Les apiculteurs s'attendent cette année à des récoltes atteignant moins d'un tiers d'une année habituelle. La faute à un printemps très pluvieux. Une météo qui a dégradé les fleurs, empêché la sortie des abeilles et n'a pas permis aux plantes de secréter du nectar.Les récoltes de miel s'annoncent en berne pour 2024. La saison apicole, même si elle n'est pas totalement terminée, a fait les frais d'un temps particulièrement pluvieux au printemps. « Après un hiver clément mais anormalement très pluvieux, le printemps qui a suivi s'est déroulé dans les mêmes conditions climatiques pluvieuses, très défavorables pour la sécrétion de nectar par les fleurs », explique auprès de La Tribune Frank Alétru, président du Syndicat National d'Apiculture (SNA). Selon Météo-France, le printemps 2024 est le quatrième printemps le plus pluvieux depuis le début des mesures en 1959.
Résultat, il y a eu au printemps « peu de butinage et peu de miel dans la ruche sur la quasi-totalité du territoire français », affirme-t-il. « Toutes les floraisons ont été décevantes. Les miellées traditionnelles, normalement constatées sur les floraisons de printemps, ont été quasiment inexistantes à de rares exceptions près », déplore-t-il. L'apiculteur vendéen estime à ce jour que « la récolte nationale totale de miel ne dépassera pas les 30% d'une année normale », et redoute « une situation économiquement catastrophique pour les apiculteurs ».
Des mauvaises récoltes partout en France
Dans le détail, aucune région n'est épargnée. Dans le Lauragais et le Gers, « certaines parcelles de tournesol ne sont toujours pas en fleur, contrairement à d'autres années, où les récoltes se faisaient fin juillet ou début août », rapporte Olivier Fernandez, président du Syndicat des Apiculteurs d'Occitanie.
«Les récoltes d'acacia étaient une catastrophe cette année. Le colza, ça n'a pas été faramineux, et le tilleul, ça dépend des endroits ».