Agriculture : Bayrou donne des gages aux syndicats

Le premier ministre a toutefois défini la transition écologique de « priorité », « ardente obligation qui doit être poursuivie et amplifiée ».
Reuters

Le premier ministre a toutefois défini la transition écologique de « priorité », « ardente obligation qui doit être poursuivie et amplifiée ».
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Comme la plupart des représentants des syndicats agricoles l'avaient fait remarquer lundi à la sortie de leurs rendez-vous avec le Premier ministre, il était improbable, et aurait été mal accueilli, que François Bayrou ne s'engage pas, lors de son discours de politique générale, vis-à-vis des agriculteurs. Pour rappel, ces derniers manifestent leur colère depuis un an. Le nouveau locataire de Matignon a finalement consacré un volet entier des « grandes politiques » visant à « refonder » le pays, et notamment à « retrouver la production ».
Le Premier ministre a surtout, très précisément, répondu à la Coordination rurale. La veille, le syndicat avait réclamé deux mesures immédiates : une égalité des normes au niveau européen et un « arrêt des contrôles des exploitations au profit des contrôles des produits d'importation ». Pour rappel, le deuxième syndicat agricole, classé à droite, et coutumier des actions coup de poing, avait laissé planer le risque d'une reprise des manifestations, après un premier « avertissement » lancé en janvier - sans grand succès pourtant.
François Bayrou a ainsi pointé du doigt les « inspecteurs de la biodiversité », venant « inspecter les fossés ou les points d'eau avec une arme à la ceinture dans une ferme déjà mise à cran par la crise ». Il s'agit des agents de l'Office français de la biodiversité (OFB), mis en cause aussi par les syndicats agricoles majoritaires, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, et ciblés par plusieurs actions agricoles.
« Nous sommes les boucs émissaires de certains syndicats agricoles », avait d'ailleurs déploré le 4 décembre le directeur de l'OFB, Olivier Thibault, devant le Sénat. La veille de la censure du gouvernement Barnier, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, avait pour sa part déjà signé une circulaire : elle prévoyait alors « de manière immédiate le port d'armes discret par les agents de l'OFB ».
« Ceux que l'on contrôle doivent avoir leur mot à dire sur les contrôles - et s'il faut des remises en cause, nous les conduirons avec eux dans un temps bref », a promis François Bayrou, en s'engageant, sans plus d'explications, « à remettre en question nos pyramides de normes en donnant l'initiative aux usagers ». Non sans contradiction, il a défini la transition écologique de « priorité », « ardente obligation qui doit être poursuivie et amplifiée ».
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François Bayrou a également évoqué l'enjeu des normes de production imposées aux agriculteurs français, mais épargnées à leurs concurrents de l'Union européenne ou de pays tiers. « Ceci est inacceptable », a commenté le Premier ministre, sans annonce concrètes toutefois.
Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre a également confirmé la tenue de conférences sur l'eau - déjà annoncées par Michel Barnier -, « au plan national et régional, pour définir une stratégie à long terme », en insistant - là encore, sans plus de précisions - sur son souhait de distinguer « entre la gestion de l'eau de surface » et le « pompage des nappes profondes ».
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« Toutes ces questions seront traitées dans la loi d'orientation agricole », qui doit être examinée par le Sénat en février, a-t-il assuré. Le Premier ministre n'a en revanche pas explicitement mentionné la première préoccupation immédiate de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs : le maintien dans le projet de loi de finances des mesures favorables aux agriculteurs, annoncées par Michel Barnier. Or, il est question de près de 500 millions d'euros d'allègements fiscaux et de charges ou encore des retraites. Il s'était néanmoins engagé hier devant les syndicats à les entériner.