Plus de deux mois que l'exportation des systèmes d'armes tricolore est à l'arrêt, ou à défaut énormément limitée par la crise sanitaire. Plus de salons d'armement, pas ou peu de réunions entre clients et vendeurs à très haut niveau et très peu de déplacements. Résultat la dynamique commerciale semble rompue pour les industriels français en Europe et dans le grand export. Dans ce contexte inédit, la Direction générale de l'armement (DGA) a pris contact avec l'ensemble des clients des industriels français pour appuyer la demande des industriels, qui ont été contraints d'invoquer la clause de force majeure prévue dans les contrats vis-à-vis de leurs clients en raison des arrêts de production (arrêt, retard, livraison non effectuées...).
Dans ce contexte, le soutien a l'exportation est encore plus fondamental que d'habitude. Ainsi, la DGA a apporté son soutien à l'ensemble des industriels dans ce cas précis en envoyant "120 courriers pour soutenir cette démarche vers l'ensemble des pays clients de ces fournitures industrielles et avec qui nous avons des relations directes", a indiqué fin avril devant les députés le Délégué général pour l'armement, Joël Barre. Point positif, la France, qui reste en contact avec ces pays, n'a pas "à ce jour identifié de réaction négative", affirme le patron de la DGA. Et de préciser qu'ils sont "également touchés et comprennent parfaitement la difficulté de la situation". La DGA a reçu de leur part "des retours compréhensifs". Mais y aura-t-il un impact juridique en raison de contentieux liés aux interprétations de cas de force majeure ? A suivre.
"Nous continuons le dialogue, très actif mais à distance. Évidemment nous avons le soutien de la DGA par sa direction industrielle, qui est la voix de l'État dans nos partenariats dans les pays étrangers", a souligné le 23 avril le président du GICAT (armement terrestre) Stéphane Mayer, qui est également le PDG de Nexter lors d'une audition commune avec le président du GIFAS, Eric Trappier (Dassault Aviation), et le président du GICAN, Hervé Guillou.