Fièvre catarrhale ovine : Michel Barnier va donner 75 millions d'euros aux éleveurs
latribune.fr
L'Etat a commandé 11,7 millions de doses de vaccins contre la FCO 3, « soit la quantité suffisante pour permettre de vacciner 40% du cheptel bovin et 100% du cheptel ovin », selon le ministère.
Le Premier ministre a annoncé, ce vendredi, une enveloppe de 75 millions d'euros pour indemniser les éleveurs dont les troupeaux d'ovins ou de bovins sont touchés par la fièvre virale. Pour tenter d'enrayer l'épidémie, l'Etat a aussi commandé plus de 10 millions de doses de vaccins.
[Article publié le vendredi 4 octobre à 14h58, mis à jour à 16h38]Michel Barnier accourt au chevet des éleveurs. Face aux importantes pertes de certains éleveurs d'ovins et de bovins dues à la fièvre catarrhale ovine (FCO), le Premier ministre a annoncé ce vendredi « une enveloppe de 75 millions d'euros »pour les éleveurs victimes. De plus, « avec les banques disponibles, il y en a beaucoup qui sont partenaires du monde agricole, nous allons organiser ce dispositif de prêts à taux garantis par l'Etat pour les exploitations qui en ont besoin », a-t-il affirmé, depuis le Sommet de l'élevage à Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme).
Pendant ce temps, la FCO de sérotype 3, transmise par un moucheron, continue de se propager à grande vitesse dans les élevages français, où l'on dénombrait « 4.644 foyers » au 3 octobre, selon le bilan publié ce vendredi par le ministère de l'Agriculture. En une semaine, 900 foyers supplémentaires ont donc été enregistrés.
L'épizootie, qui n'est pas transmissible à l'homme, fait des ravages en Europe. Des milliers de foyers ont déjà été recensés dans les pays voisins, en Allemagne, Belgique et Pays-Bas. Elle est arrivée début août dans le nord de la France et s'est très vite propagée des départements des Ardennes, de la Meuse et du Bas-Rhin à toute la partie nord du pays, jusqu'au Cher et en Saône-et-Loire.
Plus de 10 millions de doses de vaccins commandés
Face à cette flambée, une campagne de vaccination volontaire a été lancée le 12 août, et ce, jusqu'au 31 décembre 2024.
Au total, l'Etat a commandé 11,7 millions de doses de vaccins contre la FCO 3, « soit la quantité suffisante pour permettre de vacciner 40% du cheptel bovin et 100% du cheptel ovin », selon le ministère. Dans le détail, les commandes de l'État correspondent à « 9,3 millions de doses du vaccin Bluevac 3 destinées à la vaccination des bovins » (avec deux doses par animal), et « 2,4 millions de doses du vaccin Bultavo 3 destinées à la vaccination des ovins » (schéma vaccinal à une dose par animal).
« Pour la FCO3, nous devons à tout prix stopper l'extension des foyers et de leur impact. C'est pourquoi j'ai décidé que la vaccination gratuite et prise en charge par l'Etat sera désormais ouverte à toute la France pour la filière ovine », a déclaré la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, jeudi.
« Nous avons le stock de vaccins nécessaire. La vaccination va permettre d'endiguer la propagation de l'épizootie mais là où le mal est déjà fait, il faut aider les éleveurs à se relever. Et vite », a-t-elle poursuivi.
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Et cette opération d'immunisation des troupeaux ferait bien d'aller vite selon les éleveurs qui alertent sur les conséquences économiques de cette épidémie.
« On a déjà perdu au moment où je vous parle 10% du troupeau ovin -c'est-à-dire des brebis- français, c'est énorme. Et quand vous n'avez pas les brebis, vous n'avez pas les agneaux », avait expliqué début septembre sur BFMTV Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA. « C'est une catastrophe et ce n'est pas maîtrisé », avait-il déploré. Selon lui, « ce qui bloque aujourd'hui, c'est l'anticipation, c'est la capacité à rapidement collecter les vaccins ». Il faudra également « indemniser rapidement » les éleveurs qui ont perdu leur troupeau, réclamait-il déjà le mois dernier.
En réponse, jeudi, avant l'annonce de l'enveloppe de Michel Barnier, la ministre de l'Agriculture avait déjà annoncé un « fonds d'urgence » pour indemniser les éleveurs touchés par la FCO3, sans préciser le montant financier.
Deux autres épidémies dans les troupeaux français
A noter que deux autres épidémies frappent les éleveurs français. La FCO 8 qui fait des ravages dans les troupeaux de brebis du sud du pays et la maladie hémorragique épizootique (MHE), qui touche essentiellement les bovins, progresse également mais moins vite: 1.778 foyers ont été recensés au 3 octobre selon le ministère - contre 1.484 foyers au 26 septembre.
La vaccination contre cette dernière maladie infectieuse également transmise par un moucheron a débuté le 20 septembre. Deux millions de doses ont été commandées fin août, permettant au total de vacciner un million de bêtes. La stratégie arrêtée vise à limiter la propagation de l'épidémie par la mise en place d'une zone vaccinale tampon de 50 kilomètres de large, s'étirant en diagonale de la baie du Mont-Saint-Michel au delta du Rhône.
Assurant n'avoir « pas oublié » la colère des agriculteurs l'hiver dernier, le Premier ministre a réaffirmé, ce vendredi, que la loi d'orientation agricole, votée en mai à l'Assemblée nationale, poursuivrait son chemin au Sénat, où elle sera « inscrite à l'ordre du jour du mois de janvier, le plus tôt possible après le budget ».
En attendant, alerté sur « les contradictions » de « réglementations qui tombent d'en haut, parfois de Bruxelles, parfois de Paris, et qui ne sont pas adaptées au terrain », l'ancien ministre de l'Agriculture a annoncé une première mesure, avec le report du 1er octobre au 15 novembre du délai fixé « pour l'ensemble des travaux d'épandage dans les exploitations agricoles ». Une mesure présentée comme de bon sens alors que les champs sont actuellement « gorgés d'eau », empêchant les travaux dans de nombreux départements.