Delair prépare une augmentation de capital qui va lui permettre de devenir un des leaders européens dans le domaine des drones.Le patron de Delair Bastien Mancini aspire très clairement à jouer dans la cour des grands dronistes européens. Et pour pouvoir participer à cette ligue des champions, le directeur général de la PME basée à deux pas de Toulouse est en train de préparer une augmentation de capital. Objectif, faire aussi bien que l'allemand Quantum Systems, qui a annoncé début mai avoir levé 160 millions d'euros, et que le portugais Tekever qui a quant à lui empoché un chèque de 500 millions de dollars environ en mai. « Nous avons envie d'être sur ce terrain de jeu », précise Bastien Mancini à La Tribune. Une telle levée de fonds permettrait à Delair de se mêler à la fois à la « course à la croissance et à la consolidation dans le domaine des drones », explique-t-il. n cherche à faire un leader européen
Pour autant, monter dans le capital d'une entreprise de défense proposant des systèmes d'armes létaux reste encore relativement problématique en France. Delair en a fait l'amère expérience avec un fonds intéressé par son profil mais qui s'est éloigné quand il a appris qu'il produisait des munitions téléopérées, selon nos informations. « Quand on regarde nos compétiteurs à l'étranger, la commande publique a attiré les capitaux privés », estime toutefois Bastien Mancini. Quantum Systems a bénéficié d'un contrat de 200 millions d'euros de l'État allemand pour fournir des drones à l'Ukraine. Résultat, la startup allemande a pu lever 160 millions.
Cap sur les 300 millions de chiffre d'affaires en 2030
En dépit de ces aléas, Delair compte continuer à surfer sur la très grosse vague portant ce marché en raison essentiellement de l'envol des drones militaires depuis la guerre en Ukraine. Le marché mondial des drones militaires est en très forte croissance. Il devrait s'élever à plus de 47 milliards de dollars en 2032 (contre 16 milliards en 2024). « La demande du marché s'est fortement accrue depuis le début du conflit en Ukraine, confirme Bastien Mancini. Au-delà, ce conflit a été un révélateur d'innovations dans un cadre de vie ou de mort ». La PME est d'ailleurs l'un des exemples emblématiques du concept de l'économie de guerre à la française pour le ministère des Armées. « La France nous a commandé principalement des drones pour les céder ensuite à l'Ukraine », rappelle-t-il.