Entrant en vigueur le 1er janvier prochain, la réforme de l'assurance récolte a pour objectif d'inciter les agriculteurs à s'assurer face aux aléas liés au changement climatique. Un soulagement pour les assureurs après plusieurs années de déficit assurantiel. Si s'assurer ne sera pas une obligation pour les agriculteurs, ils devront impérativement choisir un interlocuteur avant mars 2023 pour espérer toucher des indemnités de l'Etat en cas de pertes agricoles très conséquentes.
C'est une petite révolution qui s'opère dans le monde agricole, à l'heure où les sinistres dus au réchauffement climatique sont de plus en plus fréquents. Après le gel de 2021 et la sécheresse de 2022, les assurances qui couvraient les risques climatiques des agriculteurs devenaient déficitaires.
« La situation était très difficile. Depuis 2016, on observait un déséquilibre entre les primes perçues et les sinistres observés », souligne Pascal Viné, directeur des relations institutionnelles de Groupama.
Aujourd'hui, seulement 17% des surfaces agricoles, toutes catégories confondues, sont assurées. « Pour les prairies, on descend même à 1% des surfaces », déplore Joël Limouzin, responsable de la gestion des risques climatiques et sanitaires à la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA).
Dès le 1er janvier 2023 et jusqu'à la fin du mois de mars, les agriculteurs devront choisir un interlocuteur agréé - généralement les assurances - afin d'espérer bénéficier des aides à l'assurance récolte.
L'objectif de la réforme : doubler les surfaces assurées à l'horizon 2030 et faire de la gestion des risques une dimension importante de la politique agricole en France. L'État a même doublé son budget prévisionnel pour cette réforme pour un montant allant jusqu'à 680 millions d'euros.
Des trous dans la raquette assurantielle
Cette réforme de l'assurance récolte est en réalité une superposition des deux systèmes assurantiels existant actuellement : le fond de calamités et l'assurance récolte. Les grandes cultures et la viticulture étaient plutôt assurées par l'assurance récolte quand les autres secteurs agricoles touchaient le fond de calamités.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
En 2021, le gel a frappé fortement les viticulteurs où près de 50 % d'entre eux n'étaient pas assurés. Un constat qui a mis à jour des trous dans la raquette assurantielle et qui a incité le gouvernement à revoir les dédommagements des agriculteurs, dans un contexte de réchauffement climatique qui voit les événements météorologiques extrêmes gagner en nombre et en intensité.