C'est une nomination au goût aigre-doux pour les agriculteurs. Figure de proue de LR (Les Républicains), la nouvelle ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de la Forêt, Annie Genevard, ne devrait pas décevoir leurs demandes de voir enfin mises en œuvre les promesses formulées, au début de 2024, par le gouvernement de Gabriel Attal face à l'explosion de la colère agricole, voire d'obtenir encore plus. Mais, alors que les syndicats agricoles majoritaires (la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs) réclamaient « un ministre de l'Agriculture et de la souveraineté alimentaire de plein exercice », capable « d'un accompagnement sérieux » d'un secteur en grande crise, le choix d'une non experte à la tête d'un ministère si technique surprend, voire inquiète quant à sa capacité à adresser sérieusement l'un des sujets les plus brûlants du prochain gouvernement.
Députée du Doubs depuis 2012, et actuellement vice-présidente de l'Assemblée nationale, Annie Genevard, ancienne enseignante, est surtout une spécialiste de l'éducation - elle avait d'ailleurs initialement été pressentie pour le ministère de l'Education nationale. En mai 2024, elle a toutefois participé activement aux débats sur le « projet de loi d'orientation agricole » à l'Assemblée nationale, en montrant sa pleine adhésion à la vision de son parti, Les Républicains, sur l'avenir de l'agriculture française.
Si, en tant que membre de la Commission des affaires culturelles, elle s'est intéressée surtout aux dispositions relatives à l'enseignement agricole, elle a ainsi affiché son soutien pour une approche mettant l' « écologie au service d'une filière économique », et non l'inverse. « Les considérations environnementales s'imposent aujourd'hui aux agriculteurs comme à l'ensemble de la société, mais dans une proportion raisonnablement calibrée pour que cela n'entrave pas l'équilibre économique des exploitations », déclarait-elle notamment devant l'Hémicycle le 18 mai.