C'était une finale de Ligue des champions à ne pas perdre ; Naval Group l'a gagnée en dépit de vents contraires. Le groupe naval tricolore s'est imposé, certes au forceps, aux Pays-Bas grâce à sa nouvelle arme commerciale décisive, le sous-marin expéditionnaire Barracuda, face à ses deux concurrents les plus redoutables du moment - le duo suédois-néerlandais Kockums/Damen et surtout l'allemand ThyssenKrupps Marine Systems -TKMS) - en attendant l'émergence de rivaux sud-coréens plus agressifs sur le plan financier. A cet égard, la campagne en Pologne, qui veut acheter trois sous-marins, risque d'être très instructive avec cette nouvelle concurrence sud-coréenne (Hanwha et Hyundaï).
Pour l'heure, Naval Group sable une nouvelle fois le champagne aux Pays-Bas après avoir déjà récemment terrassé ses concurrents européens en Inde et en Indonésie. En dépit d'un changement de gouvernement et d'un recours de TKMS, les Pays-Bas n'ont pas changé de cap. Le nouveau gouvernement a pris conscience qu'ils ont obtenu avec Naval Group « des sous-marins ultramodernes ». « Cela nous permettra de servir au maximum les intérêts de sécurité néerlandais et ceux de l'OTAN et de l'Europe », a d'ailleurs estimé lundi le secrétaire d'État à la Défense, Gijs Tuinman. Actuellement, Naval Group entretient une belle dynamique commerciale dans le domaine des sous-marins. Pourquoi ? Le sous-marin Barracuda est un bâtiment où le niveau d'innovations a permis à Naval Group d'être plus attractif que la concurrence.
Aux Pays-Bas, la carte de l'innovation jouée par Naval Group a été décisive. Notamment concernant les batteries. Le groupe naval a travaillé avec Saft, filiale de TotalEnergie, pour développer une nouvelle génération de batteries lithium-ion hyper sécurisée destinées aux sous-marins. Des batteries qui permettent des missions de plus de 70 jours. Le sous-marin Barracuda émerge environ tous les dix jours pour recharger très rapidement ses diesels. Au final, il passe plus de 90% de sa mission en plongée. Idéal pour les marines qui veulent privilégier des missions océaniques à l'image de celle des Pays-Bas. Pour effectuer de telles missions, il faut des sous-marins qui vont très loin et qui restent longtemps en immersion. Ce qui n'est pas le cas de celles dotées de sous-marins dits côtiers équipés d'un AIP (Air Independant Propulsion), et donc cantonnés à des missions de protection du littoral.