Seven & i appelle à l'aide après la proposition de rachat de Couche-Tard
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Cette acquisition donnerait naissance à un mastodonte de la distribution.
CHRISTINNE MUSCHI
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Cette acquisition donnerait naissance à un mastodonte de la distribution.
CHRISTINNE MUSCHI
Seven & i Holdings ne semble finalement pas si ravi de voir sur sa table une proposition de rachat. Voire pas ravi du tout. Pour rappel, le géant japonais de la distribution avait vu son action bondir de 22,7% à la Bourse de Tokyo, le 19 août après l'offre pour un montant non-précisé de rachat, émise par le canadien Alimentation Couche-Tard. Juste après l'annonce, le groupe avait expliqué avoir mis en place un groupe composé d'administrateurs indépendants au sein de son comité de direction pour l'étudier.
Le conseil d'administration « n'a pas pris la décision, à ce stade, d'accepter ou de rejeter la proposition, d'entamer des discussions ou de poursuivre une autre transaction », avait indiqué le distributeur le jour de l'annonce.
Selon des informations de Bloomberg, Seven & i cherche à obtenir auprès du ministère japonais des Finances un statut protégé. Ce dernier est accordé notamment aux entreprises présentes dans des secteurs sensibles, comme le nucléaire ou les semi-conducteurs. Et pour cause, quiconque souhaite acquérir plus de 10% des parts d'une entreprise sous ce statut doit obtenir l'accord préalable du gouvernement nippon.
Seven & i a lâché 1,03% mercredi à la Bourse de Tokyo dans la foulée de ces informations. A la clôture, sa capitalisation boursière était d'environ 5.470 milliards de yens (34 milliards d'euros).
Cette acquisition, si elle aboutit, serait potentiellement la plus importante d'une entreprise japonaise par un groupe étranger depuis plusieurs années. Elle donnerait naissance à un mastodonte de la distribution, avec les 85.000 magasins que possède dans 19 pays Seven & i, opérateur des supérettes 7-Eleven, et les 16.700 magasins dans 31 pays de Couche-Tard, incluant la marque Circle K.
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« Seven & i semblait faire tout ce qu'il fallait, en s'en remettant à un comité spécial » conformément à de récentes directives de Tokyo demandant d'étudier sérieusement ces offres au nom d'une meilleure gouvernance des entreprises, a déclaré un actionnaire cité anonymement par le Financial Times.
« Il est évident que Seven & i veut mettre en place un obstacle » à ce rachat, mais même si le statut protégé lui était accordé, « ce ne serait pas une assurance que la transaction serait bloquée. De nombreux accords ont été conclus » dans ce cadre, rappelle à l'AFP Travis Lundy, de Quiddity Advisors, qui publie sur la plate-forme Smartkarma. Selon lui, cette apparente réticence du géant japonais des supérettes ne signifie pas non plus l'échec de l'offre de rachat de Couche-Tard.
Reste que, le groupe canadien « peut déposer une demande et dépenser des tonnes d'argent en frais d'avocats pour plaider sa cause. En fin de compte, c'est le gouvernement (japonais) qui décidera », souligne Travis Lundy. D'autant qu'un rachat forcé est peu probable, selon lui, car « les rachats hostiles de grandes entreprises en contact avec la clientèle sont très, très rares au niveau mondial. Il est préférable pour Couche-Tard d'utiliser l'intérêt des actionnaires comme outil de persuasion ».
Ces discussions rappellent la tentative avortée de rachat de Carrefour par Couche-Tard en 2021. A l'époque, le gouvernement français s'était fermement opposé à une éventuelle prise de contrôle de Carrefour, premier employeur du secteur privé en France (150.000 salariés), par le groupe canadien au nom d'une sécurité alimentaire nationale élevée au rang de priorité absolue. Cette fermeté a conduit Couche-Tard à renoncer à son projet d'acquisition.
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Couche-Tard a en revanche connu un succès avec un autre groupe français. TotalEnergies a cédé plusieurs stations-services en Europe au groupe canadien en janvier dernier. En échange, le groupe pétro-gazier indiquait dans un communiqué avoir reçu « un montant cash global après ajustements et avant impôts de 3,4 milliards d'euros ». Annoncée en mars dernier, « la transaction, sur la base d'une valeur d'entreprise de 3,1 milliards d'euros (...), a été finalisée en deux étapes, le 28 décembre 2023 avec la transaction relative au réseau en Allemagne et le 3 janvier 2024, avec les transactions relatives aux réseaux aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Belgique », avait expliqué le groupe.
Dans le détail, cette acquisition « comprend 100% des actifs en lien avec le commerce de détail de TotalEnergies en Allemagne et aux Pays-Bas », soit 1.191 stations-services situées en Allemagne et 378 aux Pays-Bas, avait détaillé de son côté le groupe Alimentation Couche-Tard dans un communiqué. En Belgique et au Luxembourg, en revanche, cet accord prend la forme d'une coentreprise entre TotalEnergies (40%) et Couche-Tard (60%) pour exploiter 606 stations-services, avait-il ajouté.
(Avec AFP)
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