Si d'énormes contrats sont attendus dans la défense, il ne faudra pas s'attendre à une pluie de commandes d'avions civils au cours de cette 52ème édition ensoleillée du Salon du Bourget. Malgré les très belles averses qui accompagneront le lancement ce lundi du Boeing B737 MAX-10, une version allongée du B737 remotorisée (dit MAX) et quelques beaux contrats qu'aura réussi à concentrer Airbus durant cette semaine, le niveau de prises de commandes devrait être largement inférieur à celui des éditions précédentes. L'heure n'est pas aux prises de commandes pour les avionneurs.
Plusieurs raisons dissuadent en effet les compagnies aériennes de passer commande. Il y a notamment les énormes délais de plusieurs années entre la commande et la livraison du fait de l'ampleur des carnets de commandes d'Airbus (6.874 avions) et de Boeing (5.175 appareils).
Au rythme actuel de production, Airbus a, par exemple, 10 ans de production assurée. D'où les énormes efforts des constructeurs et de leurs fournisseurs pour augmenter les cadences de production au cours des prochaines années. De fait, avec le contexte géopolitique incertain aujourd'hui (Brexit, Corée du Nord, terrorisme, Moyen-Orient...), les compagnies sont réticentes à passer commande. D'autant plus qu'avec la relative faiblesse du prix du baril de pétrole, elles n'ont aucune urgence à devoir remplacer leur flotte actuelle. Même anciens, des avions (déjà amortis), restent rentables à 50 dollars le baril. D'où certaines décisions de reports de livraisons d'avions observées ces derniers mois, essentiellement des avions long-courriers.
Certaines compagnies qui veulent remplacer leur flotte ont également la possibilité de le faire avec des avions d'occasion, de plus en plus nombreux sur le marché, notamment sur les gros-porteurs. Cette accalmie sur le marché des avions long-courriers devrait durer plusieurs années encore. Dans une interview accordée à La Tribune, le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, table en effet sur « un très important cycle de renouvellement des flottes de gros-porteurs au début de la prochaine décennie ».
Pour autant, ce frein sur les prises de commandes n'a pas d'impact sur les livraisons. Les annulations restent faibles par rapport à la taille des carnets de commandes.
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Et pourtant, malgré ce contexte, il y aura tout de même des beaux contrats de signés au salon aéronautique du Bourget. Si Airbus va regrouper un certain nombre de contrats pour faire bonne figure pour le dernier Paris Air Show de son emblématique directeur commercial, John Leahy, Boeing devrait assurer un feu d'artifice avec le lancement ce lundi du B737 MAX-10, lequel s'accompagnera de plusieurs contrats des compagnies de lancement. China Air Lease Corporation, Jet Airways, SpiceJet, Ryanair, United, CDB Aviation étaient tous en discussion pour acheter cet appareil. Grâce à cet avion, Boeing pourrait remporter le match symbolique des commandes d'avions au salon du Bourget. Sept annonces sont prévues ce lundi par le groupe américain, contre deux pour Airbus.
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