Faïencerie de Gien : une vieille dame qui se modernise

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Haut de gamme, la faïence de Gien est peinte à la main.
Haut de gamme, la faïence de Gien est peinte à la main. (Crédits : Reuters)
Bicentenaire cette année, la faïencerie giennoise sera subventionnée en 2021 à hauteur de 300 000 euros via France relance. Objectif pour la manufacture, symbole du luxe à la française, rénover son outil industriel vieillissant.

Entamée depuis décembre 2020, la modernisation des machines de l'entreprise loirétaine sera en principe achevée à l'été 2022. Le parc de la faïencerie date de plusieurs décennies et subit de nombreuses pannes qui pénalisent sa productivité. Outre la fiabilisation de l'outil industriel, cette rénovation permettra également de monter en gamme. La société prévoit également cette année de réaménager son magasin d'usine jouxtant le site de production, qui commercialise les objets déclassés. La faïencerie de Gien prévoit ainsi un investissement total de 600 000 euros, dont 50% seront abondés via le fonds d'accélération d'investissement industriel dans les territoires.

Fer de lance du dispositif Territoires d'industrie intégré au plan France relance, ce mécanisme prévoit d'injecter 400 millions d'euros dans les entreprises hexagonales. Son objectif est triple, la modernisation et le passage à l'usine 4.0, la préservation du savoir-faire et, enfin, la transition écologique. La dernière promotion de Territoires d'industrie en Centre Val de Loire a donné lieu à la sélection de 17 dossiers dont celui de la faïencerie. 18 millions d'euros ont déjà été répartis en neuf mois auprès de 44 sociétés, pris en charge par Bercy et le conseil régional.

Mutation des arts de la table vers la décoration

Avec 130 salariés, la manufacture giennoise, fondée en 1821, constitue la plus importante faïencerie française, loin devant celles de Niderviller et de Lunéville dans l'Est. A ce titre, elle représente un symbole du patrimoine historique industriel "made in France". Rachetée en 2014 (alors qu'ellel était en redressement judiciaire) par Yves de Talhouet et ses associés au sein de la Holding Pont au choux, elle a encore essuyé une perte de 883 000 euros pour environ neuf millions d'euros de recettes en 2019. En cause, le recul des arts de la table sur le marché français, notamment vis-à-vis des nouvelles générations.

L'entreprise tente de pallier cette décroissance régulière en misant sur les objets de décoration. Positionnée sur le créneau du luxe, la faïencerie développe ainsi une gamme de plus en plus variée pour l'habitat, de la salle de bain au bureau. Objectif, doubler d'ici à deux ans ce segment d'activité qui a représenté 15% du chiffre d'affaires en 2020. Le regain d'intérêt des Français et des Européens pour leur intérieur, boosté par le confinement et le télétravail, s'inscrit dans cette dynamique espérée.

L'export constitue l'autre levier de croissance pour la faïencerie de Gien qui réalise déjà 40% de ses recettes à l'international. Avec environ 300 revendeurs, les Etats-Unis sont ainsi le premier marché de l'entreprise loirétaine et ont connu une hausse d'environ 20% depuis le début de l'année. L'Asie est aussi en développement, notamment au Japon et au Vietnam, où la faïencerie de Gien recherche de nouveaux distributeurs. Combinés, ces nouveaux marchés intérieurs et extérieurs doivent permettre un retour à l'équilibre cette année, selon Yves de Talhouet.

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Commentaires
a écrit le 12/04/2021 à 18:33 :
La faïencerie de Gien. produits de luxe. Cureieux que ça n'ait pas intéresseé LVMH.
a écrit le 12/04/2021 à 10:33 :
C'est ce soutien à l'artisanat qui va relancer notre renouveau industriel?
a écrit le 12/04/2021 à 10:32 :
C'est ce soutien à l'artisanat qui va relancer notre renouveau industriel?
a écrit le 12/04/2021 à 9:38 :
Le problème du luxe au sein de notre système économique, surtout de celui qui n'est pas à la mode, est qu'il demande beaucoup de travail qualifié, or en néolibéralisme on ne veut pas de travail qualifié, on veut des ouvriers payés au rabais afin de mettre un maximum de marge bénéficaire sur des produits de mauvaise qualité qui ne dureront pas et "après moi le déluge".
Réponse de le 12/04/2021 à 18:45 :
C'est très exact et on ne peut que regretter que le savoir faire disparaisse et que le bas de gamme remplace la haute qualité. Mais si tu peux acheter une assiette en plastique, il y en a peu qui peuvent s'acheter une assiette en vermeil ou mieux en argent. Et il faut regrester le roi, je parles de Louis XV et surtout COLBERT, le fondateur des manufactures et aux standart de très haute qualité.
La bourgaoisie a détruit les manufactures, pour les remplacer par des usines.
Que pouvons-nous faire, contre ce phénomène de bas de gamme rien. Sauf être assez satisfaits d'avoir encore un groupe français du luxe (Pour combien de temps encore,) je dis LVMH. Et on tire à boulets rouges sur ce groupe...... Faudrait savoir. TU VEUX OU TU VEUX PAS ?

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