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La "taxe soda" élargie aux édulcorants déclenche une bataille entre industriels

Sophie Lecluse

Publié le 13 octobre 2011 à 06:41

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Coca, Pepsi et Orangina oeuvrent les uns contre les autres auprès des parlementaires pour obtenir un avantage concurrentiel. Un premier round a été gagné ce mercredi par les tenants de l'inclusion des boissons "light" dans la mesure. C'est au final le consommateur qui risque de trinquer.

Les députés en rajoutent une louche. Depuis ce mercredi soir, ce ne sont plus seulement les colas, nectars et autres boissons enrichies en sucre qui subiront une nouvelle taxe gouvernementale. Les versions "light", dans lesquelles les édulcorants remplacent le sucre, entrent à leur tour dans la danse. Après un doublement de la taxe initiale annoncé par le gouvernement la semaine dernière (le droit d'accise par hectolitre passe de 0,54 euros à 7,16 euros et non plus 3,58), il y a de quoi rendre fous les fabricants industriels. Enfin, certains plus que d'autres.

Dans un premier temps, tous sont restés étrangement muets, laissant l'Association nationale de l'industrie agroalimentaire monter au créneau . "Cette taxe est insupportable, nous tentons de la contester auprès de Bruxelles", explique à La Tribune son président, Jean-René Buisson.

Pourtant, derrière cette unité de façade, chaque fabricant a sorti ses lobbyistes afin de défendre sa propre chapelle et d'obtenir, à travers cet impôt, des avantages concurrentiels sur ses camarades. Orangina doit aujourd'hui crier victoire. Constatant que la taxe s'appliquait sur 90% de ses boissons contre 60% pour Coca-Cola sauvé par ses versions light à l'aspartame, le groupe a oeuvré pour que les boissons contenant des édulcorants soient elles aussi concernées. Bingo. Son plus gros concurrent allonge sa facture à plus de 100 millions d'euros. Orangina, qui a baissé ses taux de sucre de 13% en deux ans, sur Oasis par exemple, réclame aussi que la taxe soit moins forte pour les boissons à base de fruits.

Efforts sur les recettes

De son côté, PepsiCo, bien moins fort que Coca dans les sodas en France, était dans un premier temps satisfait de voir son concurrent fortement touché par la taxe. Il tente cependant d'éviter la double peine à sa propre marque Lipton Ice Tea en réclamant une taxe divisée par deux sur les boissons contenant moins de 8 grammes de sucre par litre. Selon lui, les fabricants faisant de gros efforts pour reformuler leurs recettes seraient ainsi récompensés.

Enfin Coca-Cola, qui pèse plus de la moitié du marché à lui seul, est le grand perdant mais se fait discret afin de ne pas réitérer son couac de communication du 8 septembre. Face à la première salve de taxe, les équipes de la filiale française avaient menacé de geler 17 millions d'investissement dans l'Hexagone, avant d'être désavouées par leurs supérieurs européens devant la levée de bouclier politique. Au passage, la directrice des affaires publiques, Khristelle Robic, a été limogée sur le coup, même si elle est officiellement en arrêt maladie. Cette sortie malencontreuse de Coca serait, selon ses concurrents, en partie responsable de la décision de la ministre du budget, Valérie Pécresse, de doubler la taxe. Depuis, tous sont muets de peur de déclencher une nouvelle ire gouvernementale.

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"Nous ne faisons plus aucun commentaire", déclament-ils en coeur. Ils ne sont pourtant pas les plus à plaindre. Les groupes fabricants pour les marques de distributeur, comme Refresco et Laiterie Saint Denis de l'Hotel (LSDH), verront le surcoût par bouteille grimper de 20%, contre 7% à 8% pour les grandes marques. "La taxe, hors édulcorant, nous coûtera 25 millions d'euros, soit trois fois notre résultat opérationnel de l'an dernier", s'énerve le président de LSDH, Emmanuel Vasseneix. "Les politiques ont pris les Américains pour cible sans voir les conséquences sur l'emploi français", ajoute Vincent Delozière, PDG de Refresco. Au final, ce sera le consommateur français qui trinquera le plus.

Sophie Lecluse

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