Bio c'Bon était aussi un investissement pour des particuliers militants
Corentin Dautreppe, AFP

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Reuters
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Il se prénomme Jean-Jacques, exerce une profession libérale, mais ne souhaite pas être identifié autrement. Il y a quatre ans, il a investi 20.000 euros dans un produit financier Bio c'Bon.
Bio c'Bon, qui n'a pas souhaité faire de commentaire à ce sujet mardi, avait dans une communication précédente fait remonter ses difficultés à une période "pleine de défis" fin 2019-début 2020: "mouvements sociaux qui ont significativement affecté les centres-villes où nos magasins sont majoritairement installés", "accroissement de la concurrence de la grande distribution", épidémie de coronavirus.
L'entreprise a été placée en redressement judiciaire début septembre, dans l'attente d'un éventuel repreneur. Or, avertit l'avocat Antoine Germain, les quelque 2.800 investisseurs particuliers qu'il a recensés et qui se regroupent au sein de l'Association de défense des investisseurs de Bio c'Bon (ADIBIO), ne veulent pas être "les dindons de la farce" lors du changement de mains de l'enseigne.
Évaluant à environ 114 millions d'euros le préjudice global, "avec les intérêts", l'avocat, qui s'était déjà exprimé lundi soir auprès du quotidien Le Figaro, explique encore que ces investisseurs souhaiteraient "que le repreneur intègre dans son offre de reprise leurs intérêts en leur proposant par exemple d'entrer au capital du véhicule d'acquisition de Bio c'Bon".
Parmi les noms des repreneurs évoqués ces dernières semaines figurent Carrefour et Casino, le spécialiste Biocoop ou encore le groupe familial Zouari, actionnaire de référence de l'enseigne de surgelés Picard.
La situation de Bio c'Bon n'est en tout cas pas commune. En 2018, le magazine spécialisé LSA avait détaillé un montage financier proposé par l'actionnaire fondateur du groupe, Marne & Finance, dont le président Thierry Chouraqui est aussi à la tête de Bio C'Bon, permettant à des particuliers d'investir dans les magasins ou les locaux commerciaux de Bio c'Bon.
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Cela avait fait s'interroger certains conseillers en investissement financier: "quand plus de quatre de nos membres nous interrogent sur un montage et que nous ne parvenons pas à trouver une explication juridique claire et certaine quant au cadre et aux modalités de conseil ou intermédiation à appliquer, nous interrogeons la marque, échangeons publiquement avec elle et interrogeons l'Autorité des marchés financiers (AMF)", explique à l'AFP le président de l'Anacofi (association professionnelle des entreprises de courtage et conseil en banque, finance et assurance), David Charlet.
En réponse, l'AMF a dans un premier temps alerté les conseillers en investissements financiers sur "les risques encourus" à poursuivre la commercialisation de ces offres "sans s'être assurés que leurs clients sont suffisamment avertis" des risques, avant d'estimer dans un second temps qu'il n'y avait "pas lieu de notifier de griefs" et décidé de "ne pas ouvrir de procédure de sanction à l'encontre de Marne & Finance ou de ses dirigeants".
Cette décision "a mis fin aux débats", explique encore David Charlet.
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Jean-Jacques, lui, reconnaît avoir "pris son risque" avec cet investissement. Mais il estime important de "rassembler les investisseurs privés pour faire en sorte que leurs intérêts soient défendus".
Corentin Dautreppe, AFP
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