Mercosur : sans surprise, les députés s'opposent à l'accord
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Les députés ont approuvé la position du gouvernement par 484 voix contre 70. (photo d'illustration)
Reuters
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Les députés ont approuvé la position du gouvernement par 484 voix contre 70. (photo d'illustration)
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Par 484 voix contre 70, les députés ont approuvé, à travers un vote non-contraignant, la position du gouvernement dans les négociations sur le Mercosur ce mardi soir. Ce résultat est « un mandat démocratique renforçant notre légitimité pour défendre la voix du "non" auprès de la Commission et du Conseil européen », avait souligné par avance la ministre déléguée chargée du Commerce extérieur, Sophie Primas.
Ce mardi, le gouvernement a réitéré à l'Assemblée sa ferme opposition à ce traité « tel que la Commission (européenne) l'envisageait ». « Dans les conditions actuelles », ce projet d'accord entre l'UE et des pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) ne garantit pas des « conditions de concurrence loyales pour nos agriculteurs », a déclaré la ministre de l'Agriculture Annie Genevard depuis le Palais Bourbon.
Cependant, il serait « irresponsable pour la France de s'opposer par anticipation et par principe à tout accord de libre-échange », a-t-elle ajouté en ouverture des débats. La France n'est plus seule dans son refus : « le Conseil des ministres polonais a décidé de voter contre », s'est félicitée Annie Genevard, une annonce confirmée par Varsovie.
Une bonne partie de la gauche et le RN craignent toutefois que cette opposition de l'exécutif au traité, seulement en l'état et pas de manière définitive, ne soit pas suffisante. Ursula Von Der Leyen, « pourra s'engouffrer dedans et à la fin il y aura le Mercosur », a prévenu Marc Fesneau, chef du groupe MoDem et ancien ministre de l'Agriculture, lors de la conférence des présidents de l'Assemblée.
De son côté, l'alliance majoritaire FNSEA-Jeunes agriculteurs a lancé partout en France de nouvelles actions jusqu'à jeudi, visant « tout ce qui entrave la vie des agriculteurs », notamment les administrations (préfectures, agences de l'eau, etc.), a précisé sur France 2 le président de la FNSEA Arnaud Rousseau.
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A la mi-journée ce mercredi, quelque 660 agriculteurs menaient une vingtaine d'actions dans 15 départements, selon le dernier bilan des autorités, qui évoque notamment des rassemblements à Rouen (Seine-Maritime) ou Laon (Aisne), un barrage filtrant à Poitiers et des opérations sur des plateformes logistiques de supermarchés comme à Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Moins d'un an après une mobilisation historique, les agriculteurs estiment n'avoir pas obtenu suffisamment d'avancées concrètes.
Si les deux premiers syndicats partagent des revendications - comme de pouvoir utiliser des pesticides aujourd'hui autorisés en Europe et interdits en France du fait de leur toxicité -, ils occupent le terrain en ordre dispersé, dans un climat tendu à quelques semaines de leurs élections professionnelles.
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La Coordination rurale, qui espère briser l'hégémonie de la FNSEA dans les chambres d'agriculture lors des élections de janvier, a multiplié les coups d'éclat, comme le blocage du port de Bordeaux, le saccage d'un bureau de l'Office français de la biodiversité dans la Creuse ou en perturbant un déplacement d'Arnaud Rousseau à Agen. Loin du duel entre les deux premiers syndicats, la Confédération paysanne, troisième syndicat représentatif, continue aussi ses mobilisations contre le Mercosur, avec une action en Dordogne.
(Avec AFP)
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