Faïencerie de Gien : une vieille dame qui se modernise
Guillaume Fischer
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Haut de gamme, la faïence de Gien est peinte à la main.
Reuters
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Haut de gamme, la faïence de Gien est peinte à la main.
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Entamée depuis décembre 2020, la modernisation des machines de l'entreprise loirétaine sera en principe achevée à l'été 2022. Le parc de la faïencerie date de plusieurs décennies et subit de nombreuses pannes qui pénalisent sa productivité. Outre la fiabilisation de l'outil industriel, cette rénovation permettra également de monter en gamme. La société prévoit également cette année de réaménager son magasin d'usine jouxtant le site de production, qui commercialise les objets déclassés. La faïencerie de Gien prévoit ainsi un investissement total de 600 000 euros, dont 50% seront abondés via le fonds d'accélération d'investissement industriel dans les territoires.
Fer de lance du dispositif Territoires d'industrie intégré au plan France relance, ce mécanisme prévoit d'injecter 400 millions d'euros dans les entreprises hexagonales. Son objectif est triple, la modernisation et le passage à l'usine 4.0, la préservation du savoir-faire et, enfin, la transition écologique. La dernière promotion de Territoires d'industrie en Centre Val de Loire a donné lieu à la sélection de 17 dossiers dont celui de la faïencerie. 18 millions d'euros ont déjà été répartis en neuf mois auprès de 44 sociétés, pris en charge par Bercy et le conseil régional.
Avec 130 salariés, la manufacture giennoise, fondée en 1821, constitue la plus importante faïencerie française, loin devant celles de Niderviller et de Lunéville dans l'Est. A ce titre, elle représente un symbole du patrimoine historique industriel "made in France". Rachetée en 2014 (alors qu'ellel était en redressement judiciaire) par Yves de Talhouet et ses associés au sein de la Holding Pont au choux, elle a encore essuyé une perte de 883 000 euros pour environ neuf millions d'euros de recettes en 2019. En cause, le recul des arts de la table sur le marché français, notamment vis-à-vis des nouvelles générations.
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L'entreprise tente de pallier cette décroissance régulière en misant sur les objets de décoration. Positionnée sur le créneau du luxe, la faïencerie développe ainsi une gamme de plus en plus variée pour l'habitat, de la salle de bain au bureau. Objectif, doubler d'ici à deux ans ce segment d'activité qui a représenté 15% du chiffre d'affaires en 2020. Le regain d'intérêt des Français et des Européens pour leur intérieur, boosté par le confinement et le télétravail, s'inscrit dans cette dynamique espérée.
Guillaume Fischer