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Le spécialiste de la navigation autonome Navya en faillite

latribune.fr

Publié le 02 février 2023 à 14:20 - Mis à jour le 02 février 2023 à 14:28

Voiture autonome: le coreen esmo deviendra 2e actionnaire de navya

Créée en 2014, Navya est spécialisée dans la navigation autonome.

Issei Kato

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Reconnaissant ne pas disposer « de ressources disponibles suffisantes pour (...) faire face » à son passif, la société Navya, qui rêvait de concurrencer Google, Amazon et autres sur le marché de la navigation autonome, a été placée, ce jeudi, en redressement judiciaire, demande qu'elle avait formulée auprès du Tribunal de commerce de Lyon quelques jours plus tôt. Créée en 2014 avec de solides ambitions, la startup lyonnaise n'est jamais parvenue à transformer l'essai.

Celle qu'on décrivait souvent comme une « pépite » de la technologie française est décidément au plus mal. Le 30 janvier dernier, la startup Navya, spécialisée dans la navigation autonome, avait demandé son placement en redressement judiciaire. Cinq jours plus tôt, elle avait ainsi annoncé « avoir procédé ce jour à une déclaration de cessation des paiements auprès du Tribunal de commerce de Lyon », expliquant que « compte tenu de l'évolution de son cours de Bourse et de la liquidité des actions sur le marché, Navya n'était plus en mesure d'émettre de nouvelles tranches d'obligations convertibles en actions avec bons de souscription d'actions lui permettant de couvrir l'ensemble de ses besoins de trésorerie ».

Le cours de l'action Navya à la Bourse de Paris s'est, en effet, effondré, passant en deux ans de près de 4 euros à 3 centimes d'euro le 25 janvier, quand la société a demandé la suspension de sa cotation. « Par ailleurs, toutes les tentatives d'adossements auprès d'investisseurs ont échoué », avait ajouté l'entreprise, en reconnaissant ne pas disposer « de ressources disponibles suffisantes pour (...) faire face » à son passif. « L'objectif de cette procédure de redressement judiciaire est d'évaluer toutes les solutions permettant de pérenniser l'activité, maintenir les emplois ainsi que rechercher des investisseurs dans le cadre d'un plan de redressement, par voie de continuation ou d'un plan de cession », a détaillé Navya.

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De grandes ambitions...

Des objectifs désormais bien loin de ses ambitions initiales. Créée en 2014, la startup lyonnaise rêvait de se hisser parmi les leaders du marché de la navigation autonome avec ses 280 collaborateurs en France à Paris et à Lyon, mais aussi aux Etats-Unis et à Singapour. Et même de concurrencer les Google, Amazon et consorts, grâce à une technologie de navigation autonome - capable de faire circuler des véhicules sans conducteur. Si elle était, à l'origine, un constructeur de navettes et tracteurs autonomes de marchandises, elle avait réorienté sa stratégie pour privilégier la fourniture de systèmes de conduite autonome à divers constructeurs. Elle a ainsi collaboré avec Bluebus, filiale du groupe Bolloré qui fabrique des bus électriques et revendique la mise en circulation dans 25 pays de plus de 200 exemplaires de sa navette autonome qui peut transporter jusqu'à 15 passagers sans chauffeur.

... mais des difficultés à transformer l'essai

Sa requête a été entendue par le tribunal de commerce de Lyon qui a validé, ce jeudi, son placement en redressement judiciaire, donnant jusqu'au 21 février aux repreneurs potentiels pour se déclarer. Une nouvelle audience a été fixée au 7 mars et Navya, qui compte les groupes Valeo et Keolis parmi ses actionnaires historiques, restera en période d'observation jusqu'au 31 juillet prochain, selon la décision du tribunal obtenue jeudi par l'AFP.

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Malgré presque dix ans d'existence, Navya a peiné à transformer l'essai. L'entreprise s'est, en effet, heurtée depuis toujours aux défis du passage à l'échelle du marché de la mobilité autonome et de sa réglementation.

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« Le marché émerge plus vite en dehors de nos frontières, tout d'abord parce que, sur le sujet des villes du futur, les infrastructures se construisent directement autour de la mobilité autonome. (...) Mais il s'agit aussi d'une question de culture. »

(Avec AFP)

latribune.fr

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