Vrais ou faux 4×4, véhicules utilitaires : les voitures qui se vendent bien en France

 |   |  692  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Les immatriculations de 4×4 ont crû de 42 % en 2010 dans l'Hexagone. Il s'agit pour l'essentiel de petits véhicules aux prestations de berlines. Les utilitaires rencontrent aussi un vif succès.

Caricaturés, vilipendés, les 4×4... sont de retour. Même si d'aucuns veulent les chasser des villes, leurs ventes ont crû de 42 % l'an dernier en France, à 155.000 unités. Soit 7 % du marché total. C'est même le segment qui a le plus progressé au sein des voitures particulières. Le Duster de Dacia (filiale de Renault) a ainsi connu un réel succès. Mais que les détracteurs se rassurent, 85 % des volumes sont générés par des modèles petits ou compacts. D'ailleurs, il ne s'agit même plus pour l'essentiel de vrais 4×4, mais de... « faux » à seulement deux roues motrices (au lieu de quatre). La meilleure illustration de cette nouvelle génération de véhicules est le Nissan Qashqai, en tête des ventes l'an dernier avec 25.458 immatriculations (+ 21,9 %), qui a ouvert la voie en 2007. Recette gagnante : un style baroudeur, mais une plate-forme identique à celle d'une brave berline et donc des prestations identiques. Du reste, la version avec le petit diesel de la Renault Clio, sans transmission aux quatre roues, représente 90 % des ventes de Qashqai. Pas agressive pour deux sous, celle-ci ne subit évidemment aucun malus. Tout dans les apparences !

Côté positif de cet engouement pour les « faux » 4×4, « le prix baisse de 1.600 euros, le poids de 80 kg, la consommation de 0,1 litre aux cent kilomètres en cycle normalisé... Mais le client perd tous les avantages du vrai 4×4 en sécurité, polyvalence, conduite sur neige et aptitudes hors bitume », explique-t-on chez Toyota, qui s'est tout de même décidé à commercialiser une version à deux roues motrices de son célèbre Rav4.

« Esthétique et confort »

« On achète un 4×4 compact pour son allure. C'est un achat alternatif à la berline ou au monospace compact », précise Ford qui rencontre le succès avec son Kuga. « Les motivations sont notamment l'esthétique et le confort », renchérit Volkswagen. « Notre tout nouveau Mini Countryman mesure 4,10 mètres de long et une version émet 115 grammes de CO2 à peine », indique BMW. Comme une Peugeot 207 diesel ! On est loin de l'énorme et épiphénoménal Hummer américain, qui symbolise le 4×4 auprès de ses adversaires. « Le Countryman comme le BMW X1 de 4,45 mètres attirent les femmes, qui apprécient la position de conduite haute en ville et veulent des prestations familiales. » L'engouement pour ces 4×4 très édulcorés va-t-il se poursuivre ? « Oui, la tendance est à des véhicules de loisirs à la position surélevée. Ces modèles gagnent du terrain sur les berlines, alors que les monospaces stagnent », assure-t-on chez Volkswagen.

Immatriculations de véhicules utilitaires en plein boom

Austères, fonctionnels, ils ne s'achètent pas sur un coup de coeur. Et nul ne se retourne sur leur passage. Pourtant, contrairement aux voitures particulières en berne, les immatriculations de véhicules utilitaires dans l'Hexagone sont en plein boom. Longtemps sinistrées, elles ont bondi de 11,7 % l'an dernier, à 416.676 unités. Et ce marché clé « devrait croître encore de 5 % en 2011 », affirme Olivier Veyrier, directeur commercial France de Peugeot. « Il montera à 440.000 unités », renchérit Bernard Cambier, son homologue de Renault. Une sacrée bouffée d'oxygène pour les constructeurs tricolores, qui règnent en maîtres sur ce segment à fortes marges. Renault s'en octroie un tiers, Peugeot 17,3 % et Citroën 17 %. À eux trois, ils s'arrogent les deux tiers du gâteau français des utilitaires, contre 54,5 % seulement de celui des voitures particulières. Modèle le plus vendu : le Renault Kangoo, qui prend à lui seul 8,8 % du marché.

Renault le moins délocalisé

Les fourgons, fourgonnettes ou autres dérivés utilitaires de petites berlines sont d'autant plus importants pour l'industrie automobile française que 34 % de la production de Renault et PSA est réalisée dans l'Hexagone, contre 30 % pour les voitures particulières. Et là, paradoxalement, c'est Renault le moins délocalisé ! L'ex-Régie réalise ainsi plus de la moitié de sa production mondiale en France, contre 21 % à peine pour PSA. En effet, Renault fabrique ses célèbres Kangoo et Master en France. Alors que PSA assemble ses Bipper et Nemo en Turquie avec Fiat, ses Partner et Berlingo en Espagne, ses fourgons Jumper et Boxer en Italie.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :