« En 2030, les transports devraient représenter à eux seuls près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre de l'Europe, les voitures fonctionnant à l'essence et au diesel étant responsables de plus de 40% de ces émissions », rappellent les...
Alors que des grands constructeurs européens militent pour revoir les objectifs européens de baisse des émissions de CO2 des voitures neuves vendues, d'autres entreprises du secteur, dont Uber, Ayvens, ou encore Volvo, appellent Bruxelles à rester droit dans ses bottes.
Le cap a été fixé. Hors de question d'en changer. Voilà, en clair, le message envoyé à Bruxelles ce lundi par près de cinquante dirigeants d'entreprises, petites et grandes, de l'écosystème de l'automobile, des transports et de l'énergie. Dans une lettre commune, ils martèlent leur profonde opposition à toute révision des objectifs de réduction de CO2 des voitures neuves vendues sur le Vieux Continent.
« Nous sommes fermement attachés à l'objectif de 'neutralité climatique' de l'Union européenne pour 2050 », écrivent-ils. Tous saluent, en particulier,« la décision de l'UE d'opter pour des voitures neuves 100% sans émissions à partir de 2035 ».
Parmi les signataires de cette missive, on retrouve Thibaud Simphal, responsable du développement durable d'Uber, Tim Albertsen, le PDG d'Ayvens, le champion européen du leasing, ou encore Jim Rowan, le PDG du constructeur suédois Volvo. Cette initiative, baptisée « Industry for 2035 », a été coordonnée par l'ONG Transport & Environnement et l'initiative EV 100 du Climate Group, qui fédère les entreprises engagées dans la mobilité électrique. Son ambition est claire : allumer un contrefeu, à Bruxelles, face à la dernière sortie de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA). Le 19 septembre dernier, ce lobby, qui rassemble des poids lourds tels que Renault, Volkswagen, BMW Toyota ou Ford, a demandé « instamment » à l'Europe de réviser les normes CO2.
Ces constructeurs souhaitent, concrètement, que l'Europe « avance en 2025 les révisions des réglementations sur les émissions de CO2 pour les véhicules légers et lourds, respectivement prévues en 2026 et 2027 ». À leurs yeux, une modification s'impose au regard du fort ralentissement des ventes de voitures électriques. Cette tendance, si elle se poursuivait, pourrait leur valoir de fortes amendes l'an prochain.
Luca de Meo, le patron de Renault et actuel président de l'ACEA, multiplie depuis plusieurs semaines les sorties pour accroître la pression sur Bruxelles. Dans un entretien au quotidien italien Il Sole 24 Ore, la semaine dernière, il a tiré à boulets rouges contre « la prolifération excessive et le caractère parfois punitif des réglementations ». Avant de dérouler son argumentaire, désormais bien rôdé, pour convaincre l'Europe de changer son fusil d'épaule :
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« Nous abordons 2025 avec un marché de la voiture électrique qui est à la moitié de ce qu'il devrait être, et ce sans visibilité sur les mesures de stimulation de la demande, et surtout avec l'épée de Damoclès des amendes de plusieurs milliards d'euros », en cas de non respects des normes CO2, a-t-il expliqué.
Soutenir la transition vers l'électrique
De quoi susciter l'ire des entreprises réunies sous la bannière d'« Industry for 2035 ». D'après elles, une révision de la réglementation n'est pas une option :
« Les efforts devraient plutôt se concentrer sur la mise en œuvre de ce qui a déjà été convenu : une politique industrielle ciblée et un soutien à l'investissement pour une chaîne de valeur locale durable des batteries, le déploiement des bornes de recharge et l'approvisionnement en électricité propre, l'écologisation des flottes d'entreprises et la requalification des travailleurs pour la transition vers l'électrique », insistent-elles.
Ces entreprises rappellent le poids de la voiture dans les émissions de CO2. « En 2030, les transports devraient représenter à eux seuls près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre de l'Europe, les voitures fonctionnant à l'essence et au diesel étant responsables de plus de 40% de ces émissions », achèvent-elles.