Japon : Seven & i rejette une offre du Canadien Couche-Tard
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Un rachat donnerait naissance à un mastodonte de la distribution, avec les 85.000 magasins que possède Seven & i et les 16.700 magasins de Couche-Tard.
CHRISTINNE MUSCHI
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Un rachat donnerait naissance à un mastodonte de la distribution, avec les 85.000 magasins que possède Seven & i et les 16.700 magasins de Couche-Tard.
CHRISTINNE MUSCHI
S'il veut mettre la main sur les supérettes Seven Eleven, Alimentation Couche-Tard (ACT) va devoir revoir sa copie. Seven & i Holdings, le groupe japonais aux 85.000 magasins dans le monde, « a conclu à l'unanimité (...) que la proposition des Canadiens n'est pas dans le meilleur intérêt des actionnaires de 7&i ».
Il n'a toutefois pas fermé la porte. « Nous sommes ouverts à des discussions sincères si vous présentez une proposition qui reconnaît pleinement notre valeur autonome intrinsèque (...), a-t-il écrit dans une lettre adressée au groupe canadien. Toutefois, nous ne pensons pas, et ce pour plusieurs raisons essentielles, que la proposition que vous avez présentée constitue une base nous permettant d'engager des discussions de fond concernant une transaction potentielle ».
Dans son courrier, le conseil d'administration de Seven & i Holdings indique aussi que l'offre d'ACT était de 14,86 dollars par action (13,37 euros), ce qui correspond à peu près à la valeur marchande de Seven & i d'environ 39 milliards de dollars (35,1 milliards d'euros). Le groupe japonais pointe également des préoccupations réglementaires dans cette proposition de rachat.
Au moment du projet d'acquisition, Seven & i Holdings avait expliqué avoir mis en place un groupe composé d'administrateurs indépendants au sein de son comité de direction pour l'étudier. Mais le géant japonais aurait parallèlement, selon des informations de presse, sollicité le gouvernement japonais pour s'en prémunir.
D'après l'agence Bloomberg, Seven & i cherche en effet à obtenir auprès du ministère japonais des Finances un statut protégé accordé notamment aux entreprises présentes dans des secteurs sensibles comme le nucléaire ou les semi-conducteurs. Quiconque souhaite acquérir plus de 10% des parts d'une entreprise japonaise sous ce statut doit obtenir l'accord préalable du gouvernement nippon.
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« Seven & i semblait faire tout ce qu'il fallait, en s'en remettant à un comité spécial » conformément à de récentes directives de Tokyo demandant d'étudier sérieusement ces offres au nom d'une meilleure gouvernance des entreprises, a déclaré un actionnaire cité anonymement par le Financial Times. « Mais si, en coulisses, ils parlent déjà de tactiques de défense, cela suggère que, quelle que soit la décision du comité spécial, (ils) n'abordent pas la question avec le meilleur intérêt des actionnaires en vue », a ajouté cette source. Néanmoins, jeudi lors d'une conférence de presse à New York, le PDG d'ACT, Brian Hannasch, a fait part de sa confiance en déclarant que Couche-Tard pourrait « même envisager un endettement plus élevé si nécessaire, nous avons un bilan solide et robuste ».
Ce projet d'acquisition annoncé le 19 août, pourrait être, s'il aboutit, le plus important rachat d'une entreprise japonaise par un groupe étranger depuis plusieurs années. Il donnerait naissance à un mastodonte de la distribution, avec les 85.000 magasins que possède dans 19 pays Seven & i et les 16.700 magasins dans 31 pays de Couche-Tard, incluant la marque Circle K. Début 2024, le groupe canadien avait aussi mis la main sur les stations-services de TotalEnergies en Europe pour un montant total de 3,4 milliards d'euros, une transaction qui doit permettre au groupe français d'anticiper la fin des ventes de véhicules thermiques neufs sur le continent en 2035.
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A la bourse de Tokyo, l'action de Seven & i n'a que très peu réagi au rejet de l'offre, restant très proche de la stabilité (-0,3 % à 01H40 GMT). La perspective de ce potentiel rachat avait fait bondir le titre de 22,71% à 2.161 yens lundi 19 août à Tokyo, atteignant la limite d'échanges autorisés en nombre de points sur une séance.
(Avec AFP)
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