Derrière l'opposition unanime contre le projet de traité de libre-échange, les filières agricoles régionales ne seront pas toutes perdantes. Les gagnants potentiels restent plutôt discrets, par solidarité ou parce que les gains attendus ne semblent pas mirobolants. Tour d'horizon.Le débat sur le Mercosur, prévu à l'Assemblée nationale le 26 novembre, devrait être l'occasion d'exprimer l'unanimité de la classe politique contre ce projet de traité de libre-échange. Sur le terrain, c'est aussi une forme d'unanimité qui prévaut, même si toutes les filières agricoles ne sont pas logées à la même enseigne.
Quand certaines filières craignent ouvertement d'être pénalisées, comme les éleveurs, les sucriers et les céréaliers, d'autres espèrent en tirer des bénéfices, du côté des producteurs laitiers et des viticulteurs notamment. Mais ces dernières se gardent de le crier haut et fort, par solidarité, par pudeur... ou parce qu'ils estiment de toute façon que l'accord sera finalement signé.
Le rosé piscine se réjouit
Vinovalie fait figure d'exception. Le groupe viticole coopératif du Tarn est le premier exportateur de vins français au Brésil et affiche un grand sourire. Son rosé piscine y connaît un succès fulgurant depuis son lancement en 2015. « C'est la marque de vins français la plus vendue au Brésil. En 2024, nous allons atteindre les 450.000 cols expédiés. Pour 2025, les perspectives sont encore meilleures. Nous pourrions atteindre entre 550.000 et 750.000 cols », se réjouit Jacques Tranier, le directeur. La suppression potentielle des droits de douane, qui s'élèvent à 27%, serait un atout de plus pour dynamiser les ventes sur ce marché en croissance.
«Leur suppression nous permettrait d'être plus compétitifs par rapport aux vins brésiliens et surtout argentins qui sont très présents dans ce pays voisin. On a bien vu l'effet immédiat de la baisse des taxes sur nos ventes en Chine. Les vins français ont tout à gagner de cet accord! », soutient-il.
Michèle Trévoux (Occitanie), Anne Taffin (Auvergne-Rhône-Alpes), Maxime Giraudeau (Nouvelle-Aquitaine), Pascale Paoli-Lebailly (Bretagne), Guillaume Fischer (Centre-Val-de-Loire), Olivier Mirguet (Grand Est)