L'industrie aéronautique veut des "démonstrateurs" d'avions militaires (Gifas)

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Le nEUROn, le drone de combat furtif de Dassault Aviation
Le nEUROn, le drone de combat furtif de Dassault Aviation (Crédits : Dassault Aviation)
Dans le cadre de la prochaine loi de programmation militaire 2019-2025, le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) réclame une politique de "démonstrateurs". Ces modèles grandeur nature permettraient de valider les concepts et lever les risques avant le lancement de grands programmes d'avions ou de drones militaires.

En cours d'élaboration, la prochaine loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2019-2025 exprimera le renforcement du budget de la Défense souhaité par Emmanuel Macron, lequel a décidé de porter l'effort de défense à 2% du PIB à l'horizon 2025. Une décision saluée par Eric Trappier, le président du Gifas (Groupement des industries françaises de l'aéronautique et de l'espace) et PDG de Dassault Aviation, lors de la présentation des vœux du Gifas à la presse.

De gros enjeux pour préparer l'avion de combat de demain

Si cette "LPM" aura pour objectif a priori de régénérer le potentiel des armées et préparer le renouvellement de la dissuasion nucléaire, elle devra également, aux yeux d'Eric Trappier, "préparer le futur, en particulier dans l'aviation de combat et en coopération".

Pour bien préparer l'avenir, le Gifas plaide sur la nécessité de développer des « démonstrateurs », des appareils à grandeur nature qui servent de cobaye pour valider des technologies et des concepts avant le lancement de nouveaux programmes.

« Nous espérons que l'amélioration des budgets permettra de mener une politique de démonstrateurs », a déclaré Eric Trappier: « Dans l'aéronautique, pour montrer que les concepts fonctionnent, il faut absolument avoir une boucle permanente entre les études en amont et la vérification en vol par des démonstrateurs (...). Le démonstrateur doit pouvoir montrer les bases de ce que peut faire l'industrie et de ce que pourra faire la technologie dans 15 ans », a-t-il insisté.

Montants modestes

Pour Eric Trappier, se priver des démonstrateurs et passer directement des études papier au lancement d'un programme est en effet extrêmement risqué pour les industriels. Surtout s'il leur est demandé de s'engager à 100% sur la performance de l'appareil. En cas de difficultés sur le programme, ils se retrouveront en effet dans une position délicate, et les pouvoirs publics aussi. Les déboires rencontrés par l'avion de transport A400M et les montants pharaoniques pour remettre le programme en selle (10 milliards de surcoûts) constituent un bon exemple.

Permettant de lever les risques en amont des programmes, les démonstrateurs ont l'avantage, pour Eric Trappier, de mobiliser des « montants modestes » par rapport aux milliards d'euros que nécessitent les programmes d'avions. Pour illustrer son propos, le président du Gifas a pris l'exemple du nEUROn, le démonstrateur de drone européen de combat dont Dassault est le maître d'œuvre.

« Le coût du nEUROn s'élève à 400 millions d'euros sur 7-8 ans. C'est certes beaucoup d'argent en valeur absolue, mais quand cette somme englobe les études, le développement et les essais en vol, ce n'est pas très cher ».

Avion de combat européen

Si le Gifas milite pour des démonstrateurs dans le secteur spatial ou les drones, les enjeux sont particulièrement importants dans celui de l'aviation de combat. Aujourd'hui, il y existe, non pas un projet, mais une  réflexion sur un avion de combat européen. Des discussions ont notamment lieu avec l'Allemagne pour élaborer une feuille de route en 2018.

"Nous verrons si nous arriverons un jour à faire un avion de combat européen. Ce qui est sûr, c'est que de l'alternative à ne pas faire de suite à un Grippen, un Typhoon et à un Rafale, c'est de choisir un appareil américain, et je souhaite bien du plaisir à ceux qui ont acheté ou qui vont acheter du F-35 (Lockheed Martin) d'être capables de ne pas être intégrés dans l'armée américaine. Car le F-35 est une machine à tuer l'industrie européenne, mais aussi une machine à vous intégrer dans les armées américaines", a déclaré Eric Trappier.

Pour autant, pour qu'un avion de combat européen aboutisse, encore faudra-t-il que les pays européens jouent la préférence européenne. Or, aujourd'hui, une grande partie des pays européens achètent des avions américains.

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a écrit le 14/01/2018 à 21:03 :
IL est totalement inadmissible que les pays europeen n'achètent pas europeen,toute l'europe tombe en ruine et plus particulièrement la france l'europe est le futur biafra , c'est cela la politique ou seul sa petite personne compte même si elle ne vaut pas un pipi de chat . les américains sont très fort pour les dessous de table .ce qui favorise évidemment les achats ?
a écrit le 14/01/2018 à 10:47 :
Bien , tres bonne remarque . Dans tous les cas, ils manquent quelque segments dans l'aviation militaire europeen , un avion d'attaque au sol ( spécifique type A10) , un gros porteurs ( avion cargos type galaxie), un hydravion ( civile et militaire) ....
Dans tous les cas, le concepte dè démonstrateur est une tres bonne chose , cela permet de valider les concepte dè devellopement, le mERON par exemple dois débouchees sur un avion de supériorité aérienne, ou un bombardier en zone d'infiltration....
a écrit le 12/01/2018 à 23:05 :
"Nous verrons si nous arriverons un jour à faire un avion de combat européen."

Ah bon ? faudrait voir à vous renseigner, il existe et porte un nom asiatique région où il a fait long feu....

Une politique de demonstrateurs ? comme pour le rafale vous voulez dire ? ça s'était hier non ? et les progrès de la simulation ? le model based design ? on est dans une ère où les systèmes supplantent la plateforme... les systèmes peuvent être embarqués et testés dans n'importe quelle plateforme. Pour ce qui concerne la discrétion radar pas besoin de voler pour la tester.
ou alors il parle d'UCAV air/air avec des enveloppes de vols insupportables pour les pilotes et poussant les machines à leur limites mais à mon humble avis c'est pas le sens de l'histoire la performance des plateformes.
Bien sur pour un industriel dont la partie est l'avionique, les commandes de vol, les structures aviaires :) plus on va vers le qualitatif plus on fait de marge.

Mais nous sommes à un tournant dans le fameux débat qualité versus quantité.
La quantité étant une qualité en elle même... il faut aller vers des nuées de drones moins complexes et que la complexité émerge de la quantité, du système, des tactiques (intelligence artificielle simulant en temps réel à terre les meilleurs options) et des drones furtifs organisés en systemes de systemes, connectivitée, intégration avec la composante espace.
Faire de ces nuées des capteurs distribués dispersés petits nombreux et discrets.
En bref il faut pouvoir "trader" la perte de quelques plateformes moins qualitatives dans le but de gagner un combat, il n'y a plus de pilotes on peut se le permettre comme on envoyait jadis cyniquement des poilus à une mort certaine.

il faut préparer la guerre finale inévitable due à la raréfaction de multiples ressources, petrole, terres rares, eau douce, uranium etc... seul le superprédateur survivra.

Je sais mon commandant les béni oui oui trouverons cela inacceptable et en un sens ça l'est mais c'est pas la question, c'est ingérable 7 milliards d'individus résultant d'une époque bénie lorsque les ressources s'épuisent, comme des milliards de fourmis qui se seraient développées sur un kilo de sucre, il faudra faire face et prévoir mon général. Si nous n'avons plus accès à des ressources clés qui permettent quelques technologies y compris militaires indispensables il faudra faire la guerre même aux ricains figurez vous. ou alors...
a écrit le 12/01/2018 à 21:46 :
Tout comme Airbus est un projet politique français contre Boeing et avant de les avoir tuer contre McDonnell Douglas et Lockheed, cette demande de démonstrateurs militaires est une attaque directe contre le F-35, son futur remplaçant et les pays européens qui achètent américain.

Quand le Américains vont-ils eux aussi arrêter d'acheter européen...Airbus, Eurocopter, Chanel, Mercedes, Moet & Chandon,...j'ai hâte!.
Réponse de le 12/01/2018 à 23:04 :
@Philippe CAUCHI - Merci de m'apprendre que les américains équipent leurs armées avec Airbus, Eurocopter, Chanel, Mercedes, Moet & Chandon...
Réponse de le 14/01/2018 à 19:47 :
@Philippe CAUCHI - Il ne faut peut-être pas inverser les rôles. Les Américains n'achètent pas européens. Quand ils achètent des équipements de marque européenne, ils font produire sur place grâce à l'effet d'échelle de leurs commandes militaires. Et à l'inverse, le rôle du F-35 est d'assurer la suprématie américaine sur l'industrie occidentale de l'aviation de combat.

Ensuite, vous sortez du militaire : du Chanel, Mercedes, Moet & Chandon... ok, si vous voulez, mais la portée stratégique (sur le plan technologique notamment) ne me semble pas comparable... et quand bien même, ce ne sont pas les États-Unis qui vont donner à l'Europe des leçons de libre échange : l'Europe rapporte gros aux GAFA, à Microsoft, etc.
a écrit le 12/01/2018 à 15:48 :
cette notion de démonstrateur peut s'appliquer aux navires ?
la marine allemande vient de renvoyer la nouvelle frégate F125 au concepteur/constructeur (TKMS et d'autres) car trop de défauts.

quel est/va être l'impact du déclin démographique allemand sur les capacités industrielles du pays et sur les programmes franco-germaniques ? le manque de personnel qualifié est au plus haut (Les Echos, 19/12/2017). Olaf Gersemann (Die Welt) dit que les entreprises allemandes investissent de plus en plus à l'étranger du fait de ce problème de ressource humaine.
on a pu lire la même chose à propos des entreprises nipponnes. on peut se demander si les déboires de l'industrie japonaise ne sont pas notamment liés au problème démographique.
a écrit le 12/01/2018 à 13:45 :
On devrait surtout développer des missiles sol sol ou mer sol de toutes les portées pour taper loin et sans risquer nos vies avoir une flotte conséquente de drones armes et des robots chenilles de combat urbain ...évitons les pertes humaines dans nos rang et frappons massivement les bandes armées...une autre approche de La Défense moderne autre que le seul remplacement de nos tristes manques capacitaires est nécessaire mais suppose une vue stratégique et opérationnelle très nouvelle portée par un chef politique ou des généraux autres que gestionnaires des habitudes ou des chausse trappes budgétaires. Nos zones maritimes mériteraient elles aussi une politique de valorisation et de defense autre que les pauvres moyens actuels.
a écrit le 12/01/2018 à 12:03 :
il ressemble beaucoup au X45 de Boeing ce neuron...
a écrit le 12/01/2018 à 9:18 :
Et pourquoi l'armée française n'aurai-t-elle pas d'autres alternatives que les avions américains ? Les avions russes sont eu aussi très performant, avec l'avantage du prix et de la solidité.
Réponse de le 12/01/2018 à 12:39 :
Vos sources ?
On veut parler des problemes des Su-30-33 indiens ? Des Mig-29 algeriens ? Du superjet ?
Réponse de le 12/01/2018 à 13:32 :
Les problèmes techniques ont toujours existé sur les technologies de pointe, utilisées dans des conditions extrêmes. Le F35 n'est pas épargné, et le rapport qualité / prix me semble loin du matériel russe. Ce qui compte dans le domaine militaire, c'est la fiabilité du matériel, son coût d'entretien et de renouvellement.
Réponse de le 12/01/2018 à 14:18 :
@Steph,
Mauvais exemple du superjet....Moteur=Safran/NPO saturn, nacelle=Aircelle, avionique=Thales, St Gobain, Sogitec (Dassault), le Bozec (Zodiac), etc... bref que de la techno française, de la à penser que la techno française ne vaut pas un clou, il n'y a qu'un pas !!!
C'est d'autant plus vrai que les autres fabricants d'avions de combat n'ont jamais de problèmes de fiabilité ! c'est archi connus hein...
Réponse de le 12/01/2018 à 16:40 :
Ouais bon après parler de technologie de pointe avec le MiG-29 (voir même le 35) ou le Su-30 (voir le 35 aussi).........
Réponse de le 12/01/2018 à 21:06 :
Sur quelles bases partez-vous pour évoquer la solidité des avions Russes?? J'aimerais connaître quelques arguments.....solides à ce sujet😄je ne manquerai d'y répondre 🤗poka poka
a écrit le 12/01/2018 à 9:15 :
Nous sommes déjà sous protectorat américain, et nos avions volent grâce aux technologies américaines. L'armée a même un partenariat avec l'industrie informatique américaine, délaissant les technologie européenne. Nous soutenons leur politique hégémonique et combattons à leur coté. Je ne vois pas l'intérêt de dépenser plus d'argent que nécessaire dans une course perdue d'avance. Beaucoup de pays préfère investir dans des munitions "intelligentes". Suivons leur exemple avisé.
Réponse de le 12/01/2018 à 18:36 :
Parce que les Snecma m88 sont americaisns et stimicro c'est ricain?
Réponse de le 12/01/2018 à 21:22 :
Dingo a raison. Avec un président et un premier ministre ancien young leader et fantasmant sur le mode de vie américain, nous sommes plus que jmais vassal des USA.
Réponse de le 12/01/2018 à 21:22 :
Dingo a raison. Avec un président et un premier ministre ancien young leader et fantasmant sur le mode de vie américain, nous sommes plus que jmais vassal des USA.

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