon le ministère américain de la Justice, il n'a « pas respecté ses obligations », dans le cadre d'un accord dit de poursuite différée (DPA) lié aux deux crash, conclu le 7 janvier 2021, avec une mise sous surveillance de trois ans. L'avionneur, de son côté, affirme s'être conformé à l'accord. Le ministère doit décider, avant le 7 juillet, de poursuivre ou non.

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Les familles, elles, souhaitent en tout cas un procès, dans les 70 jours après cette date butoir du 7 juillet. « Une simple transaction à l'amiable sans sanction ne remplirait pas » la « mission » du ministère « de rendre justice au grand public », ont indiqué leurs avocats la semaine dernière. Dans sa lettre ce mercredi, Paul Cassell appuie : « Les familles continuent d'estimer que le plan d'action approprié désormais est d'entamer de promptes poursuites pénales contre Boeing ». Le président de la commission d'enquête a estimé mardi qu'il existe des « éléments accablants » pour lancer des poursuites.

Risque d'emprisonnement

Les proches des victimes souhaitent également que les responsables du groupe soient traduits en justice. « S'il n'y a pas de risque d'emprisonnement pour ces dirigeants qui jouent avec nos vies, alors rien ne changera », a déclaré à l'AFP Adnaan Stumo, qui a perdu sa sœur Samya Rose dans le crash du 10 mars 2019 en Ethiopie.

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Le président de la commission d'enquête a aussi indiqué qu' « il devrait y avoir une mise en responsabilité individuelle ». Dave Calhoun n'était pas encore à son poste à l'époque de ces crash, ayant été nommé directeur général début 2020.

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Mais il était administrateur de Boeing depuis 2009. Si bien que pour la mère Samya Rose, Nadia Milleron, il « était étroitement lié à toutes ces décisions » et « fait partie du problème ». La crise actuelle aura en tout cas eu raison de lui puisqu'il doit quitter son poste d'ici la fin de l'année.

(Avec AFP)

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