Malgré quelques pluies en juin, la sécheresse qui sévit depuis avril pourrait causer des baisses des rendements agricoles de plus de 20%, selon les Chambres d'Agriculture de France. La grêle, elle, a déjà causé des dommages chiffrés à plus de 150 millions d'euros.
La vague de chaleur particulièrement précoce qui, selon les prévisions, s'abattra cette semaine sur la France n'est que l'énième défi météorologique auquel l'agriculture française doit faire face cette année. Elle risque ainsi de davantage "éroder des rendements déjà dégradés"à cause de la sécheresse qui sévit depuis la mi-avril, puis de la grêle qui début juin a endommagé une partie des cultures, déplore Sébastien Windsor, président des Chambres d'agriculture.
Les orages, qui, pendant la première semaine de juin ont restitué un peu d'eau aux sols, sont en effet intervenus trop tardivement pour contrer les effets de la sécheresse dans les nombreuses régions où le déficit hydrique a été très important, note le président.
Rendements réduits de plus de 20%, cycle des récoltes perturbé
Pour les céréales, ce manque d'eau pourrait ainsi impliquer, dans la majorité de la France, des baisses des rendements de certaines exploitations de 20%, voire de 30%, craint-il. Et dans les cultures non irriguées de certaines régions particulièrement affectées, comme le Centre-Val de Loire, les pertes pourraient même d'atteindre 50%, met-il en garde.
« Dans des zones comme la Drôme, où le stress hydrique a été très élevé, l'arboriculture a aussi été très touchée », souligne encore Sébastien Windsor, en rappelant que la chaleur a aussi accéléré la maturation de certains fruits en bouleversant le rythme des récoltes.
« Dans certaines exploitations, l'effet sur les rendements est estimé à -30%, voire -40%. »
Dans le Gard, le Lot, ou en Lozère, les prairies sont aussi affectées, avec des pertes dépassant 50% sur la première coupe, voir plus sur les suivantes, ajoute-t-il.
Plus de 150 millions d'euros de dégâts dus à la grêle
Quant à la grêle, qui d'une manière inédite cette année a frappé des zones disséminées sur toute la France ainsi que sur l'ensemble des productions, mais particulièrement la viticulture et les grandes cultures, elle aurait causé des dégâts s'élevant à 150-200 millions d'euros, relèvent les Chambres d'agriculture, tout en soulignant qu'« on n'est encore qu'au début du chiffrage ». Un montant astronomique dont, en raison d'un taux d'assurance de 30%-40%, seulement 75 millions d'euros seraient indemnisés par les assurances.
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