Hédiard passe sous pavillon autrichien

Le tribunal de commerce de Paris a opté jeudi pour le plan de continuation présenté par l'autrichien Do&Co pour l'épicerie fine spécialisée en gastronomie de luxe, placé en redressement judiciaire en octobre 2013.
Hédiard, qui perd de l'argent depuis plus d'une décennie, a réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de 17 millions d'euros et a subi une perte de près de 11 millions d'euros. /Reuters
Hédiard, qui perd de l'argent depuis plus d'une décennie, a réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de 17 millions d'euros et a subi une perte de près de 11 millions d'euros. /Reuters

Le tribunal de commerce de Paris a validé jeudi la reprise de l'épicerie fine de luxe, en redressement judiciaire depuis octobre, par le groupe de restauration autrichien Do & Co, selon un jugement consulté par l'AFP. Celui-ci rappelle qu'Hédiard, qui perd de l'argent depuis plus d'une décennie, a réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de 17 millions d'euros et a subi une perte de près de 11 millions d'euros.

Deux offres de reprise étaient donc en lice dont celle de Do & Co qui avait fait le choix de présenter in extremis un plan de continuation en s'alliant à l'actuel propriétaire russe, Sergueï Pougatchev.

Contrer l'offre suisse...

Le groupe autrichien proposait de reprendre seulement 100 salariés sur les 134 de la maison créée en 1854. Son offre se montait à 17 millions d'euros, dont la reprise du passif et six millions d'euros pour rénover la boutique historique de la place de La Madeleine, dans le quartier des grands magasins parisiens.

En s'associant avec Sergueï Pougatchev, Do & Co avait pour objectif de contrer l'offre mieux-disante du fonds d'investissement helvète Ledunfly de la milliardaire suisse Dona Bertarelli, désireux de conserver l'ensemble des salariés d'Hédiard. Celle-ci, qui prenait la forme d'un plan de cession, n'avait pas légalement la prééminence par rapport à celle de l'Autrichien.

Le jugement indique :

"Certes, la dimension sociale de cette offre est inférieure à celle présentée par Ledunfly, mais apparaît au tribunal plus réaliste au regard du réseau de magasins restant en exploitation après les cessions intervenues pendant la période d'observation."

Le tribunal a donc autorisé le licenciement de 34 salariés dans un délai d'un mois.

...qui avait la préférence des salariés

De leur côté les salariés avaient indiqué leur préférence pour l'offre de Ledunfly, leurs inquiétudes se portant notamment sur le rôle qu'aurait éventuellement conservé Sergueï Pougatchev dans l'entreprise, mais ce dernier ne sera plus présent, ayant cédé l'ensemble du capital à Do & Co.

Ce mode de reprise en plan de continuation lui permet néanmoins de se débarrasser intégralement du passif résiduel, d'un montant de 9,3 millions d'euros, lui qui a injecté plus de 100 millions d'euros dans Hédiard depuis sa prise de contrôle en 2007.

Présent dans l'hôtellerie, l'événementiel, le ferroviaire et l'aérien, Do & Co était soupçonné par certains salariés d'être seulement intéressé par la perspective de décrocher, grâce à la marque Hédiard, le contrat de restauration de l'Euro 2016 de football en France, après avoir déjà obtenu celui de l'édition précédente.

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Commentaire 1
à écrit le 27/06/2014 à 12:19
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Et la nave "made in France" va....

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