Surtaxes sur le cognac : la France toujours ouverte à des négociations avec la Chine
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La Chine menace de surtaxer les brandys (les eaux-de-vie à base de vin) européens, dont le cognac représente 95% du total.
Lucien Libert
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La Chine menace de surtaxer les brandys (les eaux-de-vie à base de vin) européens, dont le cognac représente 95% du total.
Lucien Libert
[Article publié le lundi 04 novembre 2024 à 10h25 et mis à jour à 10h41] « Nous ne sommes pas dans une escalade de guerre commerciale et donc il faut rentrer en négociation ». Sophie Primas s'est exprimée depuis Shanghai, après une rencontre dimanche soir avec le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao. Ce déplacement intervient dans un contexte d'escalade des tensions commerciales entre la Chine et l'Union européenne (UE), alors que Pékin envisage de surtaxer le cognac. Si elle a assuré lundi avoir eu avec son homologue chinois un discours « extrêmement ferme », elle a souligné que « la France est pour des négociations, évidemment ».
Venue à Shanghai pour la Foire internationale des importations de Chine (CIIE), événement commercial majeur dans le pays, la ministre a dit porter un message d'ouverture. « Nos industriels, nos agriculteurs travaillent avec la Chine depuis très longtemps (...). Nous souhaitons que ces relations bilatérales continuent à exister et continuent à s'amplifier », a-t-elle relevé. La France est invitée d'honneur de la CIIE et compte environ 130 entreprises présentes.
Pour rappel, l'UE a imposé des droits de douane supplémentaires sur les voitures électriques importées de Chine, définitivement confirmés la semaine dernière par Bruxelles. Cette dernière a ainsi décidé d'ajouter aux 10% de taxe déjà en place une surtaxe allant jusqu'à 35% sur les véhicules à batterie de fabrication chinoise, selon le texte du règlement mis en ligne par la Commission. L'objectif : rétablir des conditions de concurrence équitables avec des constructeurs accusés de profiter de subventions publiques massives.
En réponse à cette mesure, la Chine menace de surtaxer les brandys (les eaux-de-vie à base de vin) européens, dont le cognac représente 95% du total. Pékin impose déjà depuis mi-octobre aux importateurs le dépôt d'une caution auprès des douanes chinoises.
« Et ça sera fait d'ailleurs probablement entre nos deux présidents lors du sommet du G20 » au Brésil, à la mi-novembre. Et « également au niveau des Premiers ministres, puisque Michel Barnier a souhaité indiquer qu'il organisera ici des discussions entre Premiers ministres », a-t-elle ajouté.
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L'imposition de surtaxes sur le cognac pourrait bloquer à ce produit l'accès au marché chinois. D'autant que la Chine représente à elle seule 25% des exportations. « Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures techniques, juridiques possibles » le cas échéant, a-t-elle signalé.
Lors de sa rencontre avec Sophie Primas, le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, a également plaidé pour la recherche d'un consensus entre Pékin et Bruxelles sur les véhicules électriques, selon un communiqué du ministère chinois du Commerce. « La France, en tant qu'Etat membre important de l'UE, devrait jouer un rôle actif pour inciter la Commission européenne à faire preuve de sincérité » et à « parvenir à une solution acceptable » par tous, a-t-il toutefois souligné, d'après son ministère.
En France, l'interprofession du cognac s'estime « sacrifiée » par le gouvernement, qui a fermement soutenu l'UE. « Nous en appelons à notre gouvernement afin que les démarches nécessaires soient enfin entamées pour mettre fin à cette escalade dont nous sommes les otages et dont l'issue est aujourd'hui plus menaçante que jamais. Ces taxes doivent être suspendues avant qu'il ne soit trop tard », a réclamé début octobre le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) dans un communiqué.
De son côté, la Commission européenne a annoncé début octobre qu'elle envisageait de soutenir les producteurs européens de brandys. Elle compte ainsi « identifier et évaluer avec soin toutes les possibilités d'offrir un soutien approprié aux producteurs de l'UE confrontés aux effets négatifs de cette décision injustifiée du gouvernement chinois ».
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Pékin a également lancé des enquêtes antidumping visant le porc et les produits laitiers importés de l'UE, faisant planer une menace sur ces secteurs. Toutes ces procédures se déroulent « dans le total respect des règles de l'OMC et des lois et réglementations chinoises », a assuré Wang Wentao, sous-entendant qu'elles resteraient pour l'heure en place. Troisième producteur de porcs de l'UE, la France compte sur la Chine, son premier marché à l'export, pour valoriser des morceaux peu consommés sur son sol (oreilles, pieds...). Les professionnels français du porc craignent ainsi d'être « les prochains sur la liste ».
(Avec AFP)
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