C'est non ! Evidian, l'entité qui regroupera les activités en croissance d'Atos après sa scission (spin-off), n'intéresse pas Thales. Dans sa configuration actuelle, cette opération « ne correspond pas à la stratégie du groupe, qui n'a aucune intention de se diversifier dans des marchés autres que ceux qu'il sert déjà », souligne le groupe de technologies. Et pourtant, Thales semblait, selon plusieurs observateurs contactés par La Tribune, être le groupe le plus pertinent pour entrer dans le capital d'Evidian, l'entité qui va rassembler les activités les plus prometteuses d'Atos (cybersécurité, data, quantique, calcul à haute puissance...). Selon le plan Atos, Evidian doit être cotée en Bourse au deuxième semestre 2023 et une fois la scission réalisée, le groupe dirigé par Nourdine Bihmane ne conservera que l'activité historique d'infogérance informatique.
Le groupe tricolore semblait cocher pas mal de cases, notamment celle de la souveraineté, pour devenir un actionnaire de référence adoubé par l'État français. Atos et Thales ont d'ailleurs créé en mai 2021 la société commune Athea destinée à développer une plateforme souveraine associant traitement de données massives et intelligence artificielle pour les secteurs de la défense, du renseignement et de la sécurité intérieure. Athea a été choisie en juin dernier par la Direction générale pour l'armement (DGA) pour la première phase du projet Artemis.IA. Enfin, cette opération aurait permis à Thales de se renforcer à travers Evidian, en Allemagne, où le groupe est quasiment absent. Sans aucun état d'âme, Berlin lui a claqué à plusieurs reprises la porte ces dernières années alors qu'il était candidat aux dossiers Hensoldt, activités électroniques de défense d'Airbus, Atlas Elektronik...