Le syndicat majoritaire, la FNSEA, espère toujours que le président de la République prendra explicitement la parole sur le volet alimentaire de la souveraineté européenne.Leurs élections professionnelles et le Salon international de l'agriculture terminés, les agriculteurs ne veulent pas que leurs revendications soient oubliées. « Sur le plan gouvernemental, le volet agricole est un peu en train de se refermer », s'est alarmé ce mardi Arnaud Rousseau, président du syndicat agricole majoritaire, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles).
Pourtant, « le questionnement agricole demeure », poursuit-il, ainsi que l'urgence d'y répondre : « Dans un contexte où on est en train de perdre notre appareil productif (...) on ne peut pas attendre la prochaine présidentielle », a-t-il plaidé lors d'une conférence de presse consacré au prochain congrès de la FNSEA qui se tiendra du 25 au 27 mars.
« Encore des résultats à aller chercher »
Pendant un an, après les manifestations de colère des agriculteurs de janvier et février 2024, et jusqu'au dernier Salon de l'agriculture, qui s'est clôturé le 2 mars, le secteur agricole a en effet bénéficié d'une attention politique inédite, et a réussi à obtenir des concessions inespérées. Les élections professionnelles de janvier 2025 poussaient les syndicats agricoles, notamment la FNSEA et son principal rival la Coordination rurale, à rivaliser en revendications et en manifestations, censées répondre aux insatisfaction de leur base. La pression exercée sur les pouvoirs publics état au sommet.
Maintenant que « les exécutifs sont en place dans tous les départements et les régions » (le seul à devoir encore être élu - ce mercredi - étant celui des Chambres d'agriculture nationales), les agriculteurs craignent que le dynamisme s'arrête. Pour la FNSEA, qui suite aux dernières élections a perdu 19 chambres en métropole et quelque 700.000 euros par an de financements, l'enjeu est aussi de démontrer la persistance de son pouvoir et de son efficacité.
« Il y a encore des résultats à aller chercher, qui ne sont pas arrivés dans les cours des fermes », a insisté Arnaud Rousseau. « Pour nous, ces élections de chambres ne sont pas un aboutissement, mais un commencement », a-t-il souligné.