Tensions entre les deux Corées : Washington prêt à armer Séoul
latribune.fr
Les avions d'alerte et de contrôle permettraient à Séoul de détecter notamment les missiles plus rapidement et à de plus grandes distances (Photo d'illustration).
Les États-Unis ont proposé à la Corée du Sud de lui vendre pour près de 5 milliards de dollars de matériel et systèmes d'alerte et contrôle aériens, dont quatre avions.
Washington a approuvé le principe d'une vente à la Corée du Sud. Au menu, quatre avions E-7 Airborne Early Warning & Control (AEW&C), dix moteurs d'avions et d'autres systèmes et éléments de soutien. Le tout pour un coût estimé à 4,92 milliards de dollars, a indiqué le département d'État américain lundi.
« La vente proposée améliorera la capacité de la République de Corée à faire face aux menaces actuelles et futures en fournissant des capacités accrues de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) et d'alerte et de contrôle aéroportés », a précisé le département d'Etat dans un communiqué.
Elle « augmentera également l'interopérabilité de l'armée de l'air de la République de Corée avec les Etats-Unis en matière de commandement, de contrôle, de communications, d'informatique, de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (C4ISR) », selon le communiqué.
Les avions d'alerte et de contrôle, connus sous le nom de Wedgetails, permettraient à la Corée du Sud de détecter notamment les missiles plus rapidement et à de plus grandes distances qu'avec les systèmes radar basés au sol.
L'administration sud-coréenne chargée du programme d'acquisition de défense n'a pas commenté ce feu vert américain. Selon des sources proches de cette agence, l'américain Boeing fait partie des nombreuses entreprises envisagées pour le projet d'avion d'alerte avancée aéroportée de Séoul.
Cette annonce intervient alors que, selon l'armée sud-coréenne, la Corée du Nord a tiré tôt ce mardi une salve de missiles balistiques à courte portée, à quelques heures de l'élection présidentielle américaine. Le tir de « plusieurs missiles balistiques à courte portée » vers les eaux situées à l'est de la péninsule coréenne a été détecté vers 7h30 mardi (22h30 GMT lundi), a déclaré l'état-major interarmées sud-coréen.
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« En prévision de nouveaux lancements, nos forces armées ont renforcé leur surveillance et leur vigilance », a ajouté l'état-major, indiquant qu'il partageait des informations avec Tokyo et Washington.
Le Premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, a confirmé auprès de journalistes à Tokyo le lancement de « plusieurs missiles balistiques », dont « on estime qu'ils sont tombés à l'extérieur » de la zone économique exclusive (ZEE) japonaise.
Ce tir a eu lieu quelques heures seulement après que les ministres de la Défense des Etats-Unis et de la Corée du Sud ont appelé Pyongyang à retirer ses troupes de Russie, où, selon Washington, environ 10.000 soldats ont été déployés en vue d'une éventuelle action contre les forces ukrainiennes, en guerre face à l'armée russe depuis 2022.
Jeudi, la Corée du Nord, dotée de l'arme nucléaire, avait testé ce qu'elle a affirmé être son nouveau missile balistique intercontinental (ICBM) à combustible solide, le plus avancé de son arsenal. Il s'agissait de la première démonstration de force du pouvoir nord-coréen depuis qu'il a été accusé d'avoir envoyé des milliers de soldats en Russie.
Dimanche, la Corée du Sud, le Japon et les Etats-Unis ont procédé à un exercice aérien conjoint impliquant un bombardier lourd en réponse au lancement de l'ICBM. L'exercice a mobilisé le bombardier américain B-1B, des chasseurs sud-coréens F-15K et KF-16 ainsi que des chasseurs japonais F-2.