Au milieu des fonctionnaires en civil, il n'est pas rare de croiser des militaires en tenue, portant potentiellement 28 uniformes différents, dans les bâtiments du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), le ministère des Affaires étrangères de l'UE.
Ils appartiennent au « comité militaire de l'Union européenne» (voir photo ci-dessous), une structure qui réunit en permanence à Bruxelles un représentant militaire des 28. Et qui ne sert pas à grand-chose, du point de vue décisionnel, étant surtout consultatif.
Pour des raisons financières, mais aussi politiques, la France ne souhaite pas être systématiquement en première ligne.
Le propos a été également souligné par le président de la République française, François Hollande, lors de son arrivée à Bratislava, vendredi 16 septembre 2016.
La création d'un vrai « quartier général permanent » de l'UE, évoqué par Juncker lors de son discours sur l'état de l'Union européenne, est aussi un souhait franco-allemand. Dans une contribution commune, les ministres de la défense des deux pays ont en effet mentionné la nécessaire mise en œuvre de ce QG européen conjoint et permanent qui surveille les déploiements européens à l'étranger, coordonne les observations par satellite et mutualise les capacités logistiques ou la médecine militaire.
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Selon l'approche franco-allemande, cette coopération étroite se ferait surtout au sein d'un cercle restreint : pour éviter d'avoir à convaincre 28 États membres, la coopération militaire s'établirait dans le cadre d'un petit cercle.
Cette accélération étonnante dans les discussions sur la défense européenne est certes mue par un environnement international de plus en plus instable. Mais, c'est surtout le cas des États-Unis, et leur éventuel repli qui motive les chefs d'État.
La moindre implication des États-Unis au Moyen-Orient a notamment ouvert les yeux des dirigeants européens sur le nouvel équilibre mondial.
L'éventuelle élection de Donald Trump inquiète aussi la France:
A Bratislava, Hollande a d'ailleurs insisté sur le sujet.
Reste à trouver une solution pour financer ce nouveau projet européen. Les ministres français et allemand ont promis une proposition commune d'ici à la fin de l'année. Le président de la Commission européenne a, lui, évoqué, dans son discours devant le Parlement européen, un fonds dédié qui financerait la recherche et l'industrie militaire en Europe.
En France, l'idée d'absorber les dépenses militaires dans un fonds financé par des obligations européennes commence à avoir un certain succès. Développé, au départ, par l'ex-ministre de l'Économie Thierry Breton, désormais à la tête de la société de services informatiques Atos, l'idée risque toutefois de heurter la sensibilité allemande.
Émettre de la dette européenne, serait-ce pour la cause sécuritaire, est en effet encore tabou. Mais la méthode permettrait d'alléger la contrainte budgétaire. La France réclame depuis longtemps que ses dépenses militaires soient sorties du calcul du déficit, ce qui lui permettrait de rentrer plus facilement dans les clous des 3%.
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[Photo: Les chefs d'état-major de l'Union européenne, le 29 octobre 2015, lors de la dernière réunion présidée par le général d'armée aérienne Patrick de Rousiers, président du Comité militaire depuis novembre 2012 (au centre, en costume sombre, les bras le long du corps; NB: à sa droite, au deuxième rang, en costume clair, le général Pierre de Villiers, chef d'état-major des armées françaises).]
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Par Aline Robert, Euractiv.fr
(Article publié le vendredi 16 septembre 2016, mis à jour le lundi 19.09.2016)

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