Ça cloche pour une horloge d'un satellite Galileo...

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Galileo, le programme le plus emblématique de l'Europe, devrait coûter 10,2 milliards d'euros, dont la moitié avait été dépensée à fin 2013
Galileo, le programme le plus emblématique de l'Europe, devrait coûter 10,2 milliards d'euros, dont la moitié avait été dépensée à fin 2013 (Crédits : © STR New / Reuters)
L'Agence spatiale européenne (ESA) est confrontée à une panne inquiétante sur l'une des horloges embarquées dans l'un des satellites de la constellation Galileo en orbite. Ariane 5 devrait mettre ce jeudi en orbite quatre satellites supplémentaires.

Le programme européen Galileo est-il à risque alors que le système est proche d'une mise en service? L'Agence spatiale européenne (ESA) est confrontée à une panne inquiétante dans l'un des programmes les plus emblématiques de l'Europe. Une des horloges embarquées à bord d'un satellite de la constellation Galileo déjà en orbite serait tombée en panne, selon des sources concordantes. L'ESA a bien identifié le problème mais pas la cause. Elle ne serait pas capable pour le moment d'expliquer le pourquoi de la défaillance qui toucherait un type d'horloges embarquées, explique-t-on à La Tribune.

L'Agence spatiale européenne "poursuit ses investigations", précise-t-on. Est-ce l'horloge fabriquée par le groupe Orolia, qui est défaillante ou l'environnement du satellite qui provoquerait cette panne? L'inquiétude est d'autant plus grande que personne ne sait non plus si la panne reste exceptionnelle ou touche tout ou partie de la constellation. Certains estiment que la panne ne serait pas circonscrite à un seul satellite.

Galileo localise des éléments mobiles au mètre près

La défaillance d'une des horloges des satellites de la constellation sous maîtrise d'oeuvre de l'entreprise allemande OHB, est loin d'être anecdotique. Car une fois en service, les utilisateurs de Galileo (pilotes d'avion, sécurité civile, militaires...) identifieront leur position grâce à de petites unités captant les signaux émis par les satellites.

En combinant les mesures effectuées par plusieurs satellites, ces unités pourront déterminer la position de l'utilisateur au mètre près. C'est ce qui fait la force de la constellation Galileo, car elle offre un meilleur positionnement que le GPS américain, son concurrent.

Quatre horloges à bord d'un satellite Galileo

Les satellites de la constellation Galileo embarquent deux types d'horloges : des masers à hydrogène passif et des horloges atomiques au rubidium. Plus précisément, chacun d'entre eux sera équipé de deux masers à hydrogène dont l'un sert de référence principale pour la génération des signaux de navigation tandis que le second sera utilisé en redondance passive. Ce type d'horloge assure une précision de l'ordre de la nanoseconde (soit un milliardième de seconde) par 24 heures. Ce qui équivaut à perdre ou gagner une seconde tous les 2,7 millions d'années, selon l'ESA. "Cela signifie donc que les horloges masers à hydrogène passif de Galileo seront environ un milliard de fois plus précises qu'une montre classique", explique l'Agence spatiale européenne.

Chaque satellite opérationnel emporte également deux horloges au rubidium. La première, utilisée en redondance active (ce qui signifie qu'elle fonctionne en permanence) prend immédiatement la relève du maser à hydrogène  en cas de panne. Ce qui permet d'éviter toute interruption dans la génération du signal. La seconde horloge au rubidium sera utilisée en redondance passive. Les horloges au rubidium fournissent quant à elles, une précision de 10 nanosecondes par jour. À titre de comparaison, un bracelet-montre numérique ordinaire présente une précision d'environ une seconde par jour.

Un programme à plus de 10 milliards d'euros

Sur les quatorze satellites Galileo, huit seulement seraient actuellement opérationnels. Les quatre premiers (IOV) ne le seraient plus tandis que deux autres ont été lancés sur une mauvaise orbite. Heureusement, 2015 aura été pour le programme l'année de son véritable envol. Trois lancements Soyuz réussis, six satellites mis sur la bonne orbite. Ce jeudi, Ariane 5 (dans une configuration ES) devrait mettre en orbite quatre satellites supplémentaires. Ce qui permettra de mettre - enfin - le système Galileo partiellement en service.

Le programme Galileo devrait coûter au total 10,2 milliards d'euros, dont la moitié a déjà été dépensée à fin 2013, selon une évaluation rendue publique en janvier par la Cour des comptes. Soit "trois fois le coût initialement prévu", selon les sages de la rue Cambon, en raison "d'une combinaison de déboires techniques, mais aussi d'une conduite de projet peu performante". Lorsque le programme a été approuvé par le Conseil en 1999, Galileo devait être mis en service en 2008. Finalement, seize ans après son lancement, l'exploitation de Galileo avec une constellation complète est repoussée à 2021. Soit avec un retard de 13 ans.

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a écrit le 15/11/2016 à 22:59 :
Le maser hydrogène ou horloge atomique au rubidium sont fabriquées par cette même société Suisse et équipent les Galileo depuis les GIOVE-B fabriqués par le SSTL puis embarqués sur les IOV d'Astrium Sat (Airbus) - bref rien à voir avec quelque chose de spécifique avec OHB ou Allemagne (enfin c'est mon analyse).
Celà ressemble plus à une alerte, anomalie ou défaut d'un composant comme on peut le découvrir dans tous secteurs qui effectue de la production.... et l'important est d'avoir cerné le périmètre et d'avoir compris pourquoi.
a écrit le 15/11/2016 à 10:42 :
Marrant tous les commentaires, sachant que les horloges sont fournies par orolia, une entreprise française basée à Antibes...
Réponse de le 15/11/2016 à 20:50 :
Les horloges sont fabriquées en Suisse à Neuchatel par SpectraTime (qui fait partie du groupe Orolia)
a écrit le 14/11/2016 à 15:26 :
Incroyable toutes ces reactions anti-allemand alors meme qu'on ne sait à l'heure actuel toujours pas la cause de ce disfonctionnement.
On voit bien la haine des latins crétins dominés comme toujours par les vrais européens, avant c'était au dessus de la loire que commençait l'europe maintenant elle commence au niveau de la meuse...
Je comprends votre haine ils vous mettent tellement minables, ya meme pas de match!
Réponse de le 14/11/2016 à 16:54 :
Je ne crois pas que les logiciels truqueurs officiellement reconnus des moteurs de VW ou les logiciels truqueurs officiellement reconnus de boite de vitesse d Audi rehaussent leurs images.
Nous n' avons aucun complexe à avoir avec nos amis allemands.
Ils ne sont pas les derniers à nous critiquer, pourquoi cela devrait il être à sens unique. Ils ne sont pas des diables ni des saints... comme nous.
Réponse de le 15/11/2016 à 10:13 :
ils sont balaises c'est vrai surtout depuis la dernière guerre quand ils ont pillés les ressources, les connaissances et savoirs dans toute l'europe. qu'ils ont d'ailleurs largement partagés avec les étatsuniens. mais bon il nous reste la qualité de vie et ça il peuvent y aller c'est pas demain la veille qu'ils pourront nous la prendre !
a écrit le 14/11/2016 à 14:38 :
Si c'est comme pour l'aéroport de Berlin qui ne verra sans doute jamais le jour, on a du souci à se faire.
a écrit le 14/11/2016 à 13:34 :
Une panne d'horloge pour un GNSS, c'est juste la cata ! Un des seuls avantages de Galileo sur le GPS est sa meilleure précision d'horloge. Pas d'horloge précise = pas de précision sur la position calculée.
OHB ne semble pas en cause et quant à leur choix, si les concurrents avaient été moins gourmands, ils auraient peut-être remporté le marché.
a écrit le 14/11/2016 à 12:41 :
Mme Merkel avait imposé OHB. Les satellites made in france de Thales (Cannes) et Airbus (Toulouse) ne lui convenaient pas.
On pourra lui envoyer la facture de remplacement.
a écrit le 14/11/2016 à 11:52 :
Dis donc René, tu avais bien mis des piles neuves dans l'horloge ?
a écrit le 14/11/2016 à 11:24 :
La précision Suisse et "das qualität" Allemande... Sabotages et pots-de-vin en plus.
Un nouveau désastre pour l'Europe de Bruxelles.
a écrit le 14/11/2016 à 10:35 :
Bon article précis merci.

Que les ingénieurs ne s'en veulent pas trop, c'est cette europe là qui est porteuse de désastres et de fléaux, même la technique ne la suit plus...
a écrit le 14/11/2016 à 9:59 :
Je suggere a l'agence d'envoyer le roi de la Rolex, j'ai nomme bismuth 1er, pour lui les mouvements Suisse c'est simple comme une conf a 100,000.
Du coup, les citoyens francais en seraient definitivement debarrasses.
a écrit le 14/11/2016 à 9:01 :
OHB avait dû demander l'aide d'EADS et Thales, il me semble.
OHB avait l'envergure et le savoir-faire nécessaire pour être maître d'oeuvre ?
Réponse de le 14/11/2016 à 12:49 :
Je pense exactement comme vous, OBH n'a jamais eu et n'aura jamais l'experience d'EADS qui ils sont appeler au secours après avoir gagner le marché sans en être capable de l'executer. Typiquement c'été une magouille a la Merkel pour avoir un plus gros marché et il s'avère qu'elle se lamentablement planté.
Réponse de le 14/11/2016 à 16:55 :
Je confirme. Ancien de Thalès, nous avons pu constater que, vu la taille de Galileo, OHB n'était pas du tout à la hauteur en termes de compétences et de gestion de projet. Hélas ! Cette décision politique montre aussi, si cela était encore nécessaire, l'emprise de l'Allemagne sur l'Europe. A tous les étages.

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