« Une nouvelle ambition pour l'agriculture française » et européenne « d'ici 2050, soit à l'échelle d'une génération ». C'est ce que prônent les Jeunes Agriculteurs qui, entre le 4 et le 6 juin, se sont réunis en congrès annuel dans la Vienne.
Pendant une journée entière, le syndicat agricole, majoritaire dans les Chambres d'agriculture avec son allié aîné, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (Fnsea), a discuté de son Rapport d'orientation 2024, définissant sa vision et fixant ses priorités pour les années à venir. Il y appelle à un travail de fond et de longue haleine, visant l'élaboration du « nouveau modèle agricole » qui, à ses yeux, fait défaut depuis la réforme de la politique agricole commune (PAC) de l'Union européenne en 1992.
En reconnaissant la nécessité de « choix stratégiques » face notamment au défi du changement climatique, les Jeunes Agriculteurs se montrent prêts à s'attaquer à des chantiers structurels. Leur proposition phare est en effet le lancement d'« une véritable planification agricole », qui « prendra la forme d'un plan d'avenir agricole établi pour 5 ans », et dont la ligne de mire finale serait la souveraineté agricole et alimentaire française -désormais définie dans le projet de loi d'orientation agricole approuvé par l'Assemblée nationale et mai et examiné en juin par le Sénat.
« Le nombre de fermes (fixé par le projet de loi d'orientation agricole à au moins 400.000 en 2035, ndlr) ne veut rien dire. La question à se poser est celle de la rentabilité. Il faut oser affirmer des modèles qui soient l'avenir de l'agriculture »,a remarqué Arnaud Gaillot, président des Jeunes Agriculteurs jusqu'à l'élection de son successeur, Pierrick Horel, jeudi matin.
L'idée du syndicat est de définir des objectifs quantitatifs et qualitatifs de production nationale, et de les détailler ensuite par filières et zones géographiques en fonction des défis traversés par chacune d'entre elles et des investissements matériels nécessaires. Le syndicat voudrait que cette planification soit ensuite mise en œuvre par des outils incitatifs : notamment des « contrats d'avenir agricole » conclus entre les exploitations, les pouvoirs publics et les filières, conditionnant l'accès à des aides spécifiques.