Pourquoi Thales peut être soulagé d'avoir vendu quatre satellites espions à la Corée du Sud

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Thales Alenia Space a vendu à la Corée du Sud quatre satellites d'observation radar.
Thales Alenia Space a vendu à la Corée du Sud quatre satellites d'observation radar. (Crédits : Thales Alenia Space)
Cinq ans après avoir lancé sur fonds propres son programme de satellite d'observation radar (Earth-Observer SAR) destiné à l'exportation, Thales Alenia Space a enfin signé son premier contrat.

C'est un très beau coup commercial qu'a réalisé Thales Alenia Space (TAS) en Corée du Sud en vendant quatre satellites d'observation radar pour un montant estimé, selon nos informations, à 250 millions d'euros. D'abord parce qu'il a soufflé le contrat au nez et à la barbe à son meilleur rival Airbus, qui a fait longtemps la course en tête à Séoul. Surtout  parce que TAS Italie vend pour la première fois son petit satellite d'observation radar Earth-Observer SAR (un satellite radar à synthèse d'ouverture pesant 700 kg environ), lancé à Rome mi-2013 sur fonds propres pour le marché export. On pourrait dire enfin... Car un premier contrat pour ce programme était attendu depuis 2016, voire 2015.

Cette constellation sera utilisée par les autorités coréennes pour des "applications de surveillance, d'intelligence et de contrôle de zones d'intérêts spécifiques par l'acquisition d'images haute résolution", a expliqué TAS dans son communiqué. Très clairement, des satellites espions... Expert européen en imagerie radar de haute résolution, la société franco-italienne avait déjà fourni les instruments radar du satellite d'observation sud-coréen Kompsat 5.

Signature de deux contrats

Dans ce cadre, TAS, société conjointe entre Thales 67% et Leonardo 33%, a signé deux contrats, l'un avec la Korean Aerospace Industries (KAI) et l'autre avec Hanwha Systems Corporation (HSC), pour développer une constellation de quatre satellites d'observation radar haute résolution appelée Korea "425 Project" pour le compte de l'agence en charge des programmes de défense en Corée ADD (Agency for Defence Development).

Les deux contrats prévoient une coopération technique entre TAS et les entreprises coréennes, notamment KAI. D'ailleurs, certains savoir-faire requis pour développer des satellites radar à synthèse d'ouverture (SAR) seront transférés progressivement aux entreprises coréennes "avec une implication maximale de leur part dans la production du quatrième satellite de la constellation, leur permettant ainsi de croître de manière significative dans le domaine de la conception et du développement des systèmes d'observation de la Terre", a expliqué TAS dans son communiqué. Ainsi à terme, les sud-coréens deviendront de féroces concurrents aux constructeurs européens.

Héritage de Cosmo-Skymed

Ces satellites sont l'héritage de la maîtrise d'œuvre du système spatial dual italien d'observation radar Cosmo-Skymed, constellation composée de quatre satellites. En 2014, TAS avait obtenu de l'Agence Spatiale Italienne (ASI) une nouvelle tranche du financement pour le programme COSMO-SkyMed nouvelle génération, comprenant deux satellites d'Observation radar de la Terre.

Les sud-Coréens bénéficieront de nouvelles technologies développées par TAS : Dancing Satellite, qui permet au satellite après un "mouvement de déhanché" grâce à un rotor rotatif de se recaler et optimiser la performance de ses sondeurs, et d'une nouvelle antenne d'un diamètre de cinq mètres, qui déploiera dans l'espace ces 24 pétales. L'agilité est, selon TAS "l'atout principal nécessaire pour mener à bien les missions dévolues à cette nouvelle génération de satellites haute résolution".

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Commentaires
a écrit le 09/12/2018 à 22:33 :
Thales Alenia Space est une société franco italienne et les satellites militaires sont italien, développés et construits en Italie.
a écrit le 09/12/2018 à 22:16 :
C'est comme ça que la france récupère les technos US, en achetant des licences ?
On en parle pas beaucoup je trouve, toujours à faire croire qu'on a tout inventé, c'est vrai mais pas les technos, le mythe consistant à le laisser croire ou croitre!
D'ou la présence de l'état au capital, recapitalisation pour acheter les filliales UK/US de thales par exemple. C'est la remise à niveau stratégique perpétuelle.
Avec au bout que des equipements militaires non rentables par definition, on en vend pas assez, alors que les US ont un système intégré université/industrie, la silicon vallée, les Nvidia, intel, qualcomm, altair la liste est interminable !
Ils pensent business avant de penser equipements militaires pour pouvoir se les offrir, et comme leurs industries ont des filliales à taiwan, au japon, coree du sud ils ont des interets à defendre là bas, concrets, sonnant et trebuchant, nous on fait quoi on se bat pour les principes, lesquels ceux qu'on ne s'applique meme pas à nous meme. On suit le grand blanc tel le poisson pilote ?
Ces brillants cerveaux ne serait ils pas mieux occupés à créer des industries en france plutot que des armes toujours depassées au moment de leur IOC de vioc!
Pierre Gilles de gennes invente la physique des crystaux liquides, c'est la corée qui fait des excedents en vendant des écrans plats, quand on pense petit c'est vers le rétrécissement qu'on évolue...
a écrit le 08/12/2018 à 0:43 :
Comment la Corée du Sud peut-elle choisir des satellites militaires français alors que le pays doit sa sécurité a Washington en plus du fait que les satellites américains sont plus perfectionnés et plus performants.
Réponse de le 08/12/2018 à 11:03 :
Pour avoir une indépendance de sécurité nationale et un moyen de contrôle sur les renseignements fournit par ses alliés voyons ! Les SR US ont quelques fois fournit des informations ''biaisés'' à ces ''partenaires'' (Irak...).

Et nous sous estimé pas la technologie spatiale française, les américains ont peut être des satellites plus pointues mais bien plus onéreux :)
Réponse de le 08/12/2018 à 18:11 :
1/ Les satellites sont plutôt italiens puisqu'ils dérivent des cosmos/skymed.
La charge utile a certainement une composante française (TAS toulouse) mais jusqu'où? Sans doute la partie télémesure et le générateur d'impulsions du radar.
2/ Les US n'ont aucun problème de technologie sur le sujet, mais leur politique est de ne pas diffuser celle-ci en matière de SAR.
3/ Le fameux 'rotor rotatif' est certainement un actionneur gyroscopique ou quelque chose d'équivalent.
Réponse de le 08/12/2018 à 21:31 :
La société Thales Alenia Space (TAS) est franco italienne et
ce satellite militaire est italien construit en Italie.
a écrit le 07/12/2018 à 19:46 :
Et toujours !!!!! du TRANSFERT DE TECHNOLOGIE, Et qui se frotte les mains pour longtemps ?
Réponse de le 08/12/2018 à 11:06 :
La Corée du Sud est une grande puissance technologique, mais au niveau spatial, elle est en retard par sa voisine du Nord, son propre lanceur n''a volé qu'une seule fois avec des moteurs russes. Et pendant que l'on gagne de l'argent à exporter cette technologie mise sur pied au début de la décennie, on s'attelle à la nouvelle génération.
Réponse de le 08/12/2018 à 12:57 :
A Anna.
Le transfert de technologie fait partie integrante d'un contrat aujourd'hui.
Meme si cela vous defrise, c'est une condition d'achat.
Si vous refusez de vendre avec cette option, l'acheteur va voir ailleurs.
La Coree est un pays tres developpe. Le saviez-vous ?
a écrit le 07/12/2018 à 11:52 :
Un acheté toute la technologie transférée, c'est super rentable cette histoire...

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