La Chine surprend les Etats-Unis avec un test de missile hypersonique en orbite

Pékin a testé une nouvelle capacité spatiale avec un missile hypersonique en orbite, « prenant le renseignement américain par surprise », a rapporté samedi le Financial Times. L'essai intervient alors que les tensions américano-chinoises se sont accrues et que Pékin a intensifié ses activités militaires près de Taïwan.

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Illustration : Le missile hypersonique tiré fin septembre par la Corée du Nord au large de sa côte Est.
Illustration : Le missile hypersonique tiré fin septembre par la Corée du Nord au large de sa côte Est. (Crédits : KCNA)

Une capacité nucléaire de « frappe mondiale » grâce à une arme manoeuvrable déjouant les systèmes d'alerte et de défense, pouvant atteindre cinq fois la vitesse du son, et dont la portée serait théoriquement sans limite : les promesses des missiles hypersoniques en orbite sont multiples. Et intéresseraient fortement Pékin, qui aurait procédé à un essai en ce sens en août dernier, rapporte samedi le Financial Times. Selon le quotidien économique et financier britannique, le missile en test a ainsi fait le tour de la Terre en orbite basse, avant de descendre vers sa cible, ratée de plus de 32 kilomètres.

De quoi démontrer les avancées chinoises dans le domaine, et « surprendre les renseignements américains », fait valoir le Financial Times. Interrogé, le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a déclaré qu'il ne ferait aucun commentaire sur les détails de l'article, mais a précisé avoir « clairement exprimé » ses « inquiétudes concernant le développement militaire que la Chine continue de poursuivre, qui ne fait qu'accroître les tensions dans la région et au-delà ».

« C'est l'une des raisons pour lesquelles nous considérons la Chine comme note défi de stimulation numéro un », a-t-il ajouté.

Une politique défensive selon Pékin

Car selon un récent rapport du Service de recherche du Congrès américain (CRS), la Chine a développé la technologie de manière offensive, la considérant comme cruciale pour se défendre contre les avancées américaines dans les technologies hypersoniques et autres. Une analyse formellement réfutée par le porte-parole de l'ambassade de Chine Liu Pengyu, qui a affirmé samedi que Pékin avait toujours poursuivi une politique militaire de « nature défensive », et que son développement militaire ne visait aucun pays.

« Nous n'avons pas de stratégie mondiale et de plans d'opérations militaires comme le font les États-Unis. Et nous ne sommes pas du tout intéressés par une course aux armements avec d'autres pays. En revanche, les États-Unis ont inventé ces dernières années des excuses comme 'la menace chinoise' pour justifier leur expansion des armements et le développement d'armes hypersoniques. Cela a directement intensifié la course aux armements dans cette catégorie et gravement compromis la stabilité stratégique mondiale », a-t-il déclaré.

Outre Pékin, les Etats-Unis, la Russie et au moins cinq autres pays travaillent sur la technologie hypersonique.

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Tensions entre les Etats-Unis et la Chine

Le test intervient alors que les tensions américano-chinoises se sont accrues, et que Pékin a intensifié ses activités militaires près de Taïwan, la démocratie autonome alignée sur Washington que la Chine considère comme une province en attente de réunification. Ces derniers mois, des responsables militaires américains ont mis en garde contre les capacités nucléaires croissantes de Pékin, notamment après la publication d'images satellite montrant qu'elle construisait plus de 200 silos de missiles intercontinentaux. Pékin n 'est liée par aucun accord de contrôle des armements et n'a pas voulu engager les États-Unis dans des pourparlers sur son arsenal et sa politique nucléaires.

En septembre, lors de la conférence annuelle « Air, Space, & Cyber », le secrétaire à l'US Air Force, Frank Kendall, avait ainsi dit soupçonner la Chine de développer également un système de bombardement orbital fractionné. Et déclaré que le pays avait fait d'énormes progrès, y compris le « potentiel de frappes mondiales depuis l'espace ». Suggérant que la Chine développait une technologie qui s'apparentait au « système de bombardement orbital fractionné » que l'URSS a déployé pendant une partie de la guerre froide, avant de l'abandonner.

Déjouer les dispositifs d'alerte

Concrètement, par rapport à un missile balistique stratégique, dont la trajectoire est parabolique, une telle arme, théoriquement manoeuvrable, aurait une portée sans limite tout en étant plus difficile à repérer en raison de sa course imprévisible. Ce qui la rendrait évidemment plus difficile à suivre et à contrer.

« Si vous utilisez ce type d'approche, vous n'avez plus d'utiliser une trajectoire de missile balistique intercontinental traditionnelle. C'est un moyen de déjouer les dispositifs d'alerte avancée et les systèmes de défense antimissile », avait détaillé Frank Kendall.

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D'un point de vue juridique, ce type de missile n'est pas formellement interdite par le Traité de l'Espace. Celui-ci proscrit pourtant les armes nucléaires en orbite, mais des flous juridiques persistent.

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Commentaires 5
à écrit le 18/10/2021 à 12:19
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Quand la galaxie sera détruite comme un collier de perles … la Chine disparaîtra dans des abîmes comme tous le reste de cette terre . La nature a ses limites dont les hommes ( ou barbares ) ignorent .

à écrit le 18/10/2021 à 8:47
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Édifiant les commentaires précédents typique de la politique de l autruche de la population française : ce qui n est pas son quotidien ne l intéresse pas .. pas étonnant si on est perdu l1940…quelle va manque de stratégie et de clairvoyance .. plutôt...

le 18/10/2021 à 10:45
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Non normalement tu aurais du dire que nous étions des complotistes, cela aurait été bien plus simple et dans l'air du temps de la classe dirigeante qui taxe de complotisme toute analyse n'allant pas dans son sens à elle. Les enfants de 5 ans eux sont...

à écrit le 17/10/2021 à 15:54
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Quand on peut agir sur l'émotion tant que l'on est propriétaire des médias, on n'y va gaiement!

à écrit le 17/10/2021 à 11:56
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Ben oui on peut croire les déclarations des renseignements américains c'est sûr surtout un porte paroles. Ça va les paroles c'est pas trop lourd à porter.

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