Bio C'Bon : des investisseurs particuliers envisagent de porter l'affaire au pénal

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(Crédits : Reuters)
Des épargnants avaient misé entre 20.000 et 200.000 euros dans le développement de l'enseigne Bio C'Bon. Avec son placement en redressement judiciaire, ces investisseurs craignent de ne jamais retrouver leur mise. Certains se sont rassemblés dans l'association "C'Pabon", qui envisage une mise en cause au pénal des concepteurs de l'investissement.

Trouver "des pistes d'indemnisation": des investisseurs particuliers, qui avaient misé entre 20.000 et 200.000 euros dans le développement de l'enseigne Bio C'Bon, se rassemblent dans une association "C'Pabon" qui envisage désormais de porter l'affaire au pénal, a appris samedi l'AFP auprès d'avocats de plusieurs investisseurs.

La structure financière de Bio C'Bon était particulière. Une foncière, Marne & Finance, dont le président Thierry Chouraqui est aussi à la tête de Bio C'Bon, permettait à des particuliers d'investir dans les magasins ou les locaux commerciaux de Bio C'Bon. Un autre produit financier, BCBB, proposait aux investisseurs de soutenir le développement de la chaîne.

Un préjudice estimé à 114 millions d'euros

Or, la situation du groupe, placé en redressement judiciaire en septembre, a fait craindre aux quelques 2.800 investisseurs particuliers de ne pas retrouver leur mise. Un premier collectif, Adibio, avait estimé le préjudice total à quelques 114 millions d'euros au total.

Si ce dernier demandait un geste aux repreneurs potentiels de l'enseigne, que le tribunal de commerce choisira lundi, l'association "C'Pabon" (cpabon.fr) entend elle réfléchir à d'autres "pistes d'indemnisation", explique à l'AFP Dimitri Pincent, avocat d'investisseurs particuliers contribuant à la structuration de l'association. A ses yeux, la procédure de reprise "ne peut pas apporter grand chose aux investisseurs".

En revanche, l'association doit permettre aux investisseurs le souhaitant de "s'organiser pour des actions d'intérêt commun". "Dans ce type d'affaires, il y a généralement des soupçons en termes de pratique commerciale trompeuse", selon M. Pincent, qui envisage notamment une "mise en cause au pénal des concepteurs de l'investissement" car "on pense que c'est assez utile, dans ce type de dossier, qu'il y ait une enquête judiciaire".

Les investisseurs ont-ils été suffisamment informés ?

En outre, un autre volet d'indemnisation "qui se cumule" avec le premier se ferait "au cas par cas" pour savoir si les investisseurs avaient suffisamment été informés, notamment par leurs conseillers en investissements financiers (CIF). Il s'agirait d'une action civile en responsabilité contractuelle.

Dans l'immédiat, explique cet avocat, les investisseurs doivent impérativement déclarer leurs créances auprès des mandataires judiciaires de Bio C'Bon, Valérie Leloup-Thomas et Christophe Basse, avant le 18 novembre.

Avec l'avocat Philippe Julien, Dimitri Pincent avait notamment défendu des milliers d'épargnants qui avaient investi dans des manuscrits surévalués dans le cadre du scandale Aristophil. Bertrand Jardel, également mobilisé sur le dossier Bio C'Bon, défendait les intérêts de parties civiles dans l'affaire dite des prêts toxiques de la filiale crédit de BNP Paribas.

Sollicités par l'AFP, Thierry Chouraqui et Bio C'Bon n'ont pas souhaité réagir.

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Commentaires
a écrit le 03/11/2020 à 0:12 :
Quid des 3000 petits investisseurs? Peu de chances qu'ils soient récompensés de leurs efforts financiers. Une association de défense des petits investisseurs existe comme biodefense.webnode.fr
a écrit le 02/11/2020 à 23:30 :
Il y a peu de chances que les 2800 ou 3000 investisseurs soient récompensés de leurs efforts financiers. Une autre association de défense des petits investisseurs existe avec des axes de défense différents de cpabon. Plus d'informations sur biodefense.webnode.fr
a écrit le 02/11/2020 à 10:30 :
Marrant ces investisseurs particuliers qui veulent gagner toujours plus sans risque, ce sont les joies du capitalisme,il faut assumer !
a écrit le 02/11/2020 à 2:48 :
Croire une seconde que ceux qui ont joue, vont recuperer leur mise est illusoire.
Ils ont ete blouses depuis le debut. Le gout du lucre a un prix.
a écrit le 02/11/2020 à 0:54 :
Quelque soit l'issue judiciaire de reprise, ils ont tout perdu, c'est certain. Seule compensation morale : faire condamner les fondateurs. Le bio c'est de l'arnaque au départ, l'issue est morale l'arnaqueur arnaqué
a écrit le 01/11/2020 à 15:59 :
Ils ont mal lu : c'était Bio c'est Con.
Un investissement comporte des risques.
Ne me faites pas croire qu'il n'y en avait pas !
a écrit le 01/11/2020 à 10:54 :
Tout ce qui touche l'alimentaire marchand est lié à l'agro-industrie, on peut s'attendre à cette plus grande organisation criminelle mondiale de répandre son obscurantisme partout en utilisant toutes les ruses, tous les subterfuges, toutes les fraudes possibles et imaginables..
a écrit le 01/11/2020 à 10:12 :
C'est le jeu, ma pauvre lucette. Ils ont parié, ils ont perdu. S'ils avaient de l'argent de côté, pourquoi ne l'ont-ils pas gardé, tout simplement ?
a écrit le 31/10/2020 à 17:56 :
Beaucoup de naïveté de la part de ses investisseurs alors que le fondateur de Bio C'Bon est un personnage notoirement douteux.
a écrit le 31/10/2020 à 17:13 :
L'investissement dans une entreprise comporte une part de risque.
Aveuglés par l'appât du gain ou escroqués pas défaut d'information?

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