Face aux aléas, la coopérative Agrial redéfinit ses priorités
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Fort de 17 500 salariés, le groupe Agrial gère un portefeuille d’une soixantaine de marques depuis son siège de Caen.
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Fort de 17 500 salariés, le groupe Agrial gère un portefeuille d’une soixantaine de marques depuis son siège de Caen.
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Ses comptes ont été approuvés début juin par ses 12 500 agriculteurs adhérents. Avec un chiffre d'affaires stable à un peu plus de 7 milliards et un excédent brut d'exploitation de 272 millions d'euros, le meilleur qu'il ait jamais connu, le puissant groupe Agrial a tenu son rang en 2024. Mais les années à venir s'annoncent plus à risques.
Connue pour ses marques Soignon, Florette, Loïc Raison ou Breizh Cola, la coopérative normande qui se flatte de toucher « 6 millions de consommateurs », sait qu'elle va devoir affronter son lot de turbulences. À commencer par le dérèglement climatique de plus en plus patent.
Comme l'a montré la moisson de blé « historiquement basse » de la dernière campagne, les phénomènes de sécheresse et de pluies, plus fréquents, et de plus en plus intenses mettent l'agriculture sous pression. « Nous avons désormais un vrai sujet sur la capacité à produire », reconnaît son président, Bernard Guillard.
Face à la menace, Agrial dont la branche lait a connu « une activité record des trois dernières années » promeut, plus que jamais, le modèle de polyculture élevage prépondérant dans le Grand Ouest : son principal bassin de collecte. Pas question de chasser veaux, vaches, cochons et couvées des exploitations, martèlent ses dirigeants sur tous les tons.
Dans leur feuille de route à dix ans, ils projettent au contraire de « dynamiser la production animale », quitte à s'inscrire à contre-courant de la tendance dominante. « C'est le modèle le plus résilient. Nous n'aurons des sols fertiles que s'il y a de l'élevage », défend Ludovic Spiers, son directeur général (appelé à passer la main à Julien Heillaut début juillet).
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Les tensions géopolitiques aux États-Unis et au Moyen-Orient constituent un autre sujet d'inquiétude pour le groupe qui dit compenser grâce aux exportations (25 % de sa production) la baisse tendancielle de la consommation alimentaire dans l'Hexagone. « Nous serions en difficulté si nous n'exportions pas », fait valoir son directeur général.