Le groupe Printemps va fermer sept magasins en France

 |  | 465 mots
Lecture 2 min.
(Crédits : Philippe Wojazer)
Véritable morceau de l'histoire de la vente au détail à la française, le groupe printemps fondé il y a plus de 150 ans, traverse une profonde remise en question de son modèle. La crise du coronavirus vient-elle sonner le glas du grand magasin physique diversifié ?

>> VOIR notre dossier spécial - « Digitalisation : la riposte du petit commerce »

C'est une institution du commerce qui est contrainte de muter sous la pression de la crise. Le groupe de grands magasins Printemps "prévoit la fermeture" de quatre magasins Printemps situés à Paris, Le Havre, Strasbourg et Metz, et de trois magasins de sa marque de sportswear et urbain Citadium (Paris, Toulon), dans le cadre d'un "plan de relance" visant à "assurer la pérennité de ses activités", a-t-il annoncé mardi.

L'inventeur du concept des soldes en 1866, fondé un an plus tôt, et qui détient 19 grands magasins en France à son nom, ainsi que huit magasins Citadium, emploie quelque 3.000 personnes. "Depuis plusieurs années", explique-t-il, il "évolue sur un marché structurellement difficile et détérioré par la succession de crises conjoncturelles (attentats, manifestations des gilets jaunes, grèves)", sans même parler de l'épidémie de Covid-19 qui a réduit drastiquement les flux touristiques. Depuis mars, son vaisseau amiral du boulevard Haussmann à Paris a du poursuivre ses activités sans la clientèle étrangère.

"On a eu un CSE ce matin, 450 emplois sont concernés par un Plan de sauvetage de l'emploi, dont 330 dans les magasins Printemps et 120 chez Citadium", a indiqué à l'AFP Jean-Jacques Liebert, délégué syndical central CGT. Ce chiffre a été confirmé par la CFDT.

A peine la pandémie avait-elle éclaté que le groupe annonçait d'ailleurs fin février se séparer de son PDG Paolo Cesare, en poste depuis sept ans.

Depuis 2013 et son rachat par le fonds Disa, le conseil de supervision du Printemps, est piloté par des actionnaires qataris. Pour rappel, en 2006, le groupe PPR (Pinault-Printemps Redoute) avait cédé ses parts à la Deutsche Bank et à l'homme d'affaires italien Maurizio Borletti, devenant eux-mêmes vendeurs au fonds qatari sept ans plus tard.

Vers le tout digital ?

Le groupe, qui prévoit aussi "l'adaptation et la mutualisation de certaines fonctions support", n'a pas précisé le nombre de postes menacés mais indiqué que sa priorité était "d'accompagner les salariés concernés par ce projet avec des mesures appropriées et personnalisées". "Il fera également appel à un partenaire pour la recherche de repreneurs" des magasins.

Il se dit "dans l'obligation de transformer son modèle pour arrêter les pertes, s'adapter aux exigences de marché et assurer sa pérennité sur le long terme". Il entend notamment "renforcer la différenciation de son offre, "redévelopper son socle de clientèle". Et prévoit 40 millions d'euros investis chaque année sur "les deux à trois prochaines années".

En 2018, le groupe, qui possède également les marques Place des Tendances depuis 2013 et Made In Design depuis 2019, a réalisé un chiffre d'affaires de 1,7 milliard d'euros.

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/11/2020 à 8:22 :
Ils ont trop parié sur le luxe. Des chemises à 115 € pièce, qui peut s'acheter ça ? A un moment, il faut redescendre sur terre. Ils auraient simplement vendu des articles de qualité au juste prix, ça aurait mieux marché.
a écrit le 10/11/2020 à 21:50 :
Le ciblage prioritaire de la clientèle étrangère des grands magasins parisiens a été une faute majeure. Brummel avait déjà été supprimé en tant que tel. Et aujourd'hui des magasins Printemps ferment, dont Paris...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :