C'est ce qui s'appelle être une victime collatérale. Alors que les pays membres de l'Union européenne viennent de donner leur feu vert à l'imposition de droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques « made in China », ce patriotisme économique n'est pas du goût de tous. Dans le Sud-Ouest, les filières de l'armagnac et du cognac s'attendent à une réplique politique et commerciale de la Chine, marché très important pour les deux filières.
Colère et agacement sont les deux mots qui résument parfaitement l'état d'esprit de ces professionnels qui œuvrent au rayonnement de la France à l'export. À Cognac, la position de la France est même vécue comme une rupture. « Les autorités françaises nous ont abandonnés. Nous ne comprenons pas pourquoi notre filière est ainsi sacrifiée », répète le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), d'ordinaire peu habitué aux remontrances vis-à-vis de l'État et nouvelle preuve qu'il fait front commun avec son homologue de l'armagnac. Après une réunion avec Michel Barnier, la filière espérait en effet un coup politique qui puisse retarder le vote sur les véhicules électriques.