PSA taille dans les effectifs, ses concurrents embauchent

Le programme de réduction de 6.000 postes doit être précisé ce mardi à l'occasion d'un comité central d'entreprise. De leur côté, Volkswagen et Jaguar vont embaucher.

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Copyright Reuters (Crédits : PSA PEUGEOT CITROËN)

"Cela va faire du bruit. Il y aura des annonces dures", affirme Jean-Pierre Mercier, délégué central CGT de PSA. Ce mardi, se tient en effet un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire du groupe automobile. Au cours de cette réunion, sera en principé détaillé plus avant le programme de suppression de postes annoncé le mercredi 26 octobre dernier, selon les syndicats. Même si des détails complémentaires seront donnés lors d'un prochain CCE en décembre. Pas moins de 6.000 emplois seront touchés en Europe l'an prochain. Et ce, alors même que le président de Volkswagen, Martin Winterkorn, annonce dans un entretien au Bild am Sonntag une hausse de ses effectifs mondiaux de plus de 10% en 2012 ! Dans le même temps, le spécialiste britannique du haut de gamme, Jaguar Land Rover, crée... 1.000 emplois outre-Manche.

Chez PSA, la saignée concerne 5.000 postes - pour une moitié en interne et pour l'autre chez des prestataires extérieurs - dans le commerce et le marketing, l'informatique, la recherche et développement. Les coupes dans les études ne manquent d'ailleurs pas d'inquiéter en interne. Paradoxalement, la production ne sera amputée "que" de 1.000 postes. Le constructeur a aussi annoncé la fin de contrat pour 800 intérimaires dans l'Hexagone d'ici à la fin de l'année. Au total, c'est donc 6.800 postes qui seront supprimés. Et ce n'est pas fini. Selon la CGT, une équipe sur deux à Mulhouse sur la ligne 308-206+ sera supprimée en 2012, touchant 700 intérimaires supplémentaires. PSA réfléchit aussi à une restructuration de l'activité scooters, qui dispose de deux usines en France.

A plus long terme, et même si PSA ne compte pas a priori aborder le sujet ce mardi, de fortes incertitudes pèsent sur le site d'Aulnay (3.600 salariés), en région parisienne. La direction ne s'est pas engagée en effet sur un nouveau modèle après 2014, pour prendre la suite de l'actuelle Citroën C3. D'ailleurs, un rassemblement intersyndical des salariés du site se tiendra ce matin devant le siège parisien du constructeur. Les syndicats espèrent 500 personnes. L'usine Sevelnord (2.800 personnes) dans le Nord, qui produit utilitaires et monospaces avec Fiat, est aussi menacée. Le site de Madrid, également sur la sellette, devrait en revanche fabriquer une nouvelle Citroën après 2014.

Course avortée

PSA est confronté à des coûts trop élevés, résultat en partie de la course avortée aux 4 millions de véhicules voulue par l'ancien président, Jean-Martin Folz. Mais la firme souffre aussi d'un handicap traditionnel de compétitivité en conception et industrialisation des véhicules, selon des sources internes. La rentabilité de ses petits modèles trahit notamment sa grande dépendance vis-à-vis de l'outil industriel... en France ! PSA subit une sérieuse érosion de ses immatriculations de voitures en Europe (-7,6% sur neuf mois), qui s'explique en partie par les incidences du séisme japonais et les défauts de livraison du fabricant de fixations Agrati. La pénétration (12,6%) est toutefois un peu inférieure à celle de 2008 et bien plus basse qu'en 2005. Les ventes mondiales de véhicules montés ont fléchi de 4,5% au troisième trimestre. Le groupe prévoit une perte opérationnelle pour la division automobile sur l'année en cours, ainsi qu'un flux net de trésorerie dégagé par les activités industrielles et commerciales négatif.

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