Le pactole de départ de l'ancien patron de Zodiac fait débat

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Le nouveau président du directoire de Zodiac Aerospace Yann Delabrière, qui a remplacé Olivier Zarrouati (ici en photo), va recevoir une rémunération fixe d'un montant brut de 138.400 euros par mois.
Le nouveau président du directoire de Zodiac Aerospace Yann Delabrière, qui a remplacé Olivier Zarrouati (ici en photo), va recevoir une rémunération fixe d'un montant brut de 138.400 euros par mois. (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
A l'occasion de son départ de Zodiac Aerospace, l'ancien président du directoire Olivier Zarrouati va toucher l'équivalent de deux ans de salaire brut. Soit 1,24 million d'euros. Proxinvest recommande lors de l'assemblée générale des actionnaires prévue mardi 9 janvier de s'opposer à presque l'ensemble des résolutions concernant la rémunération des dirigeants.

1,24 million d'euros et quelques menus avantages. C'est le pactole de départ obtenu par le patron de Zodiac Aerospace Olivier Zarrouati, contraint de partir le 15 juin dernier du groupe en passe d'être racheté par Safran. Un package qui a particulièrement irrité Proxinvest, une société de conseil aux investisseurs sur leur politique d'engagement et d'exercice des droits de vote. "Ce départ aurait dû se faire sans indemnité de départ d'après les précédents rapports annuels puisque jamais le conseil de surveillance ou l'assemblée générale n'avaient voté une telle indemnité", estime Proxinvest. Dans ce cadre, le cabinet de conseil recommande donc, lors de l'assemblée générale des actionnaires prévue ce mardi 9 janvier, de "s'opposer à presque l'ensemble des résolutions concernant la rémunération des dirigeants (résolutions 12 à 20)".

D'autant que le nouveau président du directoire Yann Delabrière, qui a remplacé Olivier Zarrouati, va recevoir une rémunération fixe d'un montant brut de 1,038 million d'euros à compter du 16 juin 2017 et jusqu'à l'issue de l'assemblée générale du 9 janvier. Soit une rémunération mensuelle fixe de 138.400 euros (contre une rémunération annuelle de 620.000 euros brut pour Olivier Zarrouati). Ce qui représente une hausse considérable, presque une multiplication par trois, du salaire du président du directoire par rapport à ce que percevait jusqu'ici Olivier Zarrouati. Yann Delabrière a également perçu une rémunération de 300.000 euros hors taxes au titre de la mission de conseiller spécial du Conseil de surveillance qu'il a exercée entre le 27 avril et le 15 juin 2017.

Une rémunération exceptionnelle de 620.000 euros

C'est le conseil de surveillance de Zodiac Aerospace qui a décidé, sur recommandation du Comité de rémunération, qu'Olivier Zarrouati, ancien président du directoire (novembre 2007-juin 2017), percevrait une rémunération exceptionnelle d'un montant brut de 620.000 euros. Elle a été versée le 30 juin 2017. "Cette rémunération exceptionnelle tient compte du travail accompli par Olivier Zarrouati depuis sa nomination et de l'importance du rôle et de l'implication de ce dernier dans l'aboutissement de l'accord de rapprochement avec Safran marquant une étape majeure dans la vie du Groupe Zodiac Aerospace", selon le rapport annuel de Zodiac Aerospace.

"Officiellement Olivier Zarrouati est donc parti sans indemnité de départ mais à bien y regarder de plus près on découvre l'octroi in extremis d'une rémunération exceptionnelle de dernière minute de 620.000 euros, véritable indemnité de départ déguisée selon Proxinvest. Ce tour de passe-passe permet à l'entreprise de s'affranchir de l'article L225-90-1 du code de Commerce qui prévoit l'approbation de tout avantage postérieur à l'emploi par l'assemblée générale des actionnaires".

En outre, Olivier Zarrouati va également percevoir une indemnité de non-concurrence, égale à la rémunération d'une année calculée sur la base de la rémunération (fixe et variable) perçue au cours des douze derniers mois précédant la date de son départ et payable mensuellement (12 mois). Soit 620.000 euros à compter de son départ de Zodiac Aerospace. Ainsi, au titre de l'exercice 2016/2017, le montant de l'indemnité de non-concurrence dû à Olivier Zarrouati s'est élevé à 129.167 euros. Au total, l'ancien patron de Zodiac Aerospace empoche deux ans de salaire... conformément aux recommandations du code AFEP-MEDEF.

Sa voiture de fonction rachetée pour zéro euro

Olivier Zarrouati a également bénéficié lorsqu'il était président du directoire de la mise à disposition d'un véhicule, acquis par Zodiac Aerospace pour un montant de 64.500 euros. Sa valeur d'usage sur l'exercice 2016/2017, d'un montant de 6.125 euros, est comprise dans le montant déclaré en avantages en nature. Or, il a pu racheter sa voiture de fonction "à la valeur nette comptable, soit 0 €", a précisé le rapport annuel de Zodiac Aerospace.

"Les membres du conseil de surveillance de Zodiac semblent les seuls Français à ne pas connaître la cote Argus et à considérer qu'une berline d'occasion ne vaut plus rien après quelques années d'amortissement, a ironisé Proxinvest. La procédure des conventions réglementées ne semble ici pas respectée".

Enfin, au titre de l'exercice 2016/2017, il a perçu jusqu'au 15 juin 2017 une rémunération de 490.833 euros sur la base de la rémunération de l'exercice 2016/2017 fixée à 620.000 euros bruts, sans changement par à celle de l'exercice 2015/2016. Par ailleurs, Zodiac Aerospace a précisé dans son rapport annuel qu'Olivier Zarrouati n'a bénéficié d'aucune "retraite chapeau". Ce qui ne va peut-être pas calmer les petits actionnaires de l'équipementier aéronautique, qui a cumulé plusieurs profit-warning ces dernières années...

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a écrit le 08/01/2018 à 17:29 :
Il me semble que le problème n'est pas l'indemnité qu'il a touché, mais l'incompétence dont il a fait preuve. Si il avait été compétent, cette somme aurait pu être justifiée.

Quand on passe en plus que ce monsieur fait certainement partie de ceux qui pensent que limiter les indemnités pour licenciement abusif va rendre l'industrie française plus compétitive, on peut se poser des questions. sur la bonne foi d'une bonne partie de notre soi-disant classe dirigeante.
Réponse de le 08/01/2018 à 21:47 :
Votre commentaire péremptoire et sans arguments est sincèrement affligeant et à vous lire, une chose est sûre, la "competence" n'est pas de votre côté. Donc épargnez nous de le poster 2 fois...
Réponse de le 09/01/2018 à 18:17 :
Le commentaire de Rene est tout a fait justifié. Zodiac se fait racheter car le management a completement planté la societe et apres x profit warning, l action ne vaut plus tres cher.

Ce monsieur a quand meme reussit a se mettre airbus a dos (et ce publiquement). Il faut saluer la performance. Certes certains comme tchuruk ont fait mieux en coulant completement leur boite (alcatel n existe plus) mais ce monsieur a quand meme fait fort et s en sort avec un gros cheque ...
a écrit le 08/01/2018 à 17:27 :
Il me semble que le problème n'est pas l'indemnité qu'il a touché, mais l'incompétence dont il a fait preuve. Si il avait été compétent, cette somme aurait pu être justifiée.

Quand on passe en plus que ce monsieur fait certainement partie de ceux qui pensent que limiter les indemnités pour licenciement abusif va rendre l'industrie française plus compétitive, on peut se poser des questions. sur la bonne foi d'une bonne partie de notre soi-disant classe dirigeante.
a écrit le 08/01/2018 à 14:00 :
Encore un X récompensé pour sa magnifique gestion d'un grand groupe. Hummm ... Messier, Kron, Calvet, Tchuruk, Zarrouati, Drahi ... la liste est longue !

Evidemment, renvoi d'ascenceurs et Cie.

Entre les 2 guerres Clémenceau avait dit "Si vous voulez l'Allemagne, créez lui une Ecole Polytechnique"
a écrit le 06/01/2018 à 17:04 :
Est-ce l'argent de nos impôts? Si oui, est-ce susceptible d'avoir une influence sur le taux ridicule des trois pour cent du PIB (car on n'est pas près de l'excédent budgétaire)? Ah! Si seulement!...
a écrit le 06/01/2018 à 13:55 :
J'ai toujours un peu de mal à saisir toute cette agitation pour un million d'euros, c'est quasiment le salaire moyen mensuel d'un joueur du PSG qui ne joue même pas forcément un match par semaine! Comparons la création de richesse entre un de ces joueurs et le patron d'une multinationale française?
Réponse de le 09/01/2018 à 18:13 :
Il faudrait comparer ce monsieur a un joueur de foot qui fait perdre son equipe a chaque match. en general ce type de joueur se fait rapidement renvoyer chez les amateurs a 0€/mois...

Il faut quand meme rappeller que Zodiac se fait racheter car ils sont pas du tout en forme et qu ils ont meme reussit a se mettre airbus a dos suite a leur incapacite a livrer a temps ...
a écrit le 06/01/2018 à 9:22 :
Franchement 2 ans de salaire comme indemnité de depart, il n’y a pas de problème, d’autant plus qu’un salaire annuel de 600000 euros pour une boîte de cette taille cela n’a rien d’exorbitant. Un article inutilement agressif pour un journal qui nous a habitué à mieux.
Réponse de le 06/01/2018 à 19:46 :
J'ai une lecture très différente de la vôtre. Je ne trouve pas du tout cet article agressif alors que cela aurait pu être très facile à l'auteur d'être inutilement agressif sur un thème porteur. Il n'y a qu'à regarder le titre qui est très neutre. Et puis je suis d'accord avec vous, un salaire 620000 euros par an n'est pas exorbitant.
a écrit le 05/01/2018 à 21:01 :
Très sincèrement, cet article un peu racoleur et à charge n'est pas à la hauteur de ce que l'on peut généralement lire sur La tribune. Et les commentaire sont bien hâtifs. Regardez la parcours boursier sur les 10 ans pendant lesquels Mr Zarraouati a dirigé le groupe et vous verrez que même après la décote de la 2e offre de Safran, la création de valeur pour les actionnaires a été très conséquente. De même pour le périmètre du groupe. Cette société a eu un parcours formidable sous la direction de Mr Zarrouatti et de ses équipes, et même si elle a trébuché quelques mois sur le sujet des sièges (dans quelle entreprise tout est toujours parfait ?? Regardez Safran avec le Silvercrest...) , ce n'est pas un hasard si Safran rêvait d'acquérir les savoir-faires de ce groupe depuis 2010. Mr Zarouati peut partir dignement et la tête haute et ces indemnités ne sont pas disproportionnées au regard de ce qui se pratique. L'augmentation très significative de la rémunération de son successeur me semble en revanche beaucoup plus questionnable...C'est plutôt cela qu'il faut regarder...
Réponse de le 06/01/2018 à 19:41 :
Si cet article est agressif, le rapport annuel de Zodiac est donc agressif. Car cet article est basé sur les informations de ce document financier distribué aux actionnaires. Cet article cite également les commentaires de la société de conseils Proxinvest. Rien de plus. Oui M. Zarraouti (deux r et un t pour info) a été un bon manager pour faire croître Zodiac mais il a oublié d'intégrer de façon industrielle ses acquisitions dans le groupe. C'est dommage mais Zodiac est un excellent équipementier aéronautique français avec ou sans M. Zarrouati.
a écrit le 05/01/2018 à 19:58 :
Avant l ere Zarrouati la parole de Zodiac valait de l or sur les marchés.
Sur cette lancée il était aisé de continuer et d aborder les nouveaux defis de nature industrielle qui se présentaient : les montées en cadences étaient connues de longues dates dans ce secteur.
L action a atteint 35€ au plus haut avant de connaitre une chute vertigineuse.
11 profits warning c est beaucoup, les relations execrables avec Airbus et Boeing c est aussi beaucoup dans ce petit monde aero.
Les 620k€ Sont octroyés a posteriori. Un homage au pilotage ( crash ) de cette epoque : en retard sur les enjeux.
a écrit le 05/01/2018 à 18:48 :
Parce que je le vaux bien.....😂😂...bonne année et joyeuses pâques à lui...😁
a écrit le 05/01/2018 à 17:51 :
Pour votre information J.G Malcor, qui a conduit CGG à une quasi faillite va partir en retraite avec 7 M. €, et ce avec la bénédiction de la BPI qui a investi l'argent des contribuables dans ce puits sans fond. Pas de "débat" dans ce cas ?
a écrit le 05/01/2018 à 17:24 :
le conseil de surveillance a trop souvent les memes interets que le comite de direction
Bien que proxinvest leur rappel ou est l'interet de l'actionnaire,les executifs l' "oublient"trop souvent alors que normaleement ils sont payes pour
a écrit le 05/01/2018 à 15:41 :
Le nombre de profit warning n'est pas un critère de mauvaise gestion mais plutôt un critère d'honnêteté : absence de "window dressing" des comptes qui laisseraient croire que le management a la totale maîtrise de son marché, ce qui est impossible en régime de libre concurrence.
Réponse de le 09/01/2018 à 18:21 :
Ben si quand meme. Une societe bien gere peut avoir un trou d air passager mais quand vous alignez les profit warning en serie c est quand meme qu il y a un probleme. Evidement on peu toujours faire pire et jouer a Enron (ou Altran pour rester chez nous) mais quand vous reussissez a vous mettre a dos votre principal client (airbus) par votre incapaicte a remplir vos promesses, c est quand meme qu il y a un truc.
Cet echec merite t il un gros cheque ?
a écrit le 05/01/2018 à 14:29 :
C'est un sujet récurrent, un troll ! Personnellement, je suis contre ces indemnités de départ excessives. Elles devrait être définies dès la prise de fonction l'embauche du président : je ne sais pas pourquoi le conseil de surveillance de Zodia veut accorder des indemnités non prévues au départ (ce sont peut-être les amis de M. Zarrouati) qui siègent au conseil de surveillance).
a écrit le 05/01/2018 à 13:41 :
Ce qui est difficile en France c'est d'être parachuté patron d'une grande société coté en bourse, ensuite la vie est belle qu'importe les résultats !

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