Renault espère redémarrer en 2013, après une sacrée panne en Europe l'an dernier

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Grâce à ses modèles à bas coûts de la gamme « Entry » (Logan, Sandero, Duster...) qui représentent 37% de ses ventes mondiales, Renault a progressé hors d'Europe en 2012 (+9,1%). Mais il n'a pu compenser sa chute sur le Vieux continent (-18%). En 2013, le groupe prévoit une hausse des ventes partout, y compris en Europe.

Fer de lance de la stratégie de Renault : la fameuse gamme «Entry», celle des Logan, Sandero, Duster... Ces modèles à bas coûts ont «généré 950.000 ventes l'an dernier, dont près de 300.000 Duster (ndlr: 4x4), soit 37% de nos volumes mondiaux», affirme ce vendredi Jérôme Stoll, directeur commercial du groupe Renault, lors du bilan des ventes 2012. Ces voitures, écoulées pour un tiers sous la marque roumaine Dacia et pour les deux-tiers sous le label Renault lui-même, expliquent la croissance des volumes du constructeur tricolore hors d'Europe l'an passé. Ceux-ci se sont accrus de 9,1% à 1.279.598 véhicules. Un record. «Pour la première fois, le groupe a réalisé plus de la moitié de ses ventes hors d'Europe», souligne fièrement Jérôme Stoll. Il y a dix ans, cette part n'était que de 18%. Il est vrai néanmoins que la forte chute des ventes en Europe fait forcément progresser -artificiellement- le pourcentage réalisé en-dehors! Cela n'empêche pas de constater le réel succès de Renault dans les pays émergents, qui, toutefois, «ne permet pas de compenser la baisse de 18% en Europe» à 1.270.688 unités. Résultat, le constructeur au losange a affiché une baisse des ventes totales l'an dernier de 6,3% à 2,55 millions.

Records au Brésil, en Russie

Hors du Vieux continent, «nous avons connu une croissance dans toutes les régions». Les ventes ont ainsi crû de 13,6% à 451.000 dans la zone Amériques, grâce à la progression d'un quart au Brésil (241.600 exemplaires), où la Sandero fait un carton, mais aussi le 4x4 Duster, deux véhicules phare produits à Curitiba (Etat du Parana). Le Brésil est désormais le deuxième débouché du groupe derrière la France. Comme au Brésil, Renault établit un nouveau record aussi en Russie (+22,7% à 189.850), grâce également, en particulier, au déjà célèbre Duster, industrialisé à Moscou. Renault y est la troisième marque localement, derrière le leader incontesté Lada (Avtovaz), constructeur qu'il contrôle d'ailleurs (à hauteur de 25% à ce jour)... La Russie devient le troisième marché de la firme de Boulogne-Billancourt.

Belles performances en Algérie ou en Inde

Renault a aussi réalisé de belles performances l'an dernier en Algérie (+51% à 113.660 unités) ou en Inde, qui demeure toutefois encore un petit débouché pour Renault (35.000 ventes, contre... 1.400 en 2011). En Inde, la firme produit des dérivés de modèles Nissan à Chennai, mais aussi le... Duster. Grosse exception à ce palmarès flatteur hors d'Europe: la Corée, où la firme fabrique sous le nom de Renault Samsung Motors. Avec une gamme trop étroite et une forte dépendance vis-à-vis de fournisseurs japonais trop chers (à cause du cours du yen), ses ventes y ont plongé de 45%!

Bérézina en Europe

Face à cela, l'Europe fait figure de mouton noir. Le plongeon de Renault y est en effet deux fois plus grave que celui du marché lui-même. Jérôme Stoll reconnaît le «vieillissement de la gamme avec un âge moyen de 5 ans», qui devrait cependant «gagner un an en 2013 grâce aux nouveaux modèles». Des véhicules anciens au design banal, peu attractifs malgré une fiabilité aujourd'hui devenue très correcte, les Renault ont effectivement du mal à séduire. En France, la chute atteint même les 20% (utilitaires compris). Il est vrai cependant que la firme n'est pas tombée dans le piège des ventes à tout prix (cessions aux loueurs, faux véhicules d'occasion zéro kilomètre) pour préserver ses marges. Renault assure même avoir réduit ses rabais de 0,5 point l'an dernier en Europe, alors que le marché les aurait accrus en moyenne de 1 à 2 points. Il n'empêche. Renault est le constructeur à avoir affiché la plus grave dégringolade des grands constructeurs sur le Vieux continent et sa part de marché y est extrêmement basse. Vraiment inquiétant.

Optimisme modéré pour 2013

Pour 2013, Jérôme Stoll se montre modérément optimiste. Il s'attend certes à un ralentissement de la croissance des marchés hors d'Europe, qui se situerait entre 3 et 4% cette année (après une hausse de 8% l'an passé) et une baisse de 3% en Europe (au mieux). Dans ce contexte, il pronostique pour Renault «une progression des volumes dans toutes les régions du monde, y compris en Europe si le marché ne baisse pas plus qu'escompté». Et ce, grâce notamment à la... gamme «Entry», qui bénéficiera des nouvelles Sandero II et Logan II ainsi que de la montée en puissance du 4x4 Duster dans le monde. Mais Renault compte aussi en Europe sur sa gamme «traditionnelle», telle la Clio IV lancée en octobre 2012 et déjà «commandée à 75.000 unités à ce jour». En mars, arrivera une version break. Puis le constructeur commercialisera son petit (faux) 4x4 Captur, issu de la Clio et produit en Espagne. La gamme Mégane-Scénic sera aussi restylée. En mars, la marque livrera également ses premières Zoé électriques «de série», fabriquées à Flins en région parisienne. Cette année, «nous aurons un événement tous les dix jours, si l'on compte les nouveaux produits, les restylages et les industrialisations nouvelles quelque part dans le monde», conclut Jérôme Stoll.

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Commentaires
a écrit le 07/02/2013 à 12:43 :
Aussi longtemps que vous comparerez l'année 2011 (année ayant eu la prime à la casse au cours de laquelle Renault a parfois réalisé des +30%) avec 2012 , année sans prime à la casse , vous nous direz que Renault est en dégringolade. On s'étonne que ce détail vous ait échappé, et que vous puissiez continuer à élucubrer sue de telles bases .
a écrit le 20/01/2013 à 15:28 :
Renault va elargir sa gamme avec de premium low cost.
a écrit le 18/01/2013 à 17:30 :
Tant que Renault n'aura pas grand chose d'autre à proposer que la gamme Entry, c'est-à-dire des voitures aptes à concurrencer à tous points de vue (look, qualité, coût) les marques étrangères, la reconquête du marché européen va être plus que difficile. Ce ne sont pas Laguna, Fluence ( c'est quoi ?), Latitude (c'est encore quoi ?) qui sont attractives.

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