À l'instar des principales enseignes de fast-food, Burger King s'est engagé à ne plus utiliser de poulet traité avec des antibiotiques utilisés pour soigner des infections graves chez l'homme, dès 2017 aux États-Unis, une des causes de la résistance microbienne. Mais peu de fast-food s'engagent à moins recourir à ces produits thérapeutiques pour les autres viandes.
Il faisait partie des rares géants de la restauration rapide à ne pas s'être engagé concrètement dans la lutte contre la résistance microbienne. Burger King a annoncé mercredi 28 décembre, en compagnie de Tim Hortons (les deux enseignes sont rattachées à la société Restaurant brands international), qu'il se fournira exclusivement en poulets n'ayant pas été traités avec des familles d'antibiotiques utilisés pour soigner des infections graves chez l'homme. La mesure entrera en vigueur aux États-Unis en 2017, puis au Canada en 2018, annonce-t-il.
Désormais, les cinq fast-foods les plus puissants au monde en nombre de restaurants (si l'on ne prend pas en compte Starbucks, plutôt spécialisé dans les boissons) ont pris des engagements pour réduire le recours à ces produits accusé de favoriser la résistance microbienne. Celle-ci pourrait être responsable de plusieurs millions de morts par an d'ici à 2050.
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KFC, qui appartient au groupe Yum! comme Pizza Hut, a assuré simplement qu'il limitera en 2017 l'utilisation de familles d'antibiotiques importants pour les infections touchant l'homme, les réservant au maintien en bonne santé des volailles.
Pression des actionnaires, des gouvernements, et de la société civile
Les fast-foods s'orientent vers la conception de sandwichs et pizzas faits avec des aliments plus "naturels", sous la pression des actionnaires. Ces derniers anticipent d'éventuelles nouvelles politiques de régulations. Le problème de la résistance microbienne est de plus en plus pris à cœur par les gouvernements. Au G7, en février, David Cameron, alors Premier ministre du Royaume-Uni, avait plaidé pour lutter une lutte active contre la résistance microbienne. En septembre, l'Assemblée générale des Nations unies s'était réunie pour discuter des mesures à prendre.
Un changement de pratique forcé qui devient un argument de vente
En parallèle, bien que forcées de changer leurs pratiques, les enseignes en font un nouvel argument de vente. À l'image de Pizza Hut qui a profité de l'annonce de ses nouvelles pratiques il y a quelques mois pour lancer un site (https://restaurantquality.pizzahut.com). Ce dernier vante la qualité des ingrédients utilisés et leur traçabilité.
Par ailleurs, si les fast-foods s'engagent pleinement pour une viande de volaille moins chargée en antibiotiques, ce n'est pas le cas pour les porcs et les bœufs, comme le souligne un rapport de plusieurs ONG diffusé en septembre. Ainsi, le 4e éleveur américain, Perdue Farms, annonçait dès 2014 que 95% de poulets élevés sans antibiotiques importants pour soigner des infections humaines. En 2015, le plus grand acteur du secteur, Tyson Foods, promettait 100% de poulet sans ce type de produits d'ici à septembre 2017.
Pour les autres types de viandes, les annonces sont plus modestes et arrivent sur le tard. Cargill s'est engagé en mars à réduire l'utilisation d'antibiotiques de ce type de 20% pour ses boeufs et Tyson a lancé un élevage de porcs naturels.
Comme l'explique le magazine spécialisé Foodsaefety, la problématique est à la fois financière et pratique. Il est plus facile pour les éleveurs de poulets de réduire leur recours aux antibiotiques, car ils contrôlent tout le processus de la chaîne de production, ce qui n'est pas forcément le cas des bœufs et des porcs. Et le cycle de vie des volailles est plus court (environ une quarantaine de jours contre deux ans pour les bovins) facilite également cette tâche.