Élections agricoles : les bonnets jaunes de la Coordination rurale bousculent la FNSEA
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Dans son fief du Lot-et-Garonne, la Coordination rurale triomphe avec près de 70 % des voix parmi les chefs d'exploitaiton.
Stephane Mahe
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Dans son fief du Lot-et-Garonne, la Coordination rurale triomphe avec près de 70 % des voix parmi les chefs d'exploitaiton.
Stephane Mahe
Une « victoire historique ». À la suite de l'annonce des résultats provisoires des élections aux chambres d'agriculture, les « bonnets jaunes » de la Coordination rurale (CR) se sont félicités dans un communiqué de leur percée. Ils ont remporté une majorité des voix parmi les chefs d'exploitation dans 14 départements, dont le Cher, les Ardennes, la Lozère, la Charente, l'Indre-et-Loire et le Gers. Dans son fief du Lot-et-Garonne, la CR triomphe avec près de 70 %.
En glanant une majorité des chambres départementales en Nouvelle-Aquitaine, la CR pourrait ravir la chambre régionale en mars : ce serait la première en France à échapper au couple FNSEA-JA. Adeptes des opérations coup de poing, les bonnets jaunes avaient dénoncé sans relâche le syndicat majoritaire Porteurs d'un discours anti-normes et réclamant la suppression de l'Office français de la biodiversité, ils espéraient remporter 10 à 15 chambres.
Avec des « listes arrivées en tête dans plus de 80 % des départements », l'alliance FNSEA-JA reste « la première force syndicale du monde agricole », a souligné, lors d'une conférence de presse, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau. Mais la victoire est « sans aucun triomphalisme », a-t-il ajouté, prenant acte du « basculement d'une quinzaine de chambres d'agriculture ». À ses côtés, le président des JA, Pierrick Horel, a renchéri, estimant que les résultats du scrutin montraient une opposition entre « un syndicalisme de projet » et « l'expression d'une frustration », tout en s'engageant à travailler sans relâche en faveur de l'installation de nouveaux agriculteurs en France.
En Gironde, où la CR revendique la victoire avec six voix d'écart devant la liste FNSEA-JA, le président de la FDSEA, Jean-Samuel Eynard, accusait le coup : « Les agriculteurs de Gironde ont fait leur choix... Nous avons trois élus », contre 12 à la CR du fait du mode de scrutin favorisant la liste arrivée en tête. La FNSEA a vu s'exprimer un « vote de la colère » qui « a prospéré sur les promesses non tenues depuis près d'un an par les pouvoirs publics, alimentant ainsi un sentiment d'abandon », a ajouté Arnaud Rousseau. L'alliance a conforté son ancrage dans ses fiefs historiques du nord du pays, de Bretagne et du sud-est, perdant du terrain dans des départements qualifiés d'« intermédiaires », durement frappés par la crise des derniers mois.
En Haute-Garonne, c'est la liste indépendante soutenue par Jérôme Bayle, figure du mouvement de protestation des agriculteurs début 2024, qui s'est imposée devant l'alliance majoritaire sortante. « Le monde agricole a besoin de changement. On veut casser le système. Il y a une fracture entre le terrain et le syndicalisme. Nous sommes une région oubliée, on ne se sentait plus représentés », a déclaré à l'AFP Jérôme Bayle, éleveur dans ce département durement frappé par la sécheresse et les maladies animales.
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La Confédération paysanne, syndicat qui plaide pour une « réelle transition agroécologique », devrait s'imposer en Ardèche, selon les résultats provisoires publiés par les chambres. Avec 20 % des voix, la Confédération paysanne n'en avait qu'une, Mayotte, qu'elle conserve pour le moment, le scrutin y ayant été reporté après le cyclone Chido.
Quelque 2,2 millions d'électeurs, dont près de 400 000 chefs d'exploitation mais aussi des retraités, salariés ou propriétaires fonciers, étaient appelés à élire leurs représentants — par voie électronique ou postale — du 15 au 31 janvier. Les opérations de dépouillement ont eu lieu jeudi dans la plupart des départements.
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Le ministère de l'Agriculture communiquera des résultats une fois l'ensemble des résultats départementaux proclamés. Dans la dernière ligne droite de la campagne, les syndicats ont tous dénoncé des « dysfonctionnements » voire des « irrégularités », laissant présager de nombreux recours. La campagne a été rude, de l'avis de tous. Acteurs clés, les chambres d'agriculture sont des établissements publics qui conseillent et offrent des prestations aux exploitants, tout en représentant les intérêts agricoles auprès des pouvoirs publics.
(Avec AFP)
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